COP27 : trois priorités pour reprendre le chemin du « zéro net »
IMF Blog, November 4, 2022
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- Authors: Kristalina Georgieva
- Published: November 4, 2022
Contexte et message principal
- Les ravages des changements climatiques s’aggravent (cyclones au Bangladesh, inondations au Pakistan, vagues de chaleur en Europe, feux de forêt en Amérique du Nord, assèchement des fleuves en Chine, sécheresses en Afrique).
- Si le réchauffement se poursuit, la communauté scientifique prévoit des catastrophes plus dévastatrices et des points de basculement susceptibles d’entraîner des changements climatiques autoentretenus, avec des migrations massives potentielles.
- Il faut agir maintenant pour éviter le pire et choisir un avenir plus propre, résilient et sain.
- Trois fronts d’action prioritaires : politiques climatiques pour atteindre le zéro net d’ici à 2050; mesures d’adaptation urgentes; assistance financière fiable pour les pays vulnérables.
Zéro net d’ici à 2050 — constats et mesures recommandées
- Objectifs et besoins
- Pour limiter la hausse des températures à moins de 1,5 à 2 °C, il faut réduire les émissions de 25‑50 % d’ici à 2030 par rapport à leur niveau d’avant 2019.
- Environ 140 pays, représentant 91 % des émissions de gaz à effet de serre, ont proposé ou fixé des objectifs « zéro net » d’ici à la moitié du siècle.
- Les engagements actuels ne suffisent pas : une nouvelle analyse du FMI indique que les politiques en vigueur ne réduiraient les émissions que de 11 %.
- L’écart entre réductions nécessaires et réductions attendues est « colossal », équivalant à plus de cinq fois la quantité d’émissions actuelle de l’Union européenne sur une année.
- Mesures politiques recommandées
- Combinaison d’incitations pour orienter entreprises et ménages vers biens et technologies propres.
- Tarification du carbone, y compris suppression des subventions aux combustibles fossiles.
- Mesures équivalentes à la tarification : systèmes de bonus-malus et réglementations.
- Accord fixant un prix plancher international du carbone pour les gros émetteurs : prix minimum allant de 25 à 75 dollars la tonne en fonction du niveau de développement économique.
- Intégration de mesures connexes, basées sur la collaboration, le pragmatisme et l’équité (sans s’apparenter strictement à une taxation).
- Actions ciblées pour réduire les émissions de méthane : réduction de moitié des émissions de méthane au cours des dix prochaines années éviterait 0,3 °C d’augmentation des températures d’ici 2040.
- Incitations pour encourager les investissements privés dans les technologies sobres en carbone.
- Investissements publics porteurs de croissance dans les infrastructures vertes.
- Dispositifs de soutien aux ménages vulnérables.
- Coût et bénéfices
- Le coût net du passage aux technologies propres, en tenant compte des économies évitées sur les combustibles fossiles, représenterait environ 0,5 % du produit intérieur brut mondial en 2030.
- Procrastiner rendra la transition beaucoup plus onéreuse et déstabilisante.
S’adapter de toute urgence — impacts et besoins d’investissement
- Impacts observés et vulnérabilités
- Une sécheresse en Afrique peut abaisser le potentiel de croissance à moyen terme d’un pays de 1 point de pourcentage, entraînant un déficit de recettes publiques équivalent à un dixième du budget de l’éducation.
- Les petits pays subissent les plus lourdes conséquences et pour eux l’adaptation coûtera le plus cher.
- Besoins d’investissement et priorités
- Investissements vastes et soutenus en résilience : infrastructures, dispositifs de protection sociale, systèmes d’alerte avancée, pratiques agricoles adaptées.
- Pour une cinquantaine de pays à faible revenu et en développement, le FMI estime que les coûts annuels liés à l’adaptation dépasseront 1 % du PIB au cours des dix prochaines années.
- Beaucoup de ces pays ont épuisé leurs marges budgétaires après près de trois ans de crises (pandémie, inflation galopante) et ont besoin d’aide financière et technique internationale urgente.
Financement de l’action climatique — innovation et mobilisation des capitaux
- Engagements et limites
- Les pays avancés doivent tenir voire dépasser leur engagement à réaffecter 100 milliards de dollars au financement de l’action climatique en faveur des pays en développement.
- Le seul argent public ne suffira pas ; il faut mobiliser davantage d’investisseurs privés par des approches innovantes et des mesures d’incitation.
- Instruments et approches recommandés
- Renforcer la gouvernance et intégrer des considérations climatiques dans les investissements publics et la gestion financière pour débloquer de nouvelles sources de financement.
- Utilisation d’instruments financiers efficaces : fonds à capital fixe regroupant des actifs de pays émergents pour gagner en levier et diversifier les risques.
- Les banques multilatérales de développement et bailleurs de fonds doivent encourager l’engagement des investisseurs institutionnels, notamment par l’apport de capitaux.
- Débloquer des capitaux auprès des fonds de pension, compagnies d’assurances et autres sociétés d’investissement à long terme qui gèrent ensemble plus de 100 000 milliards de dollars d’actifs.
- Améliorer la qualité des données et la normalisation d’informations comparables à l’attention des investisseurs ; harmonisation des informations financières liées au climat et alignement des financements sur des objectifs liés au climat.
Le rôle du FMI
- Actions et partenariats
- Le FMI a intensifié ses efforts, créant des partenariats avec la Banque mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques et le Network for Greening the Financial System.
- Intégration des considérations climatiques dans la surveillance économique et financière, les données, le renforcement des capacités et les travaux analytiques.
- Instrument financier du FMI
- Le fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité compte à jour plus de 40 milliards de dollars de promesses de financement, ainsi que de trois accords au niveau des services : avec la Barbade, le Costa Rica et le Rwanda.
- Le soutien à cet instrument illustre la puissance de la coopération internationale pour relever ces défis.
- Conclusion politique
- Agir maintenant est impératif : sans action, les ravages climatiques et la menace pour l’existence humaine s’aggraveront.
- En travaillant ensemble, plus dur et plus vite, il est encore possible de construire un avenir plus vert, plus sain et plus résilient.
Source: Kristalina Georgieva, le 4 novembre 2022