La dynamique de l’intégration commerciale
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- La dynamique de l’intégration commerciale
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- Authors: Jihad Azour, ABEBE AEMRO SELASSIE
- Published: September 29, 2023
Contexte et objectif
- L’Afrique s’est engagée vers une intégration commerciale accrue via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
- La ZLECAf a été lancée en janvier 2021.
- Les auteurs soulignent que cette initiative vise à lever les barrières aux échanges et à créer un paysage commercial unifié à travers l’Afrique.
- Exemple régional : au cours des 20 ans passés, la croissance des exportations au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est a été « multipliée par plus de huit » et a dépassé le taux de croissance des exportations vers le reste du monde.
Principaux résultats projetés et gains potentiels
- Augmentation médiane des échanges de marchandises à l’intérieur de l’Afrique : 53 percent.
- Croissance des échanges avec le reste du monde à long terme : 15 percent, une fois les réformes pleinement appliquées.
- Effet sur le revenu médian : le PIB réel par habitant du pays africain médian augmenterait de plus de 10 percent.
- Réduction de l’extrême pauvreté : 30 à 50 millions de personnes sortiraient de l’extrême pauvreté.
- Exportations de services : une infrastructure commerciale plus solide et un meilleur accès au financement stimuleraient les exportations de services d’environ 50 percent.
- Observations sectorielles : le commerce régional est plus diversifié que le commerce vers l’extérieur ; le continent reste toutefois fortement axé sur les produits de base.
Principaux obstacles et défis identifiés
- Barrières tarifaires et non tarifaires :
- Droits à l’importation en Afrique : 6 percent en moyenne.
- Les mesures non tarifaires représentent l’équivalent d’un droit à l’importation de 18 percent.
- Infrastructures et logistique :
- Systèmes de transport inadéquats, accès restreint à une énergie fiable, déficiences logistiques.
- Environnement commercial :
- Procédures douanières inefficaces, disparités réglementaires et besoin de normalisation et d’harmonisation.
- Fracture numérique :
- Limites de l’infrastructure numérique et accès insuffisant à des services Internet abordables, freinant le commerce transfrontalier et électronique.
- Accès au financement pour les entreprises, en particulier les PME :
- Prix moyen d’une lettre de crédit dans les pays d’Afrique de l’Ouest : 2 à 4 percent de la valeur de la transaction.
- Comparaison : 0,25 à 0,5 percent dans les pays avancés.
- Financement public et viabilité de la dette :
- Les pays africains sont déjà très endettés ; la pandémie de COVID-19 et la guerre menée par la Russie en Ukraine ont aggravé la situation (inflation et durcissement des politiques monétaires au niveau mondial).
- Capital humain et protection sociale :
- Nécessité d’investir dans l’enseignement, le développement des compétences, et de renforcer les dispositifs de protection sociale ciblant les plus vulnérables de manière efficace et durable sur le plan budgétaire.
Politiques et réformes recommandées
- Réduire les obstacles tarifaires et non tarifaires et accompagner ces réductions par des réformes pour améliorer l’environnement commercial (infrastructures, accès au financement, procédures douanières).
- Investissements massifs dans les infrastructures physiques (transport, énergie, logistique) pour renforcer les liens régionaux et faciliter les flux commerciaux.
- Simplifier les démarches numériques, normaliser les procédures douanières et les certifications de produits, harmoniser les cadres réglementaires.
- Investir dans la connectivité et le numérique pour combler la fracture numérique et tirer parti du commerce numérique.
- Promouvoir l’inclusion financière et mettre à disposition des options de crédit abordables pour les entreprises, notamment les PME.
- Renforcer l’enseignement et le développement des compétences, y compris des programmes de formation ciblés pour les compétences numériques.
- Mettre en place de solides mesures de protection sociale pour protéger les groupes vulnérables pendant la transition vers une croissance plus forte.
- Trouver un équilibre entre investissements en infrastructures et prudence dans la gestion de la dette pour en assurer la viabilité.
- Favoriser un climat des affaires attractif par des politiques judicieuses, une gouvernance efficace et une bureaucratie moindre.
- Encourager des partenariats avec la communauté internationale et le secteur privé pour mobiliser des recettes pour les projets d’infrastructure.
Opportunités structurelles et effets à long terme
- Diversification et industrialisation :
- La ZLECAf faciliterait l’accès aux chaînes de valeur régionales et mondiales et aiderait la diversification économique et l’industrialisation.
- Exemple : délocalisation de la fabrication de textiles par des détaillants sud-africains vers des pays voisins.
- Transition numérique :
- Le passage au numérique peut réduire les coûts des échanges commerciaux (rationalisation des procédures douanières, facilitation des paiements transfrontaliers).
- Technologies citées : systèmes électroniques de suivi des cargaisons et de paiement en nuage.
- Résilience économique :
- Diversification des destinations d’exportation et meilleure intégration régionale renforceraient la résilience face aux chocs externes.
- Bénéfices mondiaux :
- L’intégration commerciale africaine favoriserait le commerce et les économies au-delà du continent.
JIHAD AZOUR et ABEBE AEMRO SELASSIE, Finances & Développement, Septembre 2023.