Déclaration à l'issue d'une mission du FMI au Mali

Communiqué de presse n° 12/437
le 14 novembre 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), menée par Christian Josz, a séjourné à Bamako du 1er au 14 novembre, et est parvenue à un accord préliminaire avec le gouvernement à propos d’un appui au Mali dans le cadre de la Facilité de crédit rapide.

La mission a rencontré Cheick Modibo Diarra, Premier Ministre; Tienan Coulibaly, Ministre de l'économie, des finances et du budget; Konzo Traore, Directeur national, Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO); ainsi que des représentants de l'Assemblée nationale, de la société civile, des syndicats, du secteur privé et des partenaires au développement du Mali.

À l'issue de la mission, M. Josz a publié la déclaration ci-après :

« L'économie malienne traverse une période difficile. Déjà en difficulté à cause de la très mauvaise récolte de 2011–12, elle a beaucoup souffert du coup d'état de mars 2012 et de ses retombées. D’importants dégâts matériels ont été infligés au secteur public et au secteur privé. L'occupation du nord du pays a fortement perturbé la production agricole et les commerce. La détérioration de la situation en matière de sécurité a provoqué une chute des voyages d’affaires au Mali. Les secteurs du commerce, des hôtels et des restaurants ont été durement touchés. La décision prise par les partenaires au développement de suspendre l'appui budgétaire et une bonne partie de l'aide-projet à l'administration a entraîné une contraction du secteur des bâtiments et des travaux publics. Mais le secteur minier s'est avéré une source de croissance stable, et la récolte de 2012–13 s'annonce favorable.

« Le PIB réel devrait se contracter de 1,5 % en 2012, après une croissance de 2,7 % seulement en 2011. La mauvaise récolte de 2011 et les perturbations des échanges commerciaux devraient porter l'inflation moyenne à 5,9 % en 2012. En matière de politique budgétaire, les autorités ont fait preuve de prudence en compensant la perte de recettes par des coupes dans les dépenses, en particulier les dépenses d’investissement, et par une réduction des subventions implicites aux produits pétroliers et au gaz de cuisine. En conséquence, le déficit budgétaire de base (recettes et dons budgétaires moins dépenses financées sur ressources intérieures) devrait être limité à 1 % du PIB en 2012.

« En 2013, le PIB réel devrait progresser de nouveau, d'environ 4 à 5 %, Le budget 2013 présente un écart de financement d'environ 55 milliards de FCFA (110 millions de $ ou 1 % de PIB), que les autorités espèrent financer grâce à la reprise de l’appui budgétaire des partenaires au développement. Tant que cet appui n’est pas confirmé, les autorités gèleront un montant équivalent de dépenses dans le budget 2013. Les autorités entendent éviter l'accumulation d'arriérés intérieurs, afin de maintenir la confiance du public et préserver la stabilité financière.

« Le gouvernement a décidé d'annuler l'accord en cours au titre de la facilité élargie de crédit (FEC), qui porte sur 2012–14 et a déraillé en raison des événements de mars 2012. Il sollicite plutôt un décaissement de 18 millions de $ (9 milliards de FCFA) au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR), guidé par des indicateurs de performance macroéconomique et de réforme de la gestion des finances publiques en 2013. La mission a conclu un accord ad referendum sur les éléments de cette approche. L’examen au Conseil d'administration du FMI est prévu pour début février 2013.

« La mission tient à remercier les autorités de leur accueil chaleureux, de leur excellente organisation, ainsi que des entretiens francs et fructueux. »



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