Libérer le potentiel de la fintech au Moyen-Orient
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- Libérer le potentiel de la fintech au Moyen-Orient
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- Authors: Amjad Ahmad
- Published: September 29, 2023
Contexte et potentiel
- La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) combine une population jeune, instruite et en expansion, avec des taux de pénétration de la téléphonie mobile, de l’Internet et des téléphones intelligents « parmi les plus élevés au monde ».
- Un tiers de la population a moins de 30 ans et « une cohorte extrêmement nombreuse entrera dans l’âge adulte dans les 10 prochaines années ».
- La fintech peut améliorer l’inclusion financière, moteur de croissance économique et levier pour la diversification et la création d’emplois.
- L’adoption massive des technologies mobiles et l’accélération des paiements dématérialisés pendant la pandémie de COVID-19 montrent une demande croissante pour les produits financiers numériques.
Adoption et chiffres de marché
- Aux Émirats arabes unis, les paiements dématérialisés (dont les paiements sans carte) ont augmenté de 39 % en 2018 à 73 % en 2023.
- Seulement 17 % des consommateurs moyen-orientaux utilisent les services bancaires numériques, contre « presque 60 % des consommateurs aux États-Unis ».
- Les recettes de la fintech dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord et Pakistan devraient passer de 1,5 milliard de dollars en 2022 à 3,5–4,5 milliards de dollars en 2025.
- Progression attendue de la part de la fintech dans le secteur bancaire : de « moins de 1 % » à 2 %, « voire 2,5 % ».
- Certains pays pourraient atteindre des niveaux comparables à d’autres marchés émergents : Brésil (5–7 %) ou Nigéria (12–15 %).
Obstacles structurels et institutionnels
- Domaine réservé : le secteur financier est largement détenu par l’État, des organismes parapublics ou des élites, et des régimes réglementaires protecteurs favorisent les acteurs en place.
- Conséquence : la plupart des jeunes pousses de la fintech sont prestataires de services pour les institutions établies plutôt que des concurrents directs.
- Centres concurrents : émergence d’écosystèmes fintech concurrents à Abou Dabi, Bahreïn, Dubaï et Riyad, mais approche descendante pilotée par l’État peut limiter la création d’acteurs compétitifs au niveau mondial.
- Extensibilité limitée : fragmentation régionale et coûts réglementaires élevés rendent difficile la création de start-ups fintech paneuropéennes compétitives ; peu d’acteurs panrégionaux existent.
Tendances d’investissement et financement
- Le financement du capital-risque lié à la fintech au Moyen-Orient et en Afrique du Nord est passé de 587 millions de dollars en 2021 à 925 millions de dollars en 2022, soit une hausse de 58 %.
- Nombre d’opérations : 131 en 2022 contre 124 en 2021.
- La part de la fintech dans le financement du capital-risque est passée de 21 % en 2021 à 29 % en 2022.
- La première vague d’investissement a majoritairement ciblé les start-ups de paiement ; la seconde vague a financé une diversité de modèles (achat immédiat avec paiement différé, open banking, prêts aux PME, gestion de patrimoine).
- Signes de fragilité : au premier trimestre de 2023, opérations et financements ont affiché « leurs plus faibles niveaux depuis le début de la pandémie de COVID-19 ».
- Référence de trajectoire non atteinte : le rapport du Milken Institute (2019) prévoyait que d’ici 2022, 465 entreprises moyen-orientales de la fintech lèveraient plus de 2 milliards de dollars; en 2017, seulement 30 start-ups avaient obtenu près de 80 millions de dollars.
- Déclin en 2023 : « le financement par le capital-risque a reculé de 13 % en 2023 ; le nombre d’opérations a chuté de 55 % ».
Rôle des technologies émergentes
- L’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) réduit les barrières technologiques et de coût pour les start-ups fintech, notamment pour l’analyse de jeux de données complexes et la précision requise dans les services financiers.
- L’IA uniformise davantage les règles du jeu pour les jeunes entreprises numériques, en particulier celles qui ont besoin d’analyses sophistiquées.
Recommandations politiques clés
- Établir des règles du jeu équitables pour les entreprises existantes, les acteurs internationaux et les start-ups afin de stimuler la concurrence, l’innovation et les fusions–acquisitions nationales et internationales.
- Harmoniser les réglementations entre pays et plateformes régionales pour faciliter le déploiement géographique et permettre aux acteurs agréés dans un pays d’exercer librement dans un autre.
- Démocratiser l’accès à l’information : promouvoir la réglementation des services bancaires ouverts et la création de registres de crédit globaux recensant les emprunteurs potentiels pour abaisser les coûts et stimuler la concurrence.
- Élargir la base d’investisseurs dans le capital-risque local : développer une réserve de commanditaires locale, active et diversifiée (fonds de pensions, fonds de dotation, fondations, compagnies d’assurances, gestionnaires de patrimoine) et utiliser des programmes de garanties et d’incitations pour attirer ces investisseurs.
- Prioriser le capital humain et la politique migratoire :
- Réformer massivement le système éducatif pour aligner les compétences sur les besoins des industries de la connaissance.
- Lancer des initiatives de perfectionnement de la main-d’œuvre via des partenariats public–privé, des programmes ciblés et des incitations pour le secteur privé.
- Mettre en place des programmes de visas permanents à long terme et instaurer un accès à la citoyenneté, en particulier pour les personnels expatriés très qualifiés déjà installés dans la région.
- Souligner que la nécessaire atténuation des risques et la protection des consommateurs ne doivent pas inhiber l’innovation : permettre aux entreprises de démarrer sans réglementation excessive à leurs débuts favorisera l’innovation.
Libérer le potentiel de la fintech au Moyen-Orient — Amjad Ahmad, Septembre 2023.
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