Déclaration de conclusion d’une mission du FMI au Bénin

Communiqué de presse n° 12/19
Le 23 janvier 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Cotonou du 9 au 23 janvier 2012 pour les entretiens relatifs à la troisième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), approuvée par le Conseil d’administration du FMI le 14 juin 20101. La deuxième revue a été conclue par le Conseil d’administration le 7 septembre 2011 (voir communiqué de presse no 11/326), autorisant le décaissement d’une troisième tranche de 10,61 millions de DTS (environ 16,9 millions de dollars EU). La mission a été reçue en audience par S.E. Dr. Boni Yayi, Président de la république du Bénin; elle a eu des entretiens avec M. Pascal Koupaki, Premier ministre, M. Marcel de Souza, Ministre de l’analyse économique, du développement et de la prospective, Madame Adidjatou Mathys, Ministre de l’économie et des finances, et d’autres hauts fonctionnaires. La mission a aussi rencontré des membres de l’Assemblée nationale, des représentants des syndicats, des secteurs bancaire et privé, et de la communauté des bailleurs de fonds. Les entretiens ont porté sur l’évolution économique récente, y compris au Nigéria, pays voisin, la mise en œuvre des mesures inscrites dans le programme appuyé par la FEC et les réformes structurelles.

Au terme de la mission, M. Mario de Zamaróczy, chef de mission pour le Bénin, a fait la déclaration suivante :

« La croissance économique est estimée à 3,1 % en 2011, soit 0,7 point de pourcentage en dessous des prévisions antérieures, à cause du ralentissement des activités portuaires, ce qui a gêné le commerce. La croissance économique ne devrait s’améliorer que de façon marginale en 2012, malgré la relance attendue des activités portuaires, à cause de l’impact de la crise financière internationale et de la hausse, intervenue en janvier 2012, du prix des hydrocarbures importées du Nigéria. L’annulation partielle des subventions aux produits pétroliers au Nigéria aura un effet négatif sur le revenu réel des ménages et la croissance économique en 2012. L’inflation moyenne annuelle est restée en dessous du critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en 2011, mais elle est projetée à la hausse en 2012, en raison de la hausse susmentionnée des prix des produits pétroliers. Malgré la bonne tenue des exportations non-traditionnelles, le compte courant extérieur, dons exclus, devrait se détériorer légèrement en 2011, à cause de la hausse mondiale des prix de produits pétroliers. Il devrait s’améliorer en 2012 grâce à la bonne performance des exportations de coton. Par conséquent, le solde global de la balance des paiements devrait passer d’un léger déficit en 2011 (0,1 % du produit intérieure brut—PIB) à un léger surplus (0,6 % du PIB) en 2012.

«La collecte des recettes au cours de la seconde moitié de 2011 était en deçà des attentes et l’objectif cumulatif des recettes de fin d’année a été manqué de l’équivalant de 1,3 % du PIB. L’objectif mensuel des recettes a cependant été atteint en décembre. Les autorités ont réagi à la baisse des recettes en freinant les dépenses et en dégageant une marge sur la masse salariale. Celle-ci est restée en dessous de sa cible grâce à la radiation d’un certain nombre de fonctionnaires fantômes, la vérification des allocations et primes, et le report de certains recrutements. Par conséquent, et sur la base de données préliminaires, les critères de performance relatifs au déficit budgétaire primaire de base et au financement intérieur net ont été respectés à fin-septembre. Les repères indicatifs correspondants ont aussi été respectés à fin-décembre. En revanche, l’objectif indicatif sur les dépenses sociales prioritaires a été largement manqué à fin-septembre et à fin-décembre en raison de manquements dans le suivi des ces catégories de dépenses. Les autorités ont l’intention d’améliorer les procédures pour protéger les décaissements à temps au titre des dépenses sociales prioritaires en 2012.

«La mission a noté que le budget 2012 adopté par l’Assemblée nationale est compatible avec un environnement macroéconomique stable. Il vise un accroissement significatif du ratio des recettes au PIB, afin de créer une marge budgétaire pour les investissements publics et les dépenses sociales.

« La mission a noté le lancement des opérations du guichet unique au port de Cotonou, l’installation d’un scanner au port et la mise en œuvre d’un programme de vérification renforcée des importations. Ces réformes se sont heurtées à une résistance initiale et à des problèmes de démarrage, mais devraient améliorer la collecte des recettes et l’efficacité du port à l’avenir.

«La mission a noté que plusieurs réformes structurelles continuent de marquer le pas, dont l’étude sur la politique salariale dans la fonction service public, et plusieurs mesures concernant l’informatisation des postes de douanes. La mission a recommandé aux autorités d’accélérer la mise en œuvre de ces études et réformes structurelles critiques qui auraient dû être déjà achevées. Elle a également discuté de nouvelles mesures structurelles pour la période à venir, notamment dans les domaines budgétaire et financier.

«Les services proposeront à la direction générale du FMI d’inscrire l’examen et la conclusion de la troisième revue de l’accord FEC à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil d’administration qui se tiendrait au printemps 2012, sous réserve que les objectifs mensuels de recettes de janvier et février soient respectés et que des progrès adéquats soient accomplis dans la mise en œuvre des mesures structurelles ayant accusé du retard.

«La mission remercie les autorités pour leur accueil».


1 La FEC est le principal instrument dont dispose le FMI pour apporter un appui financier à moyen terme aux pays à faible revenu. Les financements de la FEC sont assortis, à l’heure actuelle, d’un taux d’intérêt de 0 %, avec un différé d’amortissement de 5 ans ½ et une échéance de 10 ans.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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