La restructuration des dettes souveraines progresse sur fond de coopération et de réformes
IMF Blog, July 1, 2024
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- La restructuration des dettes souveraines progresse sur fond de coopération et de réformes
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- Authors: Ceyla Pazarbasioglu
- Published: July 1, 2024
Contexte et enjeux
- L’économie mondiale a évité une crise systémique de la dette pendant les turbulences récentes, mais les vulnérabilités demeurent élevées en raison du coût élevé du service de la dette, posant un important défi aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.
- Les retards dans les restructurations aggravent les difficultés : ils rendent l’ajustement plus difficile, augmentent les coûts pour débiteurs et créanciers, et prolongent la souffrance des individus (perte d’emploi, risque d’appauvrissement).
- Résultat recherché : restructurations aussi rapides que possible pour limiter les dommages.
Progrès institutionnels et opérationnels
- Le cadre commun réunit les pays créanciers pour restructurer la dette et commence à porter ses fruits en réduisant le délai entre l’accord au niveau des services du FMI et les assurances financières des créanciers officiels.
- Exemple opérationnel : pour l’accord conclu cette année avec le Ghana, il a fallu cinq mois pour couvrir ces étapes, « à peu près moitié moins » que pour le Tchad en 2021 et la Zambie en 2022.
- Les négociations avec l’Éthiopie sont attendues « plus rapides, plus proches des deux ou trois mois habituels ».
- La table ronde mondiale sur la dette souveraine (FMI, Banque mondiale, Présidence du G20) a permis d’avancer sur :
- la comparabilité de traitement entre créanciers,
- la définition des dettes à inclure,
- le partage de l’information,
- les procédures et calendriers.
- Le FMI a engagé des réformes des politiques d’endettement adoptées en avril :
- Objectif opérationnel : permettre, de manière générale, l’approbation d’un programme appuyé par le FMI dans un délai de deux ou trois mois suivant l’accord au niveau des services du FMI.
- Instruments inclus : garanties permettant de poursuivre le traitement quand les créanciers peinent à se coordonner ; approbation de principe des programmes pour faciliter des décaissements dès que les assurances de financement sont en place.
- Nouvelle procédure pour l’établissement des assurances de financement : évaluation qu’un « processus crédible avec les créanciers officiels » est en cours sur la base des actions et des antécédents des créanciers, visant à être plus rapide que l’attente de courriers officiels.
- Conséquences : engagement plus rapide auprès du pays débiteur, plus d’informations pour les créanciers (projections économiques du FMI, engagements politiques, analyse de viabilité de la dette).
Réponses collectives et défis restants
- Malgré de vives tensions géopolitiques, les créanciers et actionnaires du FMI ont apporté leur aide aux pays en restructuration, ce qui est jugé encourageant et indispensable pour améliorer l’architecture internationale de la dette.
- Tendances observées :
- Les faillites souveraines et demandes d’allégement général de la dette diminuent depuis 2021 et 2022.
- Les marchés ont rouvert plus tôt cette année pour certains pays à faible revenu : Bénin, Côte d’Ivoire, Kenya, Sénégal ont levé des fonds auprès d’investisseurs étrangers.
- Les écarts de rendement sur les pays émergents ont retrouvé leurs niveaux d’avant la pandémie.
- Vulnérabilités persistantes :
- Les écarts de rendement atteignent des niveaux préoccupants pour environ 15 % des pays émergents.
- Les pays à faible revenu devront refinancer près de 60 milliards de dollars de dette extérieure chaque année dans les deux prochaines années — « à peu près trois fois plus » que la moyenne observée entre 2010 et 2020.
- Environ 15 % des pays à faible revenu sont surendettés et 40 % présentent un risque élevé de surendettement.
Prochaines étapes et options politiques
- Poursuivre les progrès via la table ronde mondiale sur la dette souveraine pour traiter :
- l’avancement parallèle des procédures des créanciers officiels et privées,
- les solutions aux problèmes de liquidité.
- Options potentielles pour les pays incluent :
- utilisation d’un cadre commun pour l’ouverture de lignes de liquidité coordonnées,
- opérations de gestion de la liquidité (échanges, rachats de créances),
- moyens de soutenir de nouvelles entrées de capitaux, notamment par des instruments de partage des risques.
- Publications et révisions attendues :
- Le FMI publiera un manuel de la dette souveraine dans le courant de l’année pour clarifier les politiques et accroître l’efficience des procédures.
- Le FMI revoit le cadre de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu en partenariat avec la Banque mondiale.
- Atténuation de la pénurie de liquidité :
- Rôles distincts : emprunteurs (favoriser la croissance, augmenter les recettes publiques, maintenir la dette sur une trajectoire viable), créanciers officiels (mobiliser davantage de financements à coût réduit, en particulier des dons), communauté internationale.
- Le FMI continuera d’accompagner ces efforts et de fournir des financements adéquats, notamment en revoyant ses mécanismes de financement concessionnel.
Source : billet du 1 juillet 2024, Ceyla Pazarbasioglu — La restructuration des dettes souveraines progresse sur fond de coopération et de réformes
Content in this bundle
- Global Sovereign Debt Roundtable — Compendium of GSDR Common Understanding on Technical Issues
- EXECUTIVE SUMMARY — Staff Guidance Note on Information Sharing in the Context of Sovereign Debt Restructurings