Changement climatique : les pays fragiles d’Afrique payent le plus lourd tribut
IMF Blog, August 30, 2023
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- Changement climatique : les pays fragiles d’Afrique payent le plus lourd tribut
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- Authors: Jihad Azour, Abebe Aemro Selassie
- Published: August 30, 2023
Principaux constats
- Les pays fragiles et touchés par des conflits en Afrique subissent des impacts climatiques plus graves que les autres pays, malgré une contribution moindre au changement climatique.
- Chaque année, le nombre de personnes touchées par des catastrophes naturelles est trois fois plus élevé dans les pays fragiles que dans les autres pays.
- Deux fois plus de personnes, en pourcentage de la population, se retrouvent déplacées en raison de ces catastrophes dans les pays fragiles.
- D’ici 2040, les pays fragiles pourraient connaître 61 jours par an de températures supérieures à 35 degrés Celsius en moyenne, soit quatre fois plus que les autres pays.
- Les pertes cumulées de produit intérieur brut atteignent environ 4 % dans les trois années qui suivent des phénomènes météorologiques extrêmes dans les pays fragiles, contre environ 1 % dans les autres pays.
- Les sécheresses dans les pays fragiles devraient faire baisser d’environ 0,2 point de pourcentage la croissance du PIB par habitant chaque année.
- Dans un scénario d’émissions élevées, le nombre de décès dus aux conflits en pourcentage de la population pourrait augmenter de près de 10 % dans les pays fragiles d’ici à 2060.
- Le changement climatique ferait basculer 50 millions de personnes supplémentaires dans la famine d’ici 2060 dans les pays fragiles.
Mécanismes aggravants et canaux de transmission
- Situation géographique: les pays fragiles sont situés dans les zones les plus chaudes, multipliant l’exposition aux épisodes d’extrême chaleur et aux phénomènes météorologiques extrêmes.
- Conflits: les conflits réduisent la capacité à gérer les risques climatiques et entravent l’acheminement de l’aide humanitaire (exemple: zones sous contrôle de groupes terroristes en Somalie pendant la sécheresse prolongée de 2021–22).
- Dépendance à l’agriculture pluviale:
- L’agriculture représente près d’un quart de la production économique dans les pays fragiles.
- Seulement 3 % des zones cultivées dans les pays fragiles sont pourvues d’infrastructures d’irrigation.
- Infrastructures d’irrigation souvent mal conçues, abandonnées ou endommagées par les conflits.
- Exemple: le projet d’irrigation de Gezira au Soudan couvrait autrefois 8 000 kilomètres carrés; aujourd’hui il ne couvre plus que la moitié de cette superficie.
- Exemple: au centre du Mali, les inondations le long du fleuve Niger résultent en partie de la ruine des fossés de drainage quand les agriculteurs fuient les combats.
- Capacité financière limitée: les besoins de financement pour l’adaptation dépassent les ressources propres des pays fragiles.
Coûts macroéconomiques et sociaux
- Pertes de PIB:
- Environ 4 % de perte cumulée du PIB dans les trois années post-choc pour les pays fragiles.
- Environ 1 % de perte cumulée du PIB dans les trois années post-choc pour les autres pays.
- Effets sur croissance par habitant: baisse d’environ 0,2 point de pourcentage par an due aux sécheresses.
- Sécurité et faim: aggravation des facteurs de fragilité (conflits, faim), déplacements et migrations forcées probables sans intervention.
Recommandations de politique publique
- Renforcer la capacité de réaction immédiate aux chocs climatiques:
- Mobiliser davantage de recettes intérieures pour constituer des réserves.
- Réduire la dette et les déficits publics.
- Accumuler des réserves internationales.
- Instruments de protection sociale et financiers:
- Renforcer les dispositifs de sécurité sociale.
- Recourir aux régimes d’assurance pour financer la reprise après des événements catastrophiques.
- Renforcement de la résilience à moyen/long terme:
- Accroître les investissements dans des infrastructures adaptées (notamment irrigation et drainage).
- Mettre en œuvre des politiques visant à renforcer progressivement la résilience face au changement climatique.
- Appel aux partenaires internationaux:
- Fournir un appui conséquent et durable, y compris du financement concessionnel et du développement des capacités, pour éviter l’aggravation de la faim et des conflits.
Rôle et actions du FMI
- Le FMI augmente son appui aux pays fragiles via:
- Conseils stratégiques.
- Assistance financière.
- Programme de développement des capacités adapté aux besoins des pays fragiles.
- Stratégie du FMI axée sur:
- Meilleure compréhension des facteurs de fragilité.
- Conception de programmes adaptés.
- Intensification des activités de développement des capacités.
- Synergie avec d’autres partenaires actifs dans ces pays.
- Instruments financiers mentionnés:
- Facilités conventionnelles.
- Mécanismes de financement d’urgence.
- Nouvelle facilité pour la résilience et la durabilité.
- Les initiatives actuelles du FMI et des autres partenaires restent minimes par rapport aux besoins identifiés.
Article: "Changement climatique : les pays fragiles d’Afrique payent le plus lourd tribut" — le 30 août 2023, FMI.