Déclaration de la Directrice générale adjointe du FMI, Nemat Shafik, à l’issue de sa visite au Liban

Communiqué de presse n° 12/167
Le 10 mai 2012

Madame Nemat Shafik, Directrice générale adjointe du Fonds monétaire international (FMI), a prononcé la déclaration ci-après aujourd'hui à Beyrouth à l'issue d'une visite de trois jours au Liban :

« Ce fut un plaisir de venir au Liban pour ma première visite en tant que Directrice générale adjointe du FMI et de rencontrer des membres du gouvernement et de divers secteurs représentant la société libanaise. Je tiens à remercier le Premier Ministre, M. Najib Mikati, pour son aimable invitation à participer au Forum économique arabe, ainsi que les organisateurs de ce forum.

« Pendant mon séjour, j'ai eu des réunions constructives avec le Premier Ministre, M. Mikati, le Ministre des finances, M. Mohamad Safadi, et le Gouverneur de la banque centrale, M. Riad Toufic Salamé, lors desquelles nous avons échangé nos points de vue sur des questions économiques nationales, régionales et mondiales.

« En marge du Forum économique arabe, j'ai eu l'occasion de rencontrer d'autres dignitaires arabes, notamment le Chef du gouvernement tunisien, M. Hamadi Jebali.

« Mes rencontres avec des chefs d'entreprise et des représentants d'organisations internationales opérant au Liban et mes entretiens avec des étudiants de l'American University de Beyrouth ont débouché aussi sur des échanges de vues intéressants à propos du Liban et de la région.

« La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MOAN) vit des changements considérables. La transition politique dans plusieurs de ces pays suscite des espoirs de croissance solidaire. Mais elle crée aussi de l'incertitude qui pèse sur l'investissement, le tourisme et l'activité économique globale. Les pays importateurs de pétrole de la région doivent aussi faire face à la hausse des cours des produits de base, au ralentissement de la croissance mondiale et aux retombées économiques de la crise dans la zone euro et des événements régionaux. En conséquence, le chômage a progressé et le revenu par habitant a stagné dans bon nombre de pays de la région.

« Il sera difficile de préserver la stabilité macroéconomique dans ces conditions. Certains pays auront besoin d'une aide financière officielle pour continuer de transformer leur économie. En 2012 et en 2013, les besoins bruts de financement extérieur et budgétaire des pays importateurs de pétrole de la région MOAN sont estimés, respectivement, à environ 90 et 100 milliards de dollars. Les marchés de capitaux ne fourniront probablement qu'une partie de ce financement et il sera donc essentiel que ces pays disposent en temps voulu d'une aide financière officielle.

« Le FMI est déterminé à aider les pays arabes en transition en leur fournissant des concours financiers, une assistance technique et des conseils de politique économique. Il a approuvé récemment un prêt en faveur du Yémen au titre de la facilité de crédit rapide, et des entretiens sur un financement éventuel sont en cours avec plusieurs pays. Cependant, les ressources du FMI doivent être complétées par des ressources d'autres donateurs arabes et internationaux pour que ce soutien soit efficace.

« Quant au Liban, s'il ne fait pas partie des pays avec lesquels nous nous entretenons d'un financement éventuel, il fait face à des problèmes. Comme bien d'autres pays de la région MOAN, le Liban souffre du ralentissement de l'économie mondiale et des troubles régionaux. Les incertitudes politiques nationales et régionales pèsent sur la croissance. Bien qu'un redressement soit prévu cette année, la projection du FMI, à savoir une croissance voisine de 3 %, se situe bien en deçà du potentiel du pays.

« Il est donc essentiel de mettre en œuvre une politique économique vigoureuse pour inspirer la confiance. Il s'agit avant tout de maintenir la rigueur budgétaire en cherchant à dégager un excédent primaire, ce qui continuerait de faire baisser le ratio de la dette au PIB.

« À moyen terme, la mise en place d'une économie dynamique qui peut créer des emplois réduirait le chômage et la pauvreté. À cet effet, il faut effectuer des investissements et des réformes dans les infrastructures, ainsi qu'améliorer le climat des affaires et le marché du travail. Une stratégie budgétaire à moyen terme axée sur la réduction du ratio de la dette au PIB pourrait revigorer la confiance des marchés et créer un espace budgétaire grâce à des mesures portant sur les recettes et les dépenses qui permettraient d'accroître les dépenses sociales et les dépenses équipement.

« Je tiens aussi à remercier le Liban d'accueillir et de soutenir financièrement le Centre d'assistance technique au Moyen-Orient, qui fournit de l'assistance technique et des services de formation à des organismes publics de dix pays de la région MOAN. L'assistance technique fait partie intégrante des activités du FMI. Ce fut un plaisir pour moi de participer à la réunion du Comité directeur du centre.

« Le Comité directeur est composé de représentants de la Commission européenne, de la Banque européenne d'investissement, de la France, du Koweït et d'Oman, ainsi que des pays bénéficiaires qui financent les activités du centre. Le Comité a examiné les activités du centre et a fait le bilan des efforts déployés pour renforcer les capacités d'exécution de la politique macroéconomique dans l'ensemble du Moyen-Orient. De l’avis général, le centre a accompli du très bon travail dans le renforcement des capacités ces dernières années. Avec un financement supplémentaire, il pourrait contribuer encore plus à promouvoir le développement économique et le renforcement des capacités dans la région, ce qui est particulièrement important pendant cette période de transition.

« Le FMI est prêt à apporter au Liban toute l'aide nécessaire, notamment de l'assistance technique, pour servir les intérêts de la population. »



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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