Déclaration de la mission du FMI au Bénin

Communiqué de presse n° 08/61
le 25 mars 2008

«Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Mbuyamu Matungulu, a séjourné à Cotonou du 3 au 17 mars 2008 pour procéder aux consultations de 2008 au titre de l'article IV et à la quatrième revue du programme appuyé par le FMI dans le cadre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC)1. La mission a rencontré le Président de la République, Son Excellence Boni Yayi, le Ministre d'État chargé du développement et de l'évaluation de l'action publique, M. Pascal Koupaki, le Ministre de l'économie et des finances, M. Soulé Mana Lawani, le Directeur national de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), M. Marcel de Souza, ainsi que d'autres hauts responsables du gouvernement et de la BCEAO. La mission a aussi eu des entretiens fructueux avec de représentants de bailleurs de fonds, du secteur privé et de la société civile.

La mission a publié la déclaration ci-après à Cotonou :

«En 2007, la croissance économique a légèrement augmenté pour atteindre 4,6 % grâce au dynamisme du secteur des services - lié à l'amélioration de la compétitivité du port de Cotonou - et aux bons résultats du secteur agricole. La production cotonnière, toutefois, a été inférieure aux objectifs du programme. Le taux d'inflation moyen a baissé à 1,3 % en dépit de la hausse des prix des importations de denrées alimentaires essentielles, telles que le riz, le sucre et la farine de blé, survenue vers la fin de l'année. Les résultats budgétaires ont été meilleurs que prévu du fait du niveau élevé du recouvrement des recettes fiscales, mais les dépenses d'investissement ont été inférieures aux objectifs en raison de sérieuses contraintes de capacité.

«Les résultats obtenus par le Bénin dans le cadre du programme appuyé par la FRPC sont globalement satisfaisants. Tous les repères quantitatifs et tous les critères de réalisation ont été largement respectés et deux des quatre repères structurels du programme ont été observés. Les repères non respectés concernent, d'une part, l'audit des systèmes d'information relatifs à la gestion des finances publiques, d'autre part l'élaboration d'une stratégie pour la réforme de la caisse de retraite de la fonction publique. Les autorités prennent des dispositions pour mettre ces mesures en œuvre.

«Selon les prévisions, la croissance du PIB réel devrait atteindre 5,3 % en 2008, à nouveau sous l'impulsion des services tandis que l'activité portuaire se développera sous l'effet des réformes institutionnelles et de l'expansion des capacités. Le redressement de la production de coton devrait contribuer aussi à soutenir la croissance économique. L'inflation avoisinera probablement l'objectif de 3 % fixé au plan régional, l'incidence de bonnes récoltes sur les prix devant compenser la hausse prévue des prix des principales importations. La mission a convenu avec les autorités de plans d'action visant à utiliser efficacement, à moyen terme, l'espace budgétaire créé par l'amélioration du recouvrement des recettes et l'allégement de la dette au titre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés et de l'initiative d'allégement de la dette multilatérale. Les entretiens ont porté principalement sur les mesures destinées à accroître l'efficacité des administrations douanière et fiscale, à élargir l'assiette de l'impôt et à remédier à l'insuffisance des capacités d'absorption tout en préservant la qualité des dépenses.

«Les risques qui pèsent sur les perspectives économiques sont, d'une part, une intensification des pressions sur les prix des principaux biens importés, d'autre part d'éventuels retards dans la mise en œuvre du programme de réformes structurelles. De même, les perspectives pourraient s'assombrir si le Bénin ne remédie pas à sa difficile situation énergétique. La mission a vivement engagé les autorités à faire en sorte que la restructuration des entreprises de services publics, en cours de réalisation, soit rapidement suivie d'un apport de compétences techniques, dont le pays a tant besoin et auquel participeraient des partenaires stratégiques de renom. La mission a souligné qu'il est crucial de progresser dans ces domaines, ainsi que dans celui de la réforme de la filière cotonnière, pour promouvoir une croissance forte et soutenue et accélérer la réduction de la pauvreté.

«Les membres de la mission sont reconnaissants de l'occasion qui leur a été donnée de dialoguer de façon ouverte et franche avec les autorités du Bénin».


1 La FRPC est le guichet concessionnel du FMI pour les pays à faible revenu. Les programmes soutenus par cette facilité s'appuient sur une stratégie de réduction de la pauvreté formulée par le pays bénéficiaire. Cette stratégie, qui est adoptée au terme d'un processus de consultation auquel participent la société civile et les partenaires au développement, est énoncée dans le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté établi par le pays. Le but est de faire en sorte que les programmes appuyés par la FRPC soient conformes à un cadre global de politiques macroéconomiques, structurelles et sociales visant à stimuler la croissance et à réduire la pauvreté. Les prêts accordés au titre de la FRPC sont assortis d'un taux d'intérêt annuel de 0,5 % et sont remboursables sur dix ans, avec un différé d'amortissement de cinq ans et demi pour le principal.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

Relations publiques    Relations avec les médias
Courriel : publicaffairs@imf.org Courriel : media@imf.org
Télécopie : 202-623-6220 Télécopie : 202-623-7100