Des vulnérabilités du secteur financier non bancaire surgissent dans un contexte de durcissement des conditions financières
IMF Blog, April 4, 2023
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- Des vulnérabilités du secteur financier non bancaire surgissent dans un contexte de durcissement des conditions financières
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Bibliographic details
- Authors: Antonio Garcia Pascual, Fabio Natalucci, Thomas Piontek
- Published: April 4, 2023
Contexte et importance
- Publication : le 4 avril 2023
- Auteurs : Antonio Garcia Pascual, Fabio Natalucci, Thomas Piontek
- Rôle des IFNB : les intermédiaires financiers non bancaires (IFNB), y compris les fonds de pension, les sociétés d’assurance et les fonds spéculatifs, jouent un rôle majeur en offrant des services financiers et un accès au crédit soutenant la croissance économique.
- Taille du secteur : le secteur des IFNB représente aujourd’hui près de 50 % des actifs financiers mondiaux.
- Contexte macro : resserrement continu de la politique monétaire destiné à lutter contre l’inflation élevée ; arbitrages pour les banques centrales entre stabilité financière et stabilité des prix.
Vulnérabilités identifiées
- Accroissement des vulnérabilités au cours de la dernière décennie, amplifiées par une période prolongée de taux d’intérêt bas, de volatilité comprimée et de liquidités abondantes.
- Facteurs de risque spécifiques :
- Fort taux d’endettement : recours à l’emprunt pour financer les investissements ou augmenter les rendements.
- Utilisation d’instruments financiers : recours aux produits dérivés.
- Asymétries de liquidités : incapacité à générer suffisamment de liquidités par liquidation d’actifs (obligations, actions) ou utilisation de lignes de crédit pour répondre aux demandes de rachat.
- Interconnexion élevée entre IFNB et banques traditionnelles, pouvant amplifier les tensions.
- Cas illustratif : crise au Royaume‑Uni impliquant des fonds de pension et des stratégies guidées par le passif — hausse des rendements des obligations souveraines britanniques → pertes pour les fonds de pension à prestations définies qui avaient emprunté en s’appuyant sur ces garanties → appels de marge et de garantie → ventes d’obligations d’État entraînant une nouvelle hausse des rendements.
Implications pour la politique et la supervision
- Priorités pour les décideurs :
- Renforcer la surveillance, la réglementation et la supervision du secteur des IFNB.
- Combler ou éliminer les lacunes dans la communication réglementaire de données clés, notamment sur le niveau de risque lié aux emprunts et à l’utilisation de produits dérivés.
- Permettre aux IFNB d’améliorer la gestion des risques via la divulgation en temps utile de données publiques granulaires et le respect d’obligations de gouvernance.
- Mettre en place des normes prudentielles adéquates pour le secteur privé : exigences en matière de fonds propres et de liquidités, contrôles plus stricts et moyens accrus de supervision.
- Objectif : limiter les circonstances et les incitations à une prise de risque excessive pour réduire la fréquence et l’ampleur des interventions des banques centrales en faveur de la liquidité.
Modalités d’intervention des banques centrales en cas de tensions
- Trois manières d’intervenir :
- Opérations discrétionnaires à l’échelle du marché : temporaires, limitées aux segments du secteur des IFNB posant des risques pour la stabilité financière, déclenchées sur la base d’indicateurs fondés sur des données et encadrées par un dispositif de déclenchement tout en laissant aux dirigeants la décision finale.
- Intervention en qualité de prêteur de dernier ressort : possible pour un établissement non bancaire d’importance systémique confronté à des difficultés ; décision discrétionnaire, prêts entièrement garantis, à un taux d’intérêt plus élevé et soumis à une surveillance accrue, avec un calendrier précis pour rétablir la liquidité et revenir au financement de marché.
- Accès à des facilités de prêt permanentes : accordable à des IFNB spécifiques pour limiter les retombées systémiques, mais critères d’accès très stricts pour éviter l’aléa moral ; conditionné à l’existence de réglementations et de contrôles appropriés pour les différents types d’IFNB.
- Communication : nécessité d’une communication claire précisant l’objectif de stabilité financière, les paramètres et le calendrier de l’intervention afin d’éviter toute confusion avec la politique monétaire (ex. achat d’actifs pour la stabilité financière simultanément à un resserrement quantitatif).
Coordination et mesures internationales
- Nécessité d’une coopération étroite entre décideurs nationaux et de coordination internationale des autorités pour améliorer l’identification des risques et la gestion des crises.
- Coordination des réformes internationales : permet de réduire les retombées transfrontalières négatives, le chevauchement réglementaire et la fragmentation des marchés.
- Urgence : développement d’outils facilitant l’accès aux liquidités des banques centrales et de garde-fous limitant le recours à ces liquidités, au regard de la croissance et des capacités d’intermédiation du secteur des IFNB et du resserrement continu de la politique monétaire.
Source : Des vulnérabilités du secteur financier non bancaire surgissent dans un contexte de durcissement des conditions financières, le 4 avril 2023.