Les services du FMI s’entendent avec la Côte d’Ivoire sur un programme appuyé par US$614 million sous la Facilité élargie de crédit et achèvent les consultations de 2001 au titre de l’article IV

Communiqué de presse n° 11/333
Le 15 septembre 2011

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mme Doris Ross a séjourné à Abidjan à partir du 31 août pour engager des discussions sur un programme économique et financier triennal en faveur de la Côte d’Ivoire et mener à bien les consultations de 2011 au titre de l’article IV. La mission a rencontré le Premier Ministre, M. Guillaume Kigbafori Soro, le Ministre d’État, Gardes des Sceaux, Ministre de la Justice, Me Jeannot Ahoussou, le Ministre d’État, Ministre de l’Emploi, des affaires sociales et de la solidarité, M. Gilbert Kone, le Ministre d’État, Ministre du Plan et du développement, M. Albert Mabri Toikeusse, le Ministre de l’Économie et des finances, M. Charles Koffi Diby, le Ministre de l’Industrie, M. Moussa Dosso, le Ministre des Infrastructures économiques, M. Patrick Achi, le Ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie, M. Adama Toungara, le Ministre de la Fonction publique, M. Konan Gnamien, le Ministre de l’Agriculture, M. Mamadou Sangafowa Coulibaly, le Ministre du Commerce, M. Dagobert Banzio, le Ministre délégué auprès du Premier Ministre, Ministre de la Défense, M. Paul Koffi Koffi, le Directeur national de la Banque centrale des États d’Afrique de l’ouest (BCEAO), M. Jean-Baptiste Aman, d’autres hauts responsables et des représentants de la société civile, du secteur privé et de la communauté diplomatique.

Au terme du séjour, Mme Ross a fait la déclaration suivante :

«Les autorités ivoiriennes et l’équipe du FMI ont mené à terme les discussions relatives aux consultations de 2011 au titre de l’article IV. En outre, les autorités et les services de l’institution se sont entendus sur un dispositif macroéconomique couvrant la période jusqu’à fin 2014, qui devrait faciliter la transition de la sortie de crise à une croissance soutenue. Ce dispositif pourrait bénéficier d’un concours de 390 millions de DTS (soit 614 millions de dollars EU) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, sous réserve de l’approbation de la Direction et du Conseil d’administration de l’institution. Le Conseil d’administration pourrait examiner début novembre la demande d’appui au titre de la FEC de la Côte d’Ivoire.

«La crise postélectorale déclenchée en décembre 2010 a eu de très graves retombées sur la population et sur l’économie. Avec la fin de la crise et l’investiture du Président Ouattara en avril /mai, la Côte d’Ivoire s’est engagée sur le chemin de la reprise. Le FMI a approuvé un appui financier d’environ 130 millions de dollars EU en juillet (voir Communiqué de presse No. 11/272). La reprise a été plus rapide que prévu, la production industrielle de juin ayant atteint 95 % du niveau de l’année précédente, contre 50 % en avril. L’actuelle campagne agricole devrait également être solide. Le produit intérieur brut (PIB) pour 2011 est ainsi projeté à un niveau inférieur de 5,8 % à celui de 2010, soit une baisse plus faible que ce qui avait été initialement projeté. Les prix à la consommation, qui avaient accusé une forte poussée durant la crise, s’inscrivent désormais en baisse.

«Le principal objectif de la stratégie économique du gouvernement est de reconstruire l’économie après des années de crise intérieure, caractérisées par un faible niveau d’investissement, de croissance et d’emploi. Afin de promouvoir un secteur privé dynamique capable de créer des emplois et de faire reculer la pauvreté, le gouvernement a engagé des réformes pour rendre l’économie plus efficiente et il entend renforcer l’investissement public, dans la mesure du possible en s’associant avec le secteur privé dans des projets d’infrastructure.

«Ces plans constituent le socle du programme de réformes à moyen terme. Le gouvernement prévoit notamment des mesures destinées à accroître les recettes publiques en élargissant l’assiette fiscale; à renforcer la gestion des finances publiques; à parvenir à l’équilibre financier dans le secteur énergétique; à réformer le système juridique, notamment en ce qui a trait aux activités commerciales, et améliorer le climat des affaires; à assurer la viabilité à long terme des caisses de retraites publiques; et à faire en sorte que le secteur financier ivoirien soit mieux à même de jouer son rôle d’intermédiation de l’épargne.

«Pour réaliser les objectifs fixés dans leur programme, les autorités devront non seulement assurer une mise en œuvre robuste des réformes, mais aussi améliorer l’environnement sécuritaire, notamment en ce qui concerne la circulation des biens et des personnes, et mener à bonne fin les élections législatives, actuellement prévues à la fin 2011. Pour atteindre le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), les autorités doivent miser sur les grandes réformes, en particulier dans les filières café et cacao.

«Pour 2011, la priorité immédiate du gouvernement en matière de politique économique est d’accompagner la reprise. La loi de finances de 2011 parvient à concilier les allégements fiscaux pour promouvoir l’activité du secteur privé, et la nécessité de financer le rétablissement des services publics. Le gouvernement a réussi à obtenir une assistance extérieure à des niveaux exceptionnels et avec l’accord des créanciers extérieurs il est en mesure de financer un déficit considérable à partir d’un recours limité aux marchés financiers régionaux.

«En 2012 l’économie devrait s’engager dans une phase d’expansion, avec un taux de croissance de 8-9 %, et un solde des transactions courantes qui deviendra déficitaire pour la première fois depuis plusieurs années. Les recettes publiques devraient se redresser — sans toutefois remonter aux niveaux d’avant la crise — et ainsi atténuer les tensions de financement. L’incorporation post-crise à la solde de l’État des anciens combattants et des enseignants précédemment non rémunérés du nord du pays aura pour effet d’accroître une masse salariale déjà lourde. Le gouvernement entend prendre en charge cette augmentation par une maîtrise rigoureuse des autres dépenses courantes, de manière à pouvoir dégager la marge de manœuvre budgétaire requise pour accroître l’investissement public à 5 % du PIB (contre 3 % en 2010).

«En 2013-14, la bonne mise en œuvre du programme gouvernemental devrait aboutir à un taux de croissance de l’ordre de 6 %, et la progression continue des recettes devrait permettre de financer davantage d’investissements publics, pour atteindre un niveau de 7 % du PIB en 2014.

«L’équipe du FMI remercie les autorités de leur hospitalité et de l’esprit constructif qui a animé les discussions.»



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