L’intensification des cybermenaces suscite de grandes inquiétudes pour la stabilité financière
IMF Blog, April 10, 2024
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- L’intensification des cybermenaces suscite de grandes inquiétudes pour la stabilité financière
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- Authors: Fabio Natalucci, Mahvash S Qureshi, Felix Suntheim
- Published: April 10, 2024
Contexte et tendances récentes
- Le 10 avril 2024
- Le nombre de cyberattaques a plus que doublé depuis la pandémie de COVID-19.
- Les pertes directes enregistrées par des sociétés victimes de cyberattaques ont été jusqu’ici relativement modérées, mais certaines ont payé un beaucoup plus lourd tribut.
- Exemple : Equifax a dû s’acquitter d’une amende de plus d’un milliard de dollars à la suite d’une violation massive de données qui avait touché environ 150 millions de clients en 2017.
- L’ampleur des pertes extrêmes a plus que quadruplé depuis 2017 pour atteindre 2,5 milliards de dollars.
- Les pertes indirectes (atteinte à la réputation, dépenses pour renforcer la sécurité) sont devenues beaucoup plus lourdes.
Exposition et vulnérabilités du secteur financier
- Le secteur financier est plus exposé que tout autre au cyberrisque en raison des gros volumes de données sensibles et d’opérations traitées.
- Les sociétés financières sont concernées par près d’un cinquième des attaques.
- Les banques sont les établissements les plus exposés.
- Sous-traitance informatique et prestataires tiers :
- Tendance croissante à externaliser des activités informatiques, accentuée par le rôle émergent de l’intelligence artificielle.
- Les prestataires extérieurs peuvent renforcer la résilience opérationnelle mais exposent le secteur à des chocs d’ampleur systémique.
- Exemple : une attaque au rançongiciel sur un fournisseur de services informatiques sur le nuage a entraîné des interruptions de services simultanées dans 60 caisses de crédit mutuel américaines.
Impacts potentiels sur la stabilité financière et économique
- Risques systémiques si un incident porte atteinte à la confiance, désorganise des services essentiels ou engendre des répercussions sur d’autres institutions.
- Scénarios de perturbation cités :
- Ébranlement de la confiance pouvant provoquer des cessions d’actifs massives sur les marchés.
- Ruées sur les dépôts bancaires dans des cas extrêmes.
- Exemple empirique : une cyberattaque a donné lieu pendant un certain temps à des retraits de dépôts, certes modérés, dans des banques américaines de petite taille.
- Perturbation de l’activité économique via la désorganisation de services essentiels comme des réseaux de paiement.
- Exemple : la cyberattaque subie par la banque centrale du Lesotho en décembre 2023 a désorganisé le système national de paiement, empêchant les banques du pays d’effectuer des opérations.
Observations sur les dispositifs publics et la coopération internationale
- Motivation privée potentiellement insuffisante pour internaliser les effets systémiques des incidents ; une intervention des pouvoirs publics peut être nécessaire.
- Enquête du FMI auprès de banques centrales et d’organes de supervision :
- Les dispositifs des pouvoirs publics en matière de cybersécurité restent souvent insuffisants, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement.
- Les pays dotés d’une stratégie nationale de cybersécurité ciblée sur le secteur financier ou de réglementations spéciales en matière de cybersécurité ne représentaient qu’environ la moitié de l’échantillon.
- Il est impératif de faire fonctionner la coopération internationale, puisque les attaques proviennent souvent de l’étranger et que les gains engendrés peuvent traverser les frontières.
Recommandations de politique pour renforcer la résistance du secteur financier
- Mettre au point une stratégie de cybersécurité nationale adéquate, accompagnée de capacités de réglementation et de supervision efficaces englobant les axes suivants :
- Évaluer régulièrement la situation de la cybersécurité et détecter d’éventuels risques systémiques liés à l’interconnexion des acteurs et aux concentrations, notamment ceux engendrés par les prestataires de services tiers.
- Promouvoir la « cybermaturité » au sein des sociétés du secteur financier, notamment par une expertise en matière de cybersécurité chez les dirigeants ; l’analyse du chapitre laisse apparaître qu’une meilleure gouvernance en matière de cybersécurité pourrait atténuer le cyberrisque.
- Améliorer la « cyberhygiène » des sociétés : sécurité en ligne et fiabilité des systèmes informatiques (outils de protection contre les logiciels malveillants et authentification multifactorielle, par exemple), formation et sensibilisation aux questions de cybersécurité.
- Donner la priorité à la communication des données et au recensement des cyberincidents, et diffuser les informations aux acteurs du secteur financier afin d’améliorer leur état de préparation collectif.
- Assurer la continuité des services essentiels :
- Les sociétés financières devraient mettre au point et tester des procédures de riposte et de retour à la normale.
- Les autorités nationales devraient disposer de protocoles et de dispositifs de gestion de crise efficaces.
Rôle du FMI
- Le FMI aide ses pays membres à renforcer leurs dispositifs de cybersécurité :
- En prodiguant des recommandations, par exemple dans le cadre du programme d’évaluation du secteur financier.
- En fournissant des activités de développement des capacités.
— Ce billet s’inspire du chapitre 3 de l’édition d’avril 2024 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde, intitulé « Les cyberrisques : une préoccupation croissante par la stabilité macrofinancière ».