Le Conseil d’administration du FMI approuve un accord FRPC de 551 millions de dollars EU en faveur de la République démocratique du Congo et une aide intérimaire PPTE de 73 millions de dollars EU
Communiqué de presse n° 09/455Le 11 décembre 2009
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a approuvé aujourd’hui un accord triennal de 346,45 millions de DTS (environ 551,45 millions de dollars EU) en faveur de la République démocratique du Congo (RDC) au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Le Conseil d’administration a aussi approuvé une aide intérimaire supplémentaire de 45,66 millions de DTS (environ 72,68 millions de dollars EU) au titre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en vue de réduire les paiements de la RDC au titre du service de la dette envers le FMI.
L’achèvement satisfaisant de la première revue du programme économique du gouvernement qui est appuyé par la FRPC est une des conditions essentielles à remplir pour que la RDC atteigne le point d’achèvement de l’initiative PPTE renforcée et bénéficie de l’initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM), ce qui pourrait conduire à un allégement de la grande majorité de la dette extérieure du pays. Parmi les autres conditions à remplir figurent la mise en œuvre satisfaisante pendant 12 mois de la stratégie pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance ainsi que d’autres mesures — notamment dans des domaines sociaux tels que les soins de santé et l’éducation — qui ont été arrêtées lorsque la RDC a atteint le point de décision de l’initiative PPTE en juillet 2003.
À l’issue des discussions du Conseil d’administration sur la République démocratique du Congo, M. John Lipsky, Premier Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante:
«Depuis 2001, la République démocratique du Congo (RDC) a accompli des progrès importants sur le plan socioéconomique, dont témoignent la transition politique à un gouvernement élu démocratiquement, la croissance vigoureuse de l’économie et la maîtrise de l’hyperinflation. Pourtant, les conditions socioéconomiques sont encore médiocres, les infrastructures du pays sont délabrées et sa dette extérieure est intenable. La crise économique mondiale n’a fait qu’aggraver cette situation.
Le nouvel accord FRPC triennal est destiné à aider les autorités à mettre en œuvre leur stratégie pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance ainsi que leur programme de réformes économiques. Les principales priorités sont les suivantes : assurer une croissance vigoureuse de l'économie, faire revenir l'inflation en dessous de 10 %, renforcer la gestion des finances publiques, ramener la dette à un niveau viable et accélérer les réformes structurelles.
Une politique budgétaire prudente et crédible est essentielle pour remédier à la prépondérance de la politique budgétaire par rapport à la politique monétaire et se rapprocher de la viabilité des finances publiques. Les autorités entendent accroître les recettes intérieures, améliorer la gestion des dépenses et mener une politique salariale prudente afin de rééquilibrer les finances publiques tout en développant les programmes de dépenses prioritaires. Les autorités sont déterminées à éviter de recourir au financement bancaire à moyen terme.
La politique monétaire continuera d’être axée sur la réduction de l'inflation. La banque centrale entend accroître l'efficacité de sa politique monétaire en améliorant ses capacités de prévision de liquidité et en renforçant la coordination avec le Trésor. Il importe de mener à bien la restructuration et la recapitalisation de la banque centrale pour en rehausser la crédibilité et l'indépendance. Il convient aussi de renforcer la surveillance qu'exerce la banque centrale sur les banques commerciales.
Le régime de change souple de la RDC sert bien les intérêts du pays. La banque centrale limitera son intervention sur le marché des changes au lissage de la volatilité à court terme et à la réalisation de son objectif en matière de réserves officielles brutes.
Une croissance économique forte et soutenue ne sera possible que si les réformes structurelles indispensables sont mises en œuvre. Les autorités concentreront leurs efforts sur la réforme des entreprises publiques, l'amélioration de la gouvernance et la rationalisation de l'environnement réglementaire pour les entreprises.
Étant donné le niveau d'endettement élevé de la RDC, les autorités sont conscientes de la nécessité de gérer prudemment la dette. Elles entendent remplir au plus vite toutes les conditions nécessaires pour atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE renforcée et obtenir un allégement de dette au titre de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale. Une aide hautement concessionnelle des bailleurs de fonds restera nécessaire pour soutenir les autorités dans leurs efforts de réforme.»
Liens pour accéder aux entretiens avec M. Brian Ames, Chef de la mission du FMI:
Audio: http://www.imf.org/external/mmedia/view.asp?eventID=1696
Vidéo (anglais) http://www.imf.org/external/mmedia/view.asp?eventID=1673
Vidéo (français): http://www.imf.org/external/mmedia/view.asp?eventID=1674
ANNEXE
Évolution récente de l’économie
Les conditions socioéconomiques de la RDC demeurent très difficiles après dix années de conflit qui ont eu un coût humain énorme et provoqué la destruction généralisée des infrastructures économiques et sociales du pays. Bien que la RDC soit riche en ressources naturelles, le revenu par habitant et les indicateurs du développement humain y sont parmi les plus faibles d’Afrique.
Une forte baisse des cours mondiaux des matières premières à la fin de l’année 2008 a freiné la croissance de l’économie en 2009, la faisant tomber à 2,7 %, tandis que l’aggravation du conflit dans les provinces orientales entraînait un accroissement des dépenses de sécurité, une hausse des emprunts de l’État à la banque centrale ainsi qu’une poussée d’inflation et une dépréciation de la monnaie au premier trimestre de 2009. Le franc congolais a perdu 35 % de sa valeur par rapport au dollar EU entre décembre 2008 et septembre 2009. Les réserves sont descendues en février 2009 à 30 millions de dollars EU, le plus bas niveau qu’elles aient jamais atteint, avant de remonter à 894 millions de dollars EU à la fin septembre après le décaissement d’une aide d’urgence du FMI et d’autres partenaires au développement, l’arrivée de la première tranche du «pas de porte» au titre de la Convention de coopération sino-congolaise et les allocations générales et spéciales de DTS du FMI (424,5 millions de DTS).
La RDC est surendettée, l’encours de sa dette extérieure s’élevant à environ 13,1 milliards de dollars EU et le service de la dette absorbant à peu près un quart du total des dépenses. À la fin 2008, la dette extérieure contractée ou garantie par l’État était estimée à 93 % du PIB, 150 % des exportations et 502 % des recettes publiques, aide étrangère non comprise. La RDC a atteint le point de décision de l’initiative PPTE renforcée en juillet 2003. Elle est à jour dans ses remboursements aux institutions financières multilatérales, y compris le FMI, mais continue d’accumuler des arriérés à l’égard de créanciers bilatéraux et commerciaux. En novembre 2009, les services du FMI ont reçu des assurances de financement en ce qui concerne le rééchelonnement des dettes de la RDC envers les créanciers bilatéraux souverains du Club de Paris.
Résumé du programme
Le programme des autorités congolaises pour la période de trois ans se terminant en juin 2012 poursuit les objectifs suivants : i) une croissance moyenne du PIB réel de 5,5 %; ii) un taux d’inflation en fin de période de 9 % d’ici 2012; iii) des réserves brutes équivalentes à 10 semaines d’importations, aide non comprise, d’ici 2012; et iv) la limitation du déficit extérieur courant (dons compris) à 25 % du PIB en moyenne.
Ce programme comporte des réformes structurelles axées sur les objectifs suivants :
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• une meilleure mobilisation des recettes intérieures par l’élargissement de la base d’imposition et l’amélioration de sa gestion
• le renforcement de la gestion des finances publiques par l’amélioration de la préparation, de l’exécution et de la responsabilité budgétaires
• la réforme de la banque centrale, en vue en particulier de rétablir l’indépendance de la Banque Centrale du Congo et de renforcer son pouvoir de surveillance au moyen d’une assistance technique du Département des marchés monétaires et de capitaux du FMI
• le développement du secteur privé, notamment par la réforme des entreprises publiques, la rationalisation de la réglementation, la protection de l’investissement étranger et l’amélioration de la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
La stratégie 2006-2008 des autorités pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, qui a été prolongée jusqu’à 2010 et approuvée par les services du FMI, repose sur cinq piliers : promotion de la paix et de la bonne gouvernance ; consolidation de la stabilité macroéconomique et promotion de la croissance de l’économie; amélioration de l’accès aux services sociaux; lutte contre le VIH/sida; et promotion d’une communauté dynamique.
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La RDC est devenue membre du FMI le 28 septembre 1963 et sa quote-part au FMI s’élève à 533 millions de DTS. Le montant engagé au titre du précédent accord FRPC en faveur de la RDC approuvé en juin 2002, à savoir 580 millions de DTS (924 millions de dollars EU – voir le communiqué de presse 02/27), a été presque entièrement tiré (553,47 millions de DTS) avant l’expiration de l’accord en mars 2006 sans que la sixième revue n’ait été achevée. Par la suite, les services du FMI ont suivi l’exécution du programme économique des autorités congolaises par le biais de plusieurs programmes de référence. Le 12 mars 2009, le Conseil d’administration a approuvé le décaissement d’un montant équivalent à 133,25 millions de DTS (environ 212 millions de dollars EU) à la République démocratique du Congo au titre de la composante à accès rapide de la Facilité de protection contre les chocs exogènes (FCE – voir le communiqué de presse 09/74).

