Le conflit au Moyen-Orient risque de transformer l’économie des pays de la région
IMF Blog, December 1, 2023
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- Le conflit au Moyen-Orient risque de transformer l’économie des pays de la région
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- Authors: John Bluedorn
- Published: December 1, 2023
Contexte et aperçu des effets immédiats
- Le conflit à Gaza et en Israël provoque de « très grandes souffrances humaines » et aura des répercussions économiques sur l’ensemble de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.
- La croissance de l’activité dans la région devait déjà ralentir, pour passer de 5,6 % en 2022 à 2 % en 2023.
- L’ampleur des effets dépendra de la durée, de l’intensité et de l’éventuelle extension du conflit; un conflit de grande envergure serait « très problématique » pour l’économie régionale.
- Les prévisions pour les pays les plus directement exposés seront revues à la baisse; des mesures pour protéger l’économie et préserver la stabilité seront indispensables.
Canaux de transmission et impacts sectoriels
- Géographique et touristique
- Israël, la Cisjordanie et Gaza sont les territoires les plus durement touchés.
- Pays voisins (Égypte, Jordanie, Liban) subissent déjà des retombées économiques, notamment via le tourisme.
- Le tourisme représentait entre 35 % et près de 50 % des exportations de biens et services dans ces pays en 2019.
- Exemple chiffré : au Liban, les taux d’occupation des hôtels ont chuté de 45 points de pourcentage en octobre par rapport à l’année précédente.
- Énergie et marchés financiers
- L’impact sur les marchés énergétiques et financiers a été, jusqu’ici, « faible et temporaire ».
- Après un pic initial, les prix du pétrole se sont repliés et sont « à présent inférieurs aux niveaux d’avant le conflit » (en l’absence de perturbations de la production).
- Les prix du gaz naturel ont diminué après de fortes fluctuations, mais demeurent encore « d’environ 25 % » au‑dessus des niveaux antérieurs au conflit.
- Les rendements des obligations d’État ont grimpé dans certains pays; l’impact global a été négligeable pour le moment.
- Les flux nets d’investissements de portefeuille vers la région avaient une tendance baissière, accélérée par la crise, mais sont revenus aux niveaux d’avant le conflit.
- Confiance, investissement et risques financiers
- L’incertitude érode la confiance des consommateurs et des entreprises, pouvant réduire dépenses et investissements.
- L’accroissement des primes de risque pourrait entraîner une hausse des coûts d’emprunt, pénalisant rapidement les pays très endettés.
- Les pays fragiles (Somalie, Soudan, Yémen) risquent de voir diminuer des flux d’aides essentiels si l’attention des donateurs est détournée et si l’aide internationale globale n’augmente pas.
Scénarios d’escalade et conséquences systémiques
- Une intensification du conflit constituerait un « point de basculement » avec propagation rapide au-delà des voisins immédiats (Iraq, Iran, Syrie, Yémen).
- Effets attendus en cas d’escalade prolongée :
- Amplification des pertes pour le tourisme, le commerce, l’investissement et les circuits financiers.
- Flux de réfugiés significativement accrus, aggravant tensions sociales et contraintes budgétaires des pays d’accueil.
- Environnement énergétique : la région produit 35 % du pétrole exporté à travers le monde et 14 % du gaz exporté; une perturbation de la production est une préoccupation majeure.
- Toutefois, la présence de capacités inutilisées chez les producteurs de pétrole pourrait permettre de relancer la production rapidement, atténuant partiellement l’impact.
Recommandations de politique et actions du FMI
- Mesures immédiates et court terme
- Dans les pays où les conséquences sont graves ou les risques élevés, une gestion de crise prudente et des mesures de précaution sont « indispensables ».
- Protéger la stabilité macroéconomique et accroître la marge de manœuvre budgétaire et extérieure.
- Réformes structurelles et résilience
- Ne pas perdre de vue les programmes de réformes et de renforcement de la résilience; des réformes structurées et échelonnées peuvent stimuler la croissance à court terme et améliorer les perspectives à plus long terme.
- Des économies plus solides et plus vigoureuses résistent mieux aux chocs imprévus.
- Appui du FMI
- Le FMI collabore étroitement avec la région pour atténuer les retombées négatives via recommandations, assistance technique et financements.
- Exemples opérationnels : pays appliquant un programme appuyé par le FMI cités — Égypte, Jordanie, Maroc, Mauritanie — peuvent s’appuyer sur ces programmes pour ancrer des politiques de qualité.
- Avancées mentionnées : revues du programme en Égypte; accord du FMI sur un programme en faveur de la Jordanie (en cours depuis la mi‑2023); accord au titre de la ligne de crédit modulable en faveur du Maroc agissant comme « amortisseur contre des chocs ».
- Opportunité stratégique
- Aborder ces défis ouvre la possibilité de « remettre les compteurs à zéro » pour accélérer des réformes et renforcer la viabilité budgétaire et extérieure.
_Source : Blog du département Moyen‑Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international, John Bluedorn, le 1 décembre 2023._