Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2011 au titre de l’article IV avec le Canada

Note d’information au public (NIP) n° 11/160
Le 22 décembre 2011

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement. Le rapport des services du FMI relatif aux consultations de 2011 au titre de l’article IV avec le Canada est disponible également (veuillez utiliser le logiciel gratuit Adobe Acrobat Reader pour lire ce fichier PDF).

Le 19 décembre 2011, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec le Canada1.

Informations générales

Grâce à la riposte décisive des autorités, à la résilience du secteur financier et au niveau élevé des prix des produits de base, la croissance économique a été bien supérieure à son potentiel en 2010 et au début de 2011, et le produit intérieur brut (PIB) a retrouvé son niveau d'avant la crise au second semestre de 2010. L'expansion s'est arrêtée au deuxième trimestre de 2011, en partie à cause de facteurs temporaires et d'une conjoncture extérieure défavorable, mais les indicateurs font état d'un redressement au troisième trimestre de l'année. La demande intérieure reste le moteur de la croissance. Les dépenses publiques et la consommation privée ont ralenti, mais l'investissement des entreprises est resté dynamique grâce au faible coût du financement, à la baisse des prix des importations de biens d'équipement et aux prix élevés des produits de base. Le chômage a diminué régulièrement après avoir atteint un sommet en 2009, mais il demeure supérieur à son niveau d'avant la crise.

Le solde des transactions extérieures courantes s'est détérioré nettement ces dernières années, en raison de la crise et d'une perte de compétitivité extérieure au cours des 10 dernières années : le déficit courant s'est établi à 3 % du PIB en 2009-10. Les exportations d'automobiles, de machines et de bois ont été particulièrement touchées par l'effondrement de la demande américaine, la vigueur du dollar canadien et la concurrence des pays émergents. La faiblesse du secteur exportateur a freiné aussi le redressement de l'emploi dans le secteur privé, en particulier dans l'industrie manufacturière, où l'emploi reste inférieur de 10 % à son niveau de 2008.

La croissance économique devrait être modérée à court terme, l'instabilité de la conjoncture extérieure étant la source d'une incertitude considérable. Les taux d'intérêt restent faibles, mais la croissance de la consommation privée et de l'investissement immobilier devrait être relativement modérée, compte tenu de l'endettement élevé des ménages et des mesures prises pour freiner la croissance du crédit hypothécaire. Étant donné la faiblesse des exportations nettes et l'ajustement budgétaire en cours, il est prévu que l'investissement des entreprises jouera un rôle essentiel pour soutenir la croissance. Les menaces extérieures, notamment de nouvelles turbulences en provenance d'Europe et leurs répercussions sur les marchés financiers mondiaux, constituent la principale source de risque. Sur le plan national, l'endettement élevé des ménages, conjugué aux prix élevés de l'immobilier, constitue la principale source de vulnérabilité.

La politique monétaire reste très accommodante, étant donné le sous-emploi des capacités de production et la bonne gestion des anticipations inflationnistes. Le taux directeur est exceptionnellement bas : l'objectif du taux au jour le jour est maintenu à 1 % depuis septembre 2010 et aucun relèvement n'est prévu à court terme, étant donné que l'inflation hors alimentation et énergie est demeurée voisine de l'objectif fixé, que les anticipations inflationnistes sont bien ancrées et que les risques extérieurs sont élevés.

Le rééquilibrage du budget est maintenant engagé, et le gouvernement fédéral montre la voie à suivre. Les autorités envisagent un retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2015–16 grâce à l'exécution d'un plan ambitieux qui prévoit de ramener le ratio des dépenses au PIB à leur niveau d'avant la crise, tout en restant souple face à l'évolution des perspectives économiques.

Le secteur des entreprises et le secteur financier continuent de bien résister aux récentes turbulences sur les marchés financiers internationaux, ce qui témoigne aussi de la solidité du contrôle et de la réglementation. En dépit d'un resserrement récent, la situation du marché du crédit reste très favorable, et les entreprises et les banques tirent parti d'un coût de financement qui se situe bien en deçà des moyennes historiques. Les indicateurs de solidité financière des banques sont solides : les risques à court terme tiennent principalement aux répercussions éventuelles des turbulences sur les marchés européens.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs saluent le caractère exemplaire de la gestion macroéconomique et du contrôle du secteur financier des autorités, qui ont permis au Canada de bien surmonter la crise mondiale. Ils notent que le rythme de la reprise a ralenti, après un rebond vigoureux en 2010. Les perspectives à moyen terme du Canada restent dans l'ensemble favorables, mais les risques de dégradation à court terme sont élevés en raison des turbulences sur les marchés financiers en Europe et de la hausse de l'endettement des ménages. En conséquence, les responsables de la politique économique doivent continuer de faire preuve de souplesse et de pragmatisme pendant la période à venir.

Les administrateurs souscrivent à la politique monétaire menée par la Banque du Canada. Étant donné le sous-emploi des capacités de production et le fait que l'inflation hors alimentation et énergie et les anticipations inflationnistes se situent largement dans la fourchette retenue comme objectif, ils conviennent que la politique monétaire doit continuer d'être accommodante à l'heure actuelle. La plupart des administrateurs sont d'avis qu'il est possible d'assouplir davantage la politique monétaire si l'économie s'affaiblit. Les administrateurs notent avec satisfaction que la Banque du Canada est prête à réagir rapidement face à des problèmes de liquidités si les turbulences financières en Europe s'aggravent.

Les administrateurs souscrivent au fait que les autorités ont l'intention de retirer progressivement l'impulsion budgétaire et d'en revenir à l'équilibre budgétaire à moyen terme. Ils soulignent que les gouvernements provinciaux doivent aussi procéder au rééquilibrage de leurs budgets. La plupart des administrateurs conviennent que, dans le cadre des plans de rééquilibrage à moyen terme, il est possible de soutenir l'activité par la voie budgétaire si les perspectives économiques se détériorent, étant donné le faible niveau de la dette publique nette.

Les administrateurs notent avec satisfaction que les autorités ont adopté des mesures macroprudentielles pour freiner l'augmentation de la dette hypothécaire. Comme l'endettement des ménages se situe à un niveau record et qu'il ressort de divers indicateurs que les prix du logement sont supérieurs au niveau correspondant aux paramètres fondamentaux dans certaines régions, les administrateurs recommandent de rester vigilants dans ce domaine. Il sera particulièrement important de renforcer le contrôle de la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Les administrateurs notent avec satisfaction que les autorités sont disposées à prendre des mesures supplémentaires si les prix et l'endettement des ménages continuent à augmenter.

Les administrateurs saluent la solidité de la réglementation et du contrôle du secteur financier au Canada, grâce à laquelle le secteur bancaire est stable et résilient : il a bien résisté à la crise financière internationale et reste bien préparé pour faire face à la plupart des scénarios défavorables. Néanmoins, les administrateurs recommandent de continuer de surveiller de près les risques de contagion et les risques liés à une période prolongée de taux d'intérêt mondiaux exceptionnellement faibles. Les administrateurs saluent le rôle mobilisateur joué par le Canada dans la mise en oeuvre du programme de réforme financière internationale, ainsi que ses contributions précieuses à l'établissement de nouvelles normes réglementaires mondiales.

Les administrateurs attirent l'attention sur une perte progressive de compétitivité extérieure au fil des ans et sur l'importance d'inverser cette tendance, notamment en améliorant le climat des affaires et en rehaussant la productivité. Les administrateurs soulignent aussi qu'il faut s'employer de manière concertée à freiner la hausse des coûts des soins de santé liée au vieillissement de la population. L'examen à venir des transferts du gouvernement fédéral aux provinces offre une occasion de s'attaquer à cette question.


Canada: principaux indicateurs économiques 1/
 
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)
            Proj. Proj.

 

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
 

PIB réel

2,8 2,2 0,7 -2,8 3,2 2,2 1,9

Exportations nettes 2/

-1,4 -1,5 -2,1 0,2 -2,1 -1,3 -0,2

Demande intérieure totale

4,4 3,9 2,8 -2,8 5,2 3,6 2,1

Demande intérieure finale

4,6 4,0 3,0 -2,1 4,5 2,9 1,8

Consommation privée

4,2 4,6 3,0 0,4 3,3 1,9 1,6

Consommation publique

3,0 2,7 4,4 3,6 2,4 0,8 -0,2

Investissement intérieur fixe privé

7,1 3,1 1,2 -16,6 8,4 9,3 5,3

Taux d’investissement privé (en % du PIB)

20,5 20,7 20,8 17,9 18,8 20,1 20,7

Investissement public

6,8 6,5 7,7 8,8 17,9 0,6 -2,5

Variation des stocks 2/

-0,2 -0,1 -0,2 -0,8 0,6 0,5 0,4

PIB (prix courants)

5,6 5,5 4,8 -4,6 6,3 5,3 3,9

Emploi et inflation

 

 

 

 

 

 

 

Taux de chômage

6,3 6,1 6,2 8,3 8,0 7,4 7,2

Indice des prix à la consommation

2,0 2,1 2,4 0,3 1,8 2,9 2,0

Déflateur du PIB

2,7 3,2 4,1 -1,9 2,9 3,0 1,9

Taux de change (moyenne pour la période)

 

 

 

 

 

 

 

Cents américains/dollar canadien

88,2 93,1 93,7 87,5 97,1 ,, ,,

Variation en pourcentage

6,4 5,3 0,7 -7,1 9,9 ,, ,,

Taux de change effectif nominal

6,7 3,7 -0,9 -5,2 10,5 ,, ,,

Taux de change effectif réel

9,3 6,4 -2,3 -7,8 7,9 ,, ,,

Indicateurs de politique financière (sur la base des comptes nationaux, en % du PIB)

 

 

 

Solde budgétaire fédéral

0,8 1,0 0,2 -2,2 -2,6 -1,9 -1,5

Solde budgétaire des provinces 3/

0,0 -0,4 -1,0 -3,5 -3,5 -3,5 -3,1

Solde budgétaire des administrations publiques

1,6 1,6 0,1 -4,9 -5,6 -4,8 -4,0

Bons du Trésor à trois mois

4,0 4,2 2,4 0,4 0,6 0,9 1,0

Rendement des obligations d’État à dix ans

4,2 4,3 3,6 3,2 3,2 2,8 2,5

Balance des paiements

 

 

 

 

 

 

 

Solde extérieur courant (en % du PIB)

1,4 0,8 0,3 -3,0 -3,1 -3,5 -3,8

Balance commerciale (en % du PIB)

3,4 3,1 2,8 -0,3 -0,6 -0,7 -1,0

Exportations en volume

0,8 1,3 -5,3 -15,0 6,9 3,3 3,7

Importations en volume

5,1 5,5 1,3 -14,9 13,9 7,5 4,6

Balance des invisibles (en % du PIB)

-2,0 -2,3 -2,5 -2,6 -2,6 -2,8 -2,8

Épargne et investissement (en % du PIB)

 

 

 

 

 

 

 

Épargne nationale brute

24,4 24,1 23,6 17,9 19,1 19,9 20,4

Administrations publiques

4,6 4,5 2,9 -0,9 -1,2 -0,6 0,1

Privée

19,8 19,6 20,7 18,8 20,3 20,4 20,3

Ménages

5,0 4,6 5,4 6,2 6,2 5,5 5,1

Entreprises

14,9 14,5 15,1 12,1 13,4 14,9 15,3

Investissement intérieur brut

23,0 23,2 23,2 20,9 22,2 23,4 24,1
 

Sources : Statistique Canada, et estimations des services du FMI.

1/ Données disponibles au 15 novembre 2011.

2/ Contribution à la croissance.

3/ Comprend les administrations locales et les hôpitaux.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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