Le Conseil d’administration du FMI approuve un décaissement de 129 millions de dollars EU au titre de la Facilité de crédit rapide en faveur de la Côte d’Ivoire

Communiqué de presse n° 11/272
Le 8 juillet 2011

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd’hui un décaissement équivalant à 81,3 millions de DTS (soit environ 129,2 millions de dollars EU) en faveur de la Côte d’Ivoire au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR)1 afin de contribuer au programme de redressement économique de ce pays suite à la crise politique qui a lui a gravement porté atteinte. Ce décaissement représente 25 % de la quote-part du pays au FMI et est immédiatement disponible.

Le Conseil d’administration a également pris acte que les autorités ont annulé l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) approuvé en 2009 pour un montant équivalant à 373,98 millions de DTS (soit environ 565,7 millions de dollars EU) (voir Communiqué de presse N° 09/96). Cet accord n’a pas pu suivre son cours durant la crise politique du pays après que des décaissements équivalant à 230,892 millions de DTS ont été effectués (soit environ 345,4 millions de dollars EU; voir Communiqué de presse N°10/284). Les autorités ont fait part de leur intention de solliciter un nouvel accord au titre de la FEC d’ici fin 2011, dès qu’elles seront en mesure d’élaborer un programme économique à moyen terme. Un tel programme pourrait faciliter le renouvellement de l’allégement intérimaire de la dette au titre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), dont la Côte d’Ivoire a atteint le point de décision en avril 2009 (voir Communiqué de presse N°09/104).

La Côte d’Ivoire a traversé une période de plusieurs mois de troubles politiques et de violence à la suite du second tour des élections présidentielles en novembre 2010. Cette crise a pratiquement paralysé l’activité économique du pays et entraîné une contraction brutale en 2011, qui d’après les projections provisoires, devrait représenter 6 à 7 % du produit intérieur brut. La crise a également creusé de graves déficits au niveau du budget et de la balance des paiements.

A l’issue de la réunion du Conseil d’administration sur la Côte d’Ivoire, M. Naoyuki Shinohara, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante:

« Le conflit prolongé qui a suivi les élections a eu de graves conséquences pour l'économie de la Côte d'Ivoire. Le programme des autorités pour 2011 tient dûment compte des priorités à court terme qui consistent à rétablir l'état de droit et le fonctionnement de l'administration publique ainsi qu’à promouvoir la reprise économique et satisfaire les besoins sociaux.

« Le programme budgétaire des autorités pour 2011 est réaliste mais est soumis à d'importantes incertitudes. Les dépenses devraient nettement augmenter, tandis que les recettes dépendront la rapidité de la reprise économique. Il sera nécessaire de hiérarchiser les dépenses en tenant compte des ressources disponibles et de rechercher un financement extérieur sous forme de dons et de prêts concessionnels. Les autorités tentent avec sagesse de trouver dans un esprit de coopération une solution aux arriérés du service de la dette de la Côte d'Ivoire envers les créanciers extérieurs.

« Le secteur bancaire a beaucoup souffert à cause du conflit. Il sera crucial de normaliser les opérations bancaires dès que possible afin de fournir un crédit suffisant à l'appui de la reprise économique.

« Les autorités auront besoin de davantage de temps pour formuler leur programme économique à moyen terme, mais il sera essentiel de reprendre les réformes structurelles le plus rapidement possible afin de se rapprocher du point d'achèvement de l'initiative PTTE. Les secteurs de l'énergie et du cacao sont ceux où les réformes sont les plus urgentes.

« L'inexactitude des données sur les emprunts extérieurement non concessionnels fournies aux fins de la seconde revue au titre de la FEC s'est soldée par un décaissement non conforme. Le Conseil d'administration a décidé d'accorder une dérogation à la non-observation du critère de réalisation compte tenu des mesures correctrices prises par les autorités. »


1 La Facilité de crédit rapide permet aux pays à faible revenu qui se heurtent à un problème immédiat de balance des paiements d'obtenir rapidement une aide financière concessionnelle à faible niveau d’accès sans avoir à appliquer un programme assorti de conditions. Elle s'accompagne aussi d'un soutien en matière de politique économique et peut servir de catalyseur pour mobiliser de l’aide étrangère. Elle est accessible aux pays membres admis à bénéficier du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et la croissance qui connaissent un problème immédiat de balance des paiements et pour lesquels un programme économique à part entière soit n’est pas nécessaire soit n'est pas réalisable.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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