Pays émergents et préémergents : les moyens d’action en période de tensions financières
IMF Blog, October 23, 2020
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- Pays émergents et préémergents : les moyens d’action en période de tensions financières
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Bibliographic details
- Authors: Dimitris Drakopoulos, Rohit Goel, Fabio Natalucci, Evan Papageorgiou
- Published: October 23, 2020
Contexte et impact de la pandémie
- La pandémie de COVID-19 a pénalisé de manière sans précédent l’activité économique dans les pays émergents.
- Conséquence projetée : une contraction de 3,3 % en 2020 de la production dans ces pays.
- Réponse des banques centrales : réaction rapide et ferme avec une riposte inédite mobilisant divers moyens d’action pour stabiliser les marchés et préserver leur fonctionnement.
Mesures monétaires et autres instruments utilisés
- Actions menées par les banques centrales :
- Baisse des taux directeurs : pratiquement toutes les banques centrales ont baissé leurs taux.
- Intervention sur les marchés des changes : la plupart d’entre elles est intervenue.
- Réduction du ratio de réserves obligatoires : environ la moitié d’entre elles a réduit ce ratio, apportant des liquidités et assouplissant les conditions de crédit.
- Programmes d’assouplissement quantitatif (achats d’actifs) : lancés pour la première fois par les banques centrales d’environ 20 pays émergents, achetant de la dette publique et privée pour apaiser les tensions et préserver le fonctionnement des marchés.
Motifs d’adoption de l’assouplissement quantitatif
- Trois catégories de motivations pour les achats d’actifs :
- Banques centrales avec taux directeurs nettement supérieurs à zéro : amélioration du fonctionnement des marchés obligataires (ex. : Afrique du Sud, Inde, Philippines).
- Banques centrales proches du « plancher à zéro » : détente des conditions financières, renforcement de la relance monétaire et objectifs de fonctionnement des marchés et de liquidité (ex. : Chili, Hongrie, Pologne).
- Banques centrales visant à apaiser temporairement les tensions sur les financements publics dans le contexte de la pandémie (ex. : Ghana, Guatemala, Indonésie et Philippines).
Efficacité des achats d’actifs
- Période d’observation : pratiquement six mois d’assouplissement quantitatif.
- Principales constatations :
- Incidence généralement positive sur les marchés financiers locaux.
- Effets observés même en tenant compte des baisses des taux directeurs, du volume élevé d’achats d’actifs supplémentaires effectués par la Réserve fédérale et du regain d’appétence pour le risque à l’échelle mondiale.
- Réduction des rendements des obligations publiques sans dépréciation parallèle des monnaies locales.
- Contribution progressive à l’apaisement des tensions sur les marchés locaux.
Avantages potentiels et risques de l’assouplissement quantitatif
- Avantages :
- Mesures non conventionnelles utiles lorsque la marge d’action de la politique conventionnelle est restreinte.
- Possibilité d’intégrer les achats d’actifs à la panoplie d’instruments des banques centrales, selon capacité et état du marché.
- Risques en cas de recours régulier, massif ou illimité :
- Fragilisation de la crédibilité des institutions et banques centrales.
- Accentuation des pressions sur les sorties de capitaux, surtout dans les pays aux paramètres fondamentaux moins solides.
- Crainte d’une domination de la politique budgétaire par la politique monétaire.
- Recommandation : ces risques doivent être évalués avant que les banques centrales ne changent la nature et la mise en œuvre de leurs politiques.
Enseignements et bonnes pratiques recommandées
- Besoin d’évaluations plus poussées à mesure que davantage de données seront disponibles, surtout si les achats se poursuivent.
- Constats et recommandations précoces :
- Efficacité renforcée lorsque les achats d’actifs s’inscrivent dans un éventail plus large de mesures macroéconomiques.
- Importance de la transparence et d’une communication limpide pour minimiser les risques pesant sur la crédibilité des banques centrales, en particulier dans les pays aux institutions plus fragiles.
- Durée et ampleur des programmes d’achat d’actifs devraient, dans la plupart des cas, être limitées et liées à des objectifs bien définis.
- Préférence pour des achats effectués sur les marchés secondaires ; éviter les achats sur le marché primaire ou à des taux inférieurs à ceux du marché, car ils peuvent perturber la détermination du juste prix des obligations et susciter des craintes de financement des pouvoirs publics par la banque centrale.
Auteurs et contributions
- Dimitris Drakopoulos — expert du secteur financier au sein du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI.
- Rohit Goel — expert du secteur financier au sein du département des marchés monétaires et de capitaux du FMI; contribue au Rapport sur la stabilité financière dans le monde (chapitre 1) et fait partie de l’équipe du FMI chargée de la surveillance des marchés; antécédents professionnels et certifications détaillés dans le texte source.
- Fabio M. Natalucci — directeur adjoint au département des marchés monétaires et de capitaux; chargé du Rapport sur la stabilité financière dans le monde; antécédents professionnels détaillés dans le texte source.
- Evan Papageorgiou — chef adjoint de la division surveillance et analyse des marchés mondiaux au sein du département des marchés monétaires et de capitaux; participe à la rédaction du Rapport sur la stabilité financière dans le monde; antécédents professionnels détaillés dans le texte source.
Source : Pays émergents et préémergents : les moyens d’action en période de tensions financières, 23 octobre 2020.