Pour atteindre les objectifs climatiques, un surcroît d’ambition politique, de financements privés et d’innovation s’impose
IMF Blog, November 27, 2023
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- Pour atteindre les objectifs climatiques, un surcroît d’ambition politique, de financements privés et d’innovation s’impose
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- Authors: Simon Black, Florence Jaumotte, Prasad Ananthakrishnan
- Published: November 27, 2023
Constat général
- Année après année, les risques économiques liés au réchauffement planétaire s’accentuent, tandis que les tensions géopolitiques et les risques de fragmentation menacent la coordination internationale.
- Huit ans après la signature de l’accord de Paris, les mesures prises demeurent insuffisantes pour stabiliser les températures et éviter les conséquences les plus graves du changement climatique.
- Le rythme collectif de réduction des émissions n’est pas assez rapide ; les investissements, financements et technologies sont inférieurs aux besoins.
- En cas de statu quo, les émissions mondiales annuelles augmenteraient de 4 % d’ici à 2030 et atteindraient un niveau cumulé suffisant pour manquer l’objectif de 1,5 degré d’ici à 2035.
Ambition et politiques requises
- Objectifs d’émissions à l’horizon 2030 par niveau de revenu pour limiter le réchauffement à 2 degrés :
- pays à revenu élevé : réduction de 39 % d’ici à 2030,
- pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure : réduction de 30 % d’ici à 2030,
- pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure : réduction de 8 % d’ici à 2030,
- pays à faible revenu : réduction de 8 % d’ici à 2030.
- Pour que le réchauffement reste inférieur à 1,5 degré, il faudrait des réductions plus draconiennes : respectivement 60 % et 51 % pour les pays des deux premières catégories.
- Prix du carbone recommandé : une moyenne mondiale d’au moins 85 dollars la tonne d’ici à 2030.
- Utilisation des recettes de la tarification du carbone :
- Environ 20 % des recettes tirées de la tarification du carbone peuvent amplement dédommager les 30 % de ménages les plus pauvres.
- Subventions aux combustibles fossiles : ont atteint un niveau record de 1 300 milliards de dollars par an sous la forme de coûts budgétaires directs uniquement ; suppression progressive recommandée.
- Proposition de coopération ciblée : un accord progressif entre la Chine, les États-Unis, l’Inde et l’Union européenne couvrirait plus de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et enverrait un signal fort.
Financement de l’action climatique
- Trajectoire d’investissement à bas carbone requise : passer de 900 milliards de dollars en 2020 à 5 000 milliards de dollars par an d’ici à 2030.
- Besoin des pays émergents et des pays en développement (PEPD) : 2 000 milliards de dollars par an d’ici à 2030, soit cinq fois plus qu’en 2020.
- Rôle du secteur privé : la part du secteur privé dans le financement de l’action climatique doit augmenter, pour passer de 40 % à 90 % du total dans les PEPD d’ici à 2030.
- Mesures pour mobiliser le privé :
- politiques économiques ciblées et réformes de la gouvernance pour réduire le coût du capital,
- financement mixte (capitaux privés + intervention du secteur public et des bailleurs de fonds, dont des banques multilatérales de développement) pour réduire le profil de risque (capitaux de premier risque, amélioration du crédit, garanties).
- Besoin d’améliorer la transparence et la comparabilité des projets, d’uniformiser les taxinomies et de renforcer les obligations d’information liées au climat pour aider les investisseurs.
Innovation et diffusion technologique
- Réduction nécessaire d’ici à 2030 pour rendre l’objectif 1,5 degré atteignable : 50 % ; plus de 80 % de cette réduction peuvent être obtenus à l’aide de technologies existantes.
- Objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 : nécessitera des technologies en cours d’élaboration ou à inventer.
- Évolution du dépôt de brevets : le nombre de dépôts de demandes de brevets pour des technologies à bas carbone a culminé à 10 % du total des dépôts en 2010 et a diminué depuis.
- Diffusion des technologies : la diffusion dans les pays émergents ou en développement n’est pas suffisamment rapide.
- Politiques qui stimulent innovation et diffusion : tarifs d’achat, systèmes d’échange de quotas d’émission — elles stimulent l’innovation verte, les flux d’investissement et la diffusion de technologies à bas carbone d’un pays à l’autre.
- Réduction des obstacles aux échanges : dans certains pays, cela pourrait accélérer les importations de technologies à bas carbone de 20 à 30 %.
- Importance d’éviter des mesures protectionnistes qui freineraient la généralisation des technologies à bas carbone.
Rôle du FMI et coopération internationale
- Nouveau fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité :
- Doté de 40 milliards de dollars,
- A déjà appuyé des programmes en faveur de 11 pays,
- Une vingtaine sont en préparation.
- Intégration du climat dans l’activité du FMI : considérations climatiques ajoutées aux analyses économiques, recommandations, activités de développement des capacités et statistiques.
- Objectif : utiliser les politiques macroéconomiques et financières pour favoriser une croissance sobre en carbone, résiliente et génératrice d’emploi.
- Message central : aucun pays ne peut s’attaquer au changement climatique isolément ; une coopération internationale concertée et immédiate est indispensable.
Source : IMF blog page (27 novembre 2023) — “Pour atteindre les objectifs climatiques, un surcroît d’ambition politique, de financements privés et d’innovation s’impose”