Déséquilibres de l’économie mondiale et crise de la COVID-19
IMF Blog, August 5, 2020
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- Déséquilibres de l’économie mondiale et crise de la COVID-19
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- Authors: Martin Kaufman, Daniel Leigh
- Published: August 5, 2020
Principaux constats sur les déséquilibres mondiaux
- En 2019, les déficits et les excédents des transactions courantes se situaient "juste au-dessous de 3 % du PIB mondial".
- Selon les prévisions pour 2020, ces déséquilibres "ne devraient diminuer que d'environ 0,3 % du PIB mondial".
- En 2019, "environ 40 % des déficits et des excédents des transactions courantes à l'échelle mondiale étaient excessifs", principalement dans les pays avancés.
- Les soldes des transactions courantes supérieurs aux niveaux appropriés ont été principalement enregistrés "dans la zone euro (sous l'impulsion de l'Allemagne et des Pays-Bas)".
- Les soldes inférieurs aux niveaux appropriés ont surtout été relevés "au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni".
- "La position extérieure évaluée de la Chine est restée, comme en 2018, globalement conforme aux paramètres fondamentaux et aux politiques souhaitables".
Effets immédiats de la COVID-19 sur l'extérieur
- La pandémie a provoqué "une forte réduction des échanges commerciaux et de fortes variations des taux de change", mais "une réduction limitée des déficits et excédents des transactions courantes à l'échelle mondiale".
- Certains pays dépendant du pétrole, du tourisme ou des envois de fonds pourraient voir "leur solde des transactions courantes chuter de plus de 2 % du PIB".
- Les encours d'actifs et de passifs extérieurs ont "atteint des sommets historiques", augmentant les risques pour débiteurs et créditeurs.
Risques et vulnérabilités identifiés
- Resserrement des conditions de financement extérieur et sorties soudaines de capitaux ont entraîné "une forte dépréciation monétaires" dans de nombreux pays émergents et en développement.
- Malgré des mesures budgétaires et monétaires énergiques qui ont favorisé un regain de confiance, "de nombreux risques subsistent", notamment :
- "nouvelles vagues de contagion",
- "inversion des flux de capitaux",
- "nouvelle diminution des échanges internationaux",
- "recrudescence des tensions commerciales".
- Les pays présentant des facteurs de vulnérabilité préexistants (déficits des transactions courantes élevés, part importante de la dette en devises étrangères, faibles réserves internationales) sont exposés à "un risque d'une crise extérieure" en cas de nouvelles tensions financières mondiales.
- Une aggravation de la pandémie pourrait "déstabiliser les échanges et les chaînes d'approvisionnement mondiaux, réduire les investissements et entraver la reprise économique mondiale".
Recommandations de politiques — court terme
- Priorité à "apporter une aide d'urgence et à promouvoir la reprise économique".
- Les pays dont les taux de change sont souples devraient "continuer de les laisser, dans la mesure du possible, s'adapter aux conditions extérieures".
- Les interventions sur le marché des changes, "lorsqu'elles sont nécessaires et lorsque les réserves sont suffisantes", peuvent "contribuer à réduire l’instabilité des marchés".
- Pour les pays subissant des pressions perturbatrices sur la balance des paiements sans accès à des financements privés : "les financements officiels et les lignes de crédit réciproque peuvent contribuer à soutenir l'économie et à préserver les dépenses de santé essentielles".
- Il "convient d'éviter les obstacles tarifaires ou non tarifaires aux échanges, notamment en ce qui concerne les équipements et fournitures médicales, et de lever les nouvelles restrictions commerciales récemment imposées".
Recommandations de politiques — moyen terme et réformes structurelles
- "Les pays excédentaires et les pays déficitaires devront unir leurs efforts pour réduire les déséquilibres excessifs de l'économie mondiale".
- Les droits de douane ciblant des balances commerciales bilatérales sont "préjudiciables au commerce et à la croissance" et "généralement inefficaces pour réduire les déséquilibres extérieurs excessifs".
- Il faut s'attaquer "aux distorsions macroéconomiques et structurelles profondes" pour corriger les désalignements des taux de change et les déséquilibres externes excessifs.
- Moderniser le système commercial multilatéral fondé sur des règles et renforcer "les règles relatives aux subventions et au transfert de technologies", y compris "l'élargissement de l'ensemble des règles relatives aux services et au commerce électronique" et assurer "le bon fonctionnement du système de règlement des différends de l'OMC".
- Exemples de réformes selon situation nationale :
- Pays avec déficits excessifs liés à des déficits budgétaires (exemple cité : "comme aux États-Unis") : "un assainissement des finances publiques à moyen terme favoriserait la viabilité de la dette, réduirait l'écart de solde courant excessif et faciliterait la constitution de réserves internationales si nécessaire (comme en Argentine)".
- Pays confrontés à des problèmes de compétitivité à l'exportation : "des réformes visant à accroître la productivité seraient souhaitables".
- Pays à excédent excessif persistant : prioriser "les réformes qui encouragent l'investissement et découragent une épargne privée excessive".
- Dans les pays disposant d'un espace budgétaire : "une politique budgétaire axée sur la croissance renforcerait la résilience de l'économie et réduirait l'excédent excessif du solde courant".
- Dans certains cas (exemples : "Thaïlande et en Malaisie"), des réformes pour "décourager une épargne de précaution excessive" peuvent inclure "l'élargissement du dispositif de protection sociale".
Observations méthodologiques et couverture
- Le rapport présente "des évaluations des déséquilibres extérieurs et des taux de change pour les 30 plus grandes économies".
- L'approche se concentre "sur le solde des transactions courantes global de chaque pays et non sur ses balances commerciales bilatérales".
Déséquilibres de l’économie mondiale et crise de la COVID-19 (billet du FMI)