Note sur le Programme
Liban
Dernière mise à jour : le 6 juin 2009
Programme appuyé par le FMI :
37,6 millions de dollars EU au titre de l’aide d'urgence aux pays émergeant d'un conflit, approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 19 novembre 2008.
Informations générales
Sur papier, l’économie libanaise semble très vulnérable, mais elle conserve néanmoins une capacité surprenante à surmonter les crises. Le ratio dette publique/PIB (160 %) reste l’un des plus élevés au monde, son vaste système bancaire (avec des actifs trois fois supérieurs au PIB) est excessivement exposé à l’État et tributaire des dépôts des non-résidents, alors que le pays se situe au carrefour de tensions politiques régionales.
Étant donné les grands déséquilibres entre les monnaies de dénomination des actifs et des passifs dans les secteurs public et privé, le maintien du rattachement de la livre libanaise au dollar EU est essentiel pour préserver la stabilité financière. Malgré tout, l’économie libanaise a résisté de manière remarquable aux chocs économiques. Toutefois, cette solidité ne peut être considérée comme allant de soi. Après l’invasion israélienne en 2006, la communauté internationale a donc convenu de soutenir un programme ambitieux de reconstruction et de stabilisation macroéconomique au Liban.
Rôle du FMI
À la suite de l’invasion de 2006, les autorités ont établi, avec l’appui de la communauté internationale, un vaste programme de réforme économique (Paris III), dont les objectifs étaient les suivants :
- ajustement budgétaire, mesures structurelles complémentaires et privatisation pour s’attaquer au surendettement élevé et redynamiser l’économie;
- réformes sociales pour faire reculer la pauvreté, réduction des inégalités de revenu régionales, et amélioration des indicateurs d’éducation et de santé.
Le FMI a soutenu ce programme en 2007 par le biais d’un suivi trimestriel et d’un premier tirage au titre de l’aide d'urgence aux pays sortant d'un conflit. Les conflits politiques internes ont interrompu la mise en œuvre de Paris III. Pour préserver la stabilité économique et financière, le FMI a soutenu en 2008 les autorités à l’aide d’un deuxième tirage au titre de l’aide d'urgence aux pays sortant d’un conflit.
Progrès accomplis
Le programme a donné de très bons résultats. Depuis 2006, le ratio dette/PIB a baissé de près de 20 points de pourcentage. La croissance du PIB réel a dépassé 8 % en 2008, sous l’effet d’une politique économique prudente et d’une amélioration de la situation politique et sécuritaire après l’accord de Doha de mai 2008. Jusqu’à présent, le système financer libanais a résisté à la crise financière mondiale. Les apports de dépôts, essentiels pour le financement des déficits budgétaires élevés, se sont poursuivis à un rythme rapide. La dollarisation des dépôts diminue progressivement. Le rattachement de la monnaie n’est pas mis sous pression et la banque centrale a continué d’accumuler rapidement des réserves de change.
Défis à relever
À court terme, la récession mondiale et les tensions sur les marchés de capitaux internationaux vont peser sur les perspectives économiques et financières. Cette année, la croissance économique devrait ralentir à 4 % et la croissance des dépôts pourrait chuter de plus de 15 % alors qu’en 2008, la chute n’a été que de 10 %. Les principaux risques pesant sur les perspectives tiennent à la confluence éventuelle de l’incertitude politique nationale, de l’instabilité régionale et d’une nouvelle dégradation de la conjoncture économique mondiale et régionale, qui pourrait de nouveau mettre à l’épreuve la résistance du pays sur le plan budgétaire et financier.
Après les élections législatives de juin 2009 et la formation d’un nouveau gouvernement, il sera essentiel de continuer d’appliquer Paris III pour réduire la vulnérabilité du Liban, qui reste élevée. Parmi les principaux objectifs de ce programme figure une nouvelle réduction de la dette publique, principalement grâce à une augmentation de la TVA, l’assainissement de la compagnie publique d’électricité (qui est déficitaire) et la privatisation des deux opérateurs de téléphonie portable. La politique monétaire devra continuer d’avoir pour objectifs de préserver le rattachement de la monnaie et d’accumuler des réserves de change supplémentaires.
