Communiqué de presse : Le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, appelle l’Afrique à reconstituer les fondations de la politique économique mises à mal par la crise mondiale

le 8 mars 2010

Communiqué de presse n° 10/73
Le 8 mars 2010

Dans une allocution prononcée à Nairobi, au Kenya, Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a évalué les effets de la crise économique et financière mondiale sur l’Afrique. Notant que la crise a frappé l’Afrique de multiples manières, il a déclaré que « sur tout le continent, on perçoit les signes d’un rebond, dans les échanges internationaux, les recettes d’exportation, le crédit bancaire et l’activité commerciale. Pour 2010, le FMI prévoit une croissance de l’ordre de 4 ½ %. Bref, je crois que l’Afrique a retrouvé ses marques, même si beaucoup dépendra de la reprise mondiale, qui n’en est encore qu’à son tout premier stade. »

M. Strauss-Kahn a déclaré que « beaucoup de pays africains avaient mené de bonnes politiques avant la crise, des politiques qui les ont protégés contre un ralentissement plus prononcé, car elles ont renforcé leurs finances publiques, réduit leur endettement, contenu l'inflation et permis de constituer de confortables réserves. Grâce à l'amélioration considérable de leur situation en matière d’endettement, un grand nombre de pays ont pu utiliser leur budget » pour combattre la crise, notamment en préservant les dépenses publiques.

Toutefois, M. Strauss-Kahn a mis en garde contre un excès de confiance en ce qui concerne les perspectives économiques de l’Afrique. « Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. L'Afrique reste éminemment vulnérable à des perturbations économiques qui peuvent avoir des origines très diverses. Songez aux fluctuations des prix des matières premières, aux catastrophes naturelles ou à l'instabilité dans des pays voisins. Songez aux risques résultant de la forte dépendance à l’égard des envois de fonds des travailleurs émigrés, de l’aide et des flux financiers. »

«L'Afrique doit à la fois retrouver une croissance vigoureuse et se donner les moyens de mieux résister aux chocs », a-t-il déclaré. « Il faut commencer par les politiques macroéconomiques. La crise nous livre un enseignement important : les pays qui ont mené de bonnes politiques en période d'expansion en ont récolté les fruits en période de crise. Les pays doivent donc retrouver une marge de manœuvre, pour avoir les moyens de mener une politique anticyclique, sur le plan budgétaire et à l’aide des réserves. Il faut renforcer les dispositifs de protection sociale, qui constituent la première ligne de défense en cas de choc. Les dirigeants doivent aussi prendre garde au fait que le creusement des inégalités de revenus, entre régions ou groupes de populations, peut aggraver les tensions et rendre les chocs plus déstabilisateurs.»

M. Strauss-Kahn a aussi attiré l’attention sur les changements climatiques. Il a appelé « la communauté internationale à mobiliser les ressources nécessaires pour aider les pays en développement, en particulier les pays à faible revenu, à faire face aux changements climatiques », qui pourraient être le « choc ultime ». Il a ajouté que « faute d'action, l'Afrique souffrira davantage de sécheresses, d'inondations, de pénuries alimentaires et de maladies, avec peut-être pour conséquences instabilité et conflits ».

M. Strauss-Kahn a déclaré que si « certains diront peut-être à juste titre que la question des changements climatiques ne fait pas partie du mandat du FMI …, le volume de ressources nécessaires pour y faire face a des implications macroéconomiques manifestes : une croissance durable dans les pays en développement exigera des investissements à grande échelle et à long terme pour l'adaptation aux changements climatiques et leur atténuation ». Dans cette optique, il a déclaré que « les services du FMI étudient l'idée d'un « Fonds vert » qui serait capable de mobiliser 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 ». M. Strauss-Kahn a souligné que « le FMI n’a pas l’intention de gérer ce fonds. Il souhaite plutôt faire une proposition qui… contribuera substantiellement au débat mondial et sera étudiée par la communauté internationale. Le moment est opportun pour présenter de nouvelles idées. » M. Strauss-Kahn a reconnu que « la mise en place d'un tel mécanisme exige un effort politique considérable », mais il a noté aussi que « les avantages potentiels sont énormes pour l’Afrique et le monde. »


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