Déclaration d’une mission des services du FMI au terme d’une visite en République Centrafricaine

Communiqué de presse n° 09/342
1 Octobre, 2009

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par M. Martin Petri a séjourné en République Centrafricaine du 17 septembre au 1 octobre 2009. Cette mission avait pour objectif de mener des négociations au titre de la cinquième revue du programme économique du pays appuyé par la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) et de procéder aux consultations de 2009 au titre de l’Article IV.1

La mission a été reçue en audience par Son Excellence François Bozizé, Président de la République, et le Premier ministre, Faustin Archange Touadéra. Elle a aussi rencontré le Ministre des Finances et du Budget, Albert Besse ; le Ministre délégué chargé de la mobilisation des ressources, Abdalla Kadre ; le Ministre délégué chargé de l’Énergie et de l’Hydraulique, Jean-Chrysostome Mekondongo ; le Directeur national de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), Camille Kelefio ; le Président de la Commission économique et financière de l’Assemblée nationale, Eric Sorongope, représentant le Président de l’Assemblée nationale, Célestin Gaombalet ; et d’autres ministres et hauts responsables du gouvernement et de la BEAC, ainsi que des représentants du secteur privé et de la communauté des bailleurs de fonds.

Au terme de la visite, M. Petri a fait la déclaration suivante:

« L’activité économique a ralenti en 2009 sous l’effet des chocs endogènes et exogènes. La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait se situer à 2 %, contre 2,2 % en 2008. L’inflation moyenne est tombée à 8,8 % en juillet 2009 après avoir atteint 9,3 % en 2008. Le déficit du compte courant extérieur se réduirait quelque peu pour atteindre 9 % du PIB du fait de la réduction du volume des importations et de l’amélioration des termes de l’échange (imputable à la baisse des prix du pétrole sur le marché international et au redressement des prix du diamant). Les résultats budgétaires pour le premier semestre de l’année ont été encourageants. Les recettes intérieures ont augmenté par rapport au PIB et la gestion des dépenses a été prudente. Par conséquent, un excédent budgétaire primaire intérieur a été enregistré. Des progrès ont été aussi notés dans la mise en œuvre des réformes structurelles. L’application du mécanisme d’ajustement automatique des prix des produits pétroliers est indispensable pour générer des revenus stables permettant de financer les services de l’Etat et les dépenses affectées à la lutte contre la pauvreté. La gestion budgétaire s’est améliorée avec le renforcement de l’administration des recettes et de la gestion des finances publiques.

« Les consultations au titre de l’Article IV ont principalement porté sur (i) l’examen des sources de la croissance économique à long terme ; (ii) la suppression des contraintes à l’accès du secteur privé au crédit bancaire ; (iii) les réformes visant à améliorer le ratio Impôts/PIB au fil du temps ; et (iv) une politique budgétaire à même de contribuer à la viabilité des finances publiques à long terme.

« En juin 2009, la République Centrafricaine a atteint le point d’achèvement de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés. Elle devrait ainsi bénéficier d’un allègement de la dette de quelque 741 millions de dollars EU en termes de valeur actualisée nette (VAN) après la signature des accords avec les créanciers. Les créanciers multilatéraux ont déjà accordé un allègement irrévocable de la dette de 525 millions de dollars EU en termes de VAN.

« Cependant, le ralentissement de la croissance mondiale continue d’assombrir les perspectives économiques à court terme. La croissance en 2010 devrait se redresser à 3½ % tandis que l’inflation moyenne devrait reculer à 3 %. Le déficit du compte courant extérieur pourrait, éventuellement, se modérer en raison d’un plus grand afflux de l’aide et d’une meilleure tenue des exportations.

« Le programme économique et financier 2009/2010 appuyé par la FRPC vise à soutenir la demande intérieure à travers le programme de dépense du gouvernement. Le programme intègre également les dépenses liées aux élections de 2010 et au processus de paix conformément aux recommandations du dialogue politique inclusif de décembre 2008, essentiellement sur financement extérieur. Un appui supplémentaire des bailleurs de fonds jouerait un rôle déterminant dans la gestion de la situation financière et permettrait de limiter le recours au financement intérieur coûteux.

« La performance dans le cadre du programme appuyé par la FRPC est globalement jugée satisfaisante et, sous réserve de l’approbation de la direction du FMI et de la poursuite de la mise en œuvre des politiques du programme, le Conseil d’administration du FMI devrait conclure les consultations de 2009 au titre de l’Article IV et la cinquième revue du programme appuyé par la FRPC en décembre 2009.


1 Conformément aux dispositions de l’Article IV de ses Statuts, le FMI procède, en général tous les ans, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent le rapport qui est soumis à l’examen du Conseil d’administration. A l’issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d’administration, résume les opinions des administrateurs et ce résumé est communiqué aux autorités du pays.



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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