Maroc – Les services du FMI ont mené les entretiens relatifs aux consultations de 2019 au titre de l’article IV et à la première revue de l’accord au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL)
IMF News, April 2, 2019
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- Published: April 2, 2019
Mission et contexte
- Une mission des services du FMI dirigée par Nicolas Blancher a séjourné au Maroc du 19 Mars au 3 Avril 2019 pour procéder avec les autorités marocaines aux discussions relatives à la consultation de 2019 au titre de l’article IV et à la première revue de l’accord au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) approuvé en décembre 2018.
- Les communiqués de presse de fin de mission rendent compte des conclusions préliminaires des services du FMI; les avis exprimés sont ceux des services du FMI et ne correspondent pas nécessairement à ceux du Conseil d’administration du FMI.
- En Décembre 2018, le Conseil d’administration du FMI a approuvé un accord de 24 mois au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL) pour un montant équivalent à environ 3 milliards de dollars (240 % de la quote-part du Maroc).
Croissance, inflation et perspectives
- Croissance économique en 2018 : 3 %
- Inflation en 2018 : 1,9 %
- Croissance du crédit en 2018 : 3,3 %
- Déficit des transactions extérieures courantes en 2018 : 5,4 % du PIB
- Réserves de change : équivalentes à environ cinq mois d’importations
- Prévisions : la croissance devrait se stabiliser en 2019, supportée par une reprise de l’activité non-agricole, puis atteindre 4,5 % à moyen terme grâce à la poursuite des réformes structurelles.
- Principaux risques à la croissance : conjoncture dans les pays avancés et émergents, prix mondiaux des produits énergétiques, volatilité sur les marchés financiers mondiaux.
Finances publiques et politique budgétaire
- Objectif révisé des autorités pour le déficit budgétaire en 2018 : 3,7 % du PIB (évolution à fin décembre conforme à cet objectif).
- Objectif pour 2019 : maintenir le déficit budgétaire à 3,7 % du PIB, hors recettes de privatisation.
- Objectif de moyen terme des autorités : ramener le niveau de la dette publique à 60 % du PIB.
- Réformes fiscales prévues : réforme discutée dans le cadre des Assises nationales du mois de mai visant à rendre l’impôt plus efficient, plus équitable, et plus favorable à la croissance.
- Rôle des privatisations et réorientation des entreprises publiques : la mission souscrit au plan de privatisation et aux efforts pour réorienter les activités des entreprises publiques sur leurs métiers de base.
- Décentralisation budgétaire : avancées saluées, en soulignant l’importance de garantir la bonne gouvernance, la transparence et la discipline budgétaire au niveau local.
Régime de change
- La mission soutient pleinement l’intention des autorités d’assouplir progressivement le régime de change pour mieux absorber des chocs extérieurs et préserver la compétitivité.
- La fenêtre d’opportunité actuelle devrait permettre d’avancer dans cette transition de manière progressive et ordonnée.
Secteur financier et stabilité
- Situation du secteur financier : bien capitalisé; risques pesant sur la stabilité financière demeurent limités.
- Créances en souffrance : relativement élevées mais en baisse et bien provisionnées.
- Recommandations et soutiens :
- Continuer à réduire la concentration du crédit.
- Limiter les risques liés à l’expansion des banques marocaines en Afrique via une collaboration renforcée avec les autorités de supervision des pays hôtes.
- Réduire les risques de blanchiment d’argent.
- Progrès dans la mise en œuvre des recommandations du Programme d’évaluation du secteur financier de 2015 salués.
- Importance de l’adoption dès que possible de la nouvelle loi sur les statuts de Bank Al-Maghrib (BAM) pour renforcer l’indépendance de la banque centrale et son rôle en matière de la stabilité financière.
Réformes structurelles, climat des affaires et gouvernance
- Le climat des affaires continue de s’améliorer, notamment grâce à l’activation du Conseil de la Concurrence et à la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie d'inclusion financière.
- Objectifs des réformes : accroître les gains de productivité, créer davantage d’emplois, rehausser le potentiel de croissance, en ligne avec les objectifs de moyen terme du gouvernement.
- Réformes ciblées recommandées :
- Améliorer la qualité de l’éducation.
- Améliorer le fonctionnement du marché du travail.
- Accroître le taux d’activité des femmes.
- Améliorer l’environnement des affaires.
- Renforcer la gouvernance et l’efficience du secteur public.
- Lutter contre la corruption, notamment via l’adoption de la loi sur l’accès à l’information et la publication du premier rapport sur la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
Emploi, inclusion et programmes sociaux
- Constats :
- Le chômage reste élevé, surtout parmi les jeunes.
- Nécessité de promouvoir une croissance plus élevée, durable et plus inclusive.
- Recommandations :
- Accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles pour créer davantage d’emplois.
- Mieux cibler les programmes sociaux pour en améliorer l’impact et réduire les inégalités sociales.
- Encourager les efforts du gouvernement en vue de l’établissement d’un registre social unique.
Remerciements
- La mission a remercié les autorités marocaines, ainsi que les représentants des secteurs public et privé et de la société civile rencontrés, pour leur coopération et pour des discussions productives.
Fonds monétaire international — Communiqué de presse N° 19/102, le 2 avril 2019