Déclaration à l’issue de la mission des services du FMI aux Comores

Communiqué de presse 10/162
Le 20 avril 2010

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Mbuyamu Matungulu a séjourné dans l’Union des Comores du 6 au 20 avril 2010, pour mener les entretiens prévus dans le cadre de la première revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC)1 et achever les préparatifs en vue du point de décision de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). La mission a été reçue en audience par M. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, Président de l’Union et M. Bourhane Hamidou, Président de l’Assemblée. Elle s’est entretenue avec le Vice-président et ministre des finances, d’autres membres du gouvernement de l’Union, les Gouverneurs des trois îles, le vice-gouverneur de la Banque centrale des Comores, ainsi que des représentants de la société civile et des partenaires techniques et financiers.

A l’issue de la mission, M. Matungulu, Chef de mission du FMI pour les Comores, a fait la déclaration suivante aujourd’hui à Moroni :

«L’évolution macroéconomique observée en 2009 a été encourageante. La croissance économique a légèrement augmenté selon les estimations, atteignant 1,8 % contre 1 % en 2008, sous l’effet du redressement de l’appui des bailleurs de fonds, de l’investissement direct étranger dans le secteur bancaire, et de la bonne tenue des envois de fonds de la Diaspora. L’inflation a été, de manière générale, modérée en raison de la chute des prix mondiaux de l’énergie et des produits alimentaires. L’affermissement des termes de l’échange et l’importance des concours budgétaires extérieurs ont permis de réduire le déficit extérieur courant qui a été ramené de 11,3 % du PIB en 2008, à 7,9 % du PIB en 2009. Les réserves internationales brutes ont été portées à l’équivalent de 7,1 mois d’importations, tirées par l’aide provenant des partenaires techniques et financiers, ainsi que par les allocations générale et spéciale de droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI aux États membres.

Les autorités ont légèrement dépassé leur objectif de recettes pour 2009. Toutefois, les progrès dans l’assainissement budgétaire ont été freinés par les dépassements de crédits de fonctionnement, notamment les dépenses de personnel, les autorités comoriennes restant confrontées à des difficultés de gestion de la masse salariale. Le déficit du solde budgétaire primaire intérieur a stagné à 2,6 % du PIB, soit un niveau proche de celui de 2008, comparé à l’objectif programmé de 1,6 % du PIB.

Plusieurs mesures prévues dans le calendrier de réformes structurelles ont été appliquées, quoiqu’avec beaucoup de retards pour certaines. Tous les indicateurs structurels, sauf un, ont été respectés. Plus précisément, le gouvernement ne s’est pas encore accordé avec la Société financière internationale sur les options de réformes à envisager pour les sociétés de télécommunications et des hydrocarbures, ce qui constituait un repère structurel pour la fin septembre 2009.

Les perspectives à court terme indiquent une poursuite du renforcement de l’activité économique en 2010, la croissance du PIB réel atteignant probablement près de 2 %. La mission a examiné les perspectives budgétaires et encouragé les autorités à veiller à respecter scrupuleusement leur cadrage budgétaire pour 2010, conformément aux objectifs macroéconomiques à moyen terme fixés par le gouvernement au titre de l’accord FEC, ce qui permettrait par ailleurs de continuer à accroître les dépenses de lutte contre la pauvreté.

Les perspectives macroéconomiques à moyen terme sont favorables, pour autant que les autorités renouent avec les efforts d’assainissement budgétaire et accélèrent la mise en œuvre du calendrier de réformes structurelles, en privilégiant la restructuration des services d’utilité publique et les mesures destinées à maîtriser la gestion de la masse salariale. Les améliorations apportées à l’efficience des services d’utilité publique aideront à renforcer le climat des affaires et de l’investissement tandis que l’amélioration de la gestion de la masse salariale permettra de créer un espace budgétaire pour d’autres dépenses, notamment celles liées aux infrastructures et à la lutte contre la pauvreté. La mission s’est félicitée des récents projets de texte soumis à l’Assemblée sur les nouveaux cadres organiques des agents de l’État qui sont compatibles avec la viabilité budgétaire à moyen terme. Elle note l’intention affirmée du gouvernement d’accélérer la mise œuvre de ces cadres organiques, et de mettre en application le nouveau logiciel de gestion de la solde au plus tôt. La mission engage les autorités à accélérer la réforme prévue des entreprises publiques de télécommunications et d’importation des hydrocarbures.

En collaboration avec les services de la Banque mondiale, la mission s’est entendue avec les autorités sur les déclencheurs du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Il s’agit notamment de mesures visant à consolider la stabilité macroéconomique, à améliorer la gestion des finances publiques et la gouvernance, à renforcer la santé et l’éducation, à soutenir la croissance et à améliorer la gestion de la dette. La prompte mise en œuvre de ces mesures contribuerait à faire bénéficier rapidement les Comores d’un allègement de dette substantiel au titre de l’initiative PPTE.

La mission s’est entendue avec les autorités comoriennes sur les grandes lignes du programme économique pour 2010 qui pourrait servir de base à la conclusion de la première revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). La mission attend avec intérêt l’adoption formelle de ces réformes décisives par le Conseil des Ministres, ce qui ouvrirait la voie à un prompt examen de la revue par le Conseil d’administration du FMI.

La mission tient à remercier les autorités comoriennes pour l’esprit d’ouverture et de franchise qui a marqué les entretiens, et pour leur chaleureuse hospitalité.»


1 La Facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de tous ses guichets de financement concessionnel.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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