Les services du FMI s’entendent avec le gouvernement grec en vue d’un accord de confirmation d’un montant de 30 milliards d’euros en faveur de la Grèce

Communiqué de presse n° 10/176
Le 2 mai 2010

Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international, a fait aujourd’hui la déclaration suivante sur la Grèce :

« Le gouvernement grec a élaboré un train de mesures ambitieux pour surmonter la crise économique à laquelle le pays est confronté. Il s’agit d’un programme pluriannuel qui commence d’emblée par une série d’efforts visant à corriger les profonds déséquilibres budgétaires, à rendre l’économie plus compétitive et — avec le temps — à renouer avec la croissance et la création d’emplois. Nous pensons que, conjugués à la ferme détermination du gouvernement à appliquer ce programme, ces efforts permettront de remettre l’économie grecque sur les rails et de rétablir la confiance du marché.

La politique de rigueur budgétaire et les mesures de stimulation de la croissance sont les deux principaux piliers du programme gouvernemental. La combinaison de mesures de réduction des dépenses et d’augmentation des recettes représentant quelque 11 % du PIB — s’ajoutant à celles qui ont été prises plus tôt cette année — visent à inverser le ratio de la dette publique au PIB à partir de 2013 et à ramener le déficit des comptes publics à moins de 3 % du PIB d’ici 2014. Les mesures prévues en 2010 portent sur la réduction des dépenses salariales et de retraites qui sont inévitables étant donné que ces deux postes représentent près de 75 % du total des dépenses publiques (hors paiements au titre d’intérêts) de la Grèce.

Les mesures de stimulation de la croissance viseront à moderniser l’économie et à en accroître la compétitivité afin de mener à une sortie de crise aussi tôt que possible. Elles comprennent des dispositions qui visent à augmenter les revenus et à promouvoir le marché de l’emploi, à mieux gérer et à investir dans les entreprises publiques, ainsi qu’à améliorer le climat des affaires. Des réformes destinées à combattre le gaspillage et la corruption — par l’élimination des procédures opaques de passation des marchés par exemple — sont aussi engagées.

Le gouvernement prend en outre des mesures décisives pour renforcer et sauvegarder le système financier. Un Fonds de stabilité financière, entièrement financé dans le cadre du programme, vise à garantir un niveau de capitalisation adéquat des établissements bancaires.

Le programme des autorités grecques a été conçu dans un souci d’équité. Le barème de la fiscalité sera plus progressif, quelle que soit la source des revenus, la fraude fiscale fermement combattue et les contribuables délinquants poursuivis en justice, de même que les contribuables les plus aisés feront l’objet d’un suivi fiscal et d’audits fiscaux renforcés.

Les groupes les plus vulnérables seront protégés. Les réductions de salaires et de retraites prévues épargnent les personnes dont les niveaux de ressources sont les plus bas. Les dépenses sociales seront aussi revues afin de renforcer les dispositifs de protection des personnes démunies.

Enfin, les dépenses militaires seront considérablement réduites pendant la durée d’application du programme.

Afin d’épauler les efforts déployés par la Grèce pour remettre son économie sur pied, les pays de la zone euro ont pris l’engagement de fournir des prêts bilatéraux pour un montant total de 80 milliards d’euros (environ 105 milliards de dollars EU). En concertation avec des représentants de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne, une mission des services du FMI est aussi parvenue à un accord avec les autorités grecques pour soutenir ce programme dans le cadre d’un accord de confirmation triennal de 26 milliards de DTS (soit environ 30 milliards d’euros ou 40 milliards de dollars EU). Cet engagement concerté portera le total des financements à 110 milliards d’euros (environ 145 milliards de dollars EU). Nous avons aussi engagé la procédure d’approbation accélérée de l’accord de confirmation en faveur de la Grèce et j’ai bon espoir que cet accord sera soumis au Conseil d’administration du FMI pour approbation dans la semaine.

Nous estimons que les mesures vigoureuses prises par le gouvernement grec et les risques significatifs de contagion à d’autres pays justifient un niveau d’accès exceptionnel aux ressources du FMI — équivalant à 3200 % de la quote-part de la Grèce. C’est le niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un État membre et ceci témoigne du degré d’appui du FMI à ce programme et à la Grèce.

La réussite du programme de relance de la Grèce dépendra avant tout de la détermination du gouvernement et du peuple grecs. S’il est indéniable que la première phase de mise en œuvre du programme sera difficile, nous sommes confiants que l’économie grecque sortira de la crise, plus dynamique et mieux à même de renouer avec la croissance, la création d’emplois et la prospérité dont le pays aura besoin à l’avenir.

Notre effort collectif contribuera à la stabilité de l’euro et sera bénéfique à l’Europe entière, tout en favorisant la stabilité financière dans le monde et la reprise économique mondiale. »



La quote-part de la Grèce, membre du Fonds monétaire international depuis le 27 décembre 1945, est actuellement de 823 millions de DTS.

Pour plus d’informations sur le FMI et la Grèce, voir http://www.imf.org/external/country/GRC/index.htm



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