Explication : Cinq grandes tendances qui animent l’essor de la finance non bancaire
IMF Blog, October 3, 2025
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- Explication : Cinq grandes tendances qui animent l’essor de la finance non bancaire
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- Authors: Jay Surti
- Published: October 3, 2025
Contexte et portée
- La moitié des actifs financiers mondiaux sont désormais détenus ou intermédiés par des sociétés qui ne sont ni classées ni réglementées comme institutions bancaires.
- Plus d’un billion de nouveaux emprunteurs ont désormais accès au crédit, principalement grâce à de nouveaux prêteurs tirant parti des technologies financières.
- Part du crédit et de la finance détenue par les institutions non bancaires : 43 % durant la crise de 2008 à près de 50 % en 2023.
- Définition clé : les institutions financières non bancaires ne reçoivent pas de dépôts du public et/ou n’ont pas de comptes auprès de la banque centrale, et ne bénéficient donc pas des dispositifs de sécurité tels que les garanties des dépôts ou les concours de liquidités accordés aux banques.
Grandes tendances qui soutiennent la croissance non bancaire
- Nouvelles sources de financement public : les acquéreurs non bancaires d’obligations, y compris des bons du Trésor américain, apportent un complément de liquidités, contribuant à maintenir les taux d’intérêt nationaux à un faible niveau.
- Technologies et market making : aux États-Unis, des sociétés comme Citadel Securities et Jane Street Capital ont développé des modèles algorithmiques à fréquence élevée exploitant les nouvelles technologies.
- Accès accru des moyennes entreprises au crédit : les fonds privés de crédit financent des entreprises jugées trop risquées pour les banques mais sans accès au marché obligataire; ces fonds sont souvent gérés par des structures de capital-investissement et financés par des assureurs, des fonds de pension, des fonds souverains ou des fondations.
- Offre élargie pour particuliers et petites entreprises : variations des montants et des échéances — prêts automobiles à plus long terme, ventes à crédit (aux États-Unis ne dépassent pas en moyenne 142 dollars), prêts mobiles de montants plus faibles dans des pays tels que le Kenya; rôle des prêteurs fintech et des paiements mobiles dans les pays émergents et en développement.
- Diversification des investisseurs : la part des fonds indiciels dans les actifs sous mandat aux États-Unis est passée de 19 % en 2010 à 48 % en 2023; nouveaux types d’actifs (immobilier commercial, métaux précieux) accessibles à un plus grand nombre d’investisseurs.
- Effet stabilisant possible de l’investissement passif : certains fonds achètent de manière prévisible plus d’actions qui baissent et vendent celles qui s’apprécient pour maintenir l’allocation promise aux investisseurs ultimes, contribuant à stabiliser les marchés.
Quels sont les risques ?
- Scénario classique de « panique (non) bancaire » :
- Les fonds à capital ouvert et les fonds communs de placement du marché monétaire placent à long terme et promettent des retraits à tout moment.
- Exemple : lors du « dash for cash » au début de la pandémie de COVID, ces fonds se sont retrouvés à court de liquidités et ont dû faire appel aux banques centrales, y compris à la Réserve fédérale.
- Conséquence : les pouvoirs publics ont assumé des risques en faveur de ces institutions non bancaires.
- Scénario de « contagion des appels de marge » :
- Certains fonds de couverture ou gestionnaires de grandes fortunes empruntent des sommes considérables avec très peu de garanties.
- En période de tensions, les pourvoyeurs exigent davantage de garanties, aggravant les risques et déclenchant des ventes forcées.
- Exemple : l’effondrement d’Archegos Capital Management en 2021 a entraîné des pertes et affecté de grandes banques mondiales.
- Transmission de risques :
- Les institutions non bancaires empruntent lourdement auprès des banques et autres acteurs ; des conditions de déclaration peu contraignantes réduisent la visibilité des risques pour la stabilité macrofinancière.
Protéger le public — observations et recommandations
- Obtenir plus de données et de meilleure qualité :
- Les données sur les transactions, même lorsqu’elles ne peuvent pas être rendues publiques pour des raisons de concurrence, devraient être mises à la disposition des régulateurs et partagées entre pays.
- Le groupe de travail sur les données non bancaires du Conseil de stabilité financière contribue à renforcer la visibilité.
- Utiliser les données pour mieux analyser les risques :
- Cartographier les liens entre banques et institutions non bancaires, et entre institutions non bancaires elles-mêmes.
- Mettre à profit la technologie et de nouveaux modèles pour appréhender les risques financiers mondiaux (ex. : System-Wide Exploratory Scenario de la Banque d’Angleterre, lancé en 2023; récents travaux du FMI sur les risques systémiques dans la zone euro).
- Analyser les risques pour renforcer la supervision :
- Une meilleure compréhension des risques permet aux régulateurs nationaux et internationaux de détecter plus rapidement les vulnérabilités et d’intervenir pour réduire la sensibilité du système financier mondial aux chocs.
- Objectif réglementaire :
- Mieux comprendre et rapprocher la réglementation du secteur non bancaire afin de réduire les risques tout en préservant l’accès des ménages, des entreprises et des administrations publiques aux services financiers.
Conclusion
- Les institutions non bancaires forment un groupe hétérogène dont la taille et l’influence ont fortement augmenté depuis 2008.
- Il est nécessaire d’améliorer la compréhension de leurs activités et d’adapter la réglementation pour réduire les risques tout en conservant les bénéfices de l’innovation non bancaire pour l’accès au crédit et la diversité des services financiers.
Source : Explication : Cinq grandes tendances qui animent l’essor de la finance non bancaire, Jay Surti, le 3 octobre 2025.