Stimuler la croissance économique dans les pays africains fragiles ou touchés par un conflit
IMF Blog, June 6, 2025
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- Stimuler la croissance économique dans les pays africains fragiles ou touchés par un conflit
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- Authors: Wenjie Chen, Michele Fornino, Hamza Mighri, Can Sever
- Published: June 6, 2025
Contexte et principal constat
- Auteurs : Wenjie Chen, Michele Fornino, Hamza Mighri, Can Sever.
- Date : le 6 juin 2025.
- Plus de la moitié de la population de l’Afrique subsaharienne vit dans des pays fragiles ou touchés par un conflit (PFC).
- Les PFC de la région affrontent : stagnation de la croissance, fragilité des institutions, déficiences des services publics, pauvreté absolue, guerres et déplacements forcés.
- Pour de nombreux PFC, il sera difficile de se remettre des chocs successifs des dernières années en raison d’une croissance erratique, de l’instabilité politique, de la vulnérabilité aux catastrophes naturelles et d’une forte dépendance à l’endroit des ressources naturelles.
- Conséquences humaines :
- L’espérance de vie dans de nombreux PFC stagne à 60 ans.
- Les taux de pauvreté y sont deux fois plus élevés que dans les autres pays de la région.
- Les taux de réussite à la fin de l’école élémentaire sont toujours parmi les plus bas au monde.
- Si la tendance actuelle se maintient, d’ici 2030, deux tiers des personnes en situation de pauvreté absolue dans le monde vivront dans des pays fragiles, l’Afrique subsaharienne se situant à l’épicentre.
Performances économiques récentes
- Les pays d’Afrique subsaharienne non touchés par la fragilité ou les conflits ont continué à croître après la pandémie, bien qu’à un rythme plus lent que celui annoncé dans les prévisions.
- Les pays fragiles de la région n’ont jamais repris le terrain perdu ; le revenu par habitant ajusté à l’inflation y demeure, en moyenne, inférieur au niveau de 2019.
- Lorsqu’un PFC subit un ralentissement :
- Il perd des recettes.
- Son accès à des financements abordables se resserre, forçant des réductions de dépenses plus abruptes.
- La contraction budgétaire est relativement plus longue et plus profonde, exacerbant le choc initial (comme le montre un récent document de travail du FMI).
Mécanismes profonds de la fragilité
- La fragilité dépasse les déficiences institutionnelles et les conflits armés ; elle est souvent ancrée dans des mécanismes politiques et économiques plus profonds qui empêchent la reprise.
- Facteurs structurels :
- Accès restreint aux marchés financiers internationaux.
- Faiblesse des institutions.
- Entrepreneuriat limité.
- Contribution du secteur privé à l’économie considérablement inférieure et possibilités d’emploi moins nombreuses que dans d’autres pays.
- Analyse de cas passée : les pays qui réussissent à faire reculer la corruption, à renforcer les institutions et à promouvoir la participation politique sont plus susceptibles de réduire leur fragilité selon une analyse de cas fondée sur une approche d’apprentissage machine.
Exemples de trajectoires positives
- Sierra Leone : après sa guerre civile en 2002, a priorisé la reconstruction des infrastructures et des services publics dans l’éducation et la santé.
- Libéria : sorti d’un conflit en 2003, a renforcé ses institutions stratégiques et réduit sa dépendance à l’égard des industries extractives.
- Leçons : ces pays ont profité de moments décisifs pour redéfinir les attentes, rétablir la confiance et fixer un nouveau cap.
Emploi, revenus et intégration des réfugiés
- Les PFC sont à la fois sources importantes de réfugiés et pays hôtes clés.
- Plusieurs PFC (dont le Cameroun, l’Éthiopie, le Niger et le Tchad) ont mis en œuvre des politiques novatrices de gestion des réfugiés :
- droit à la libre circulation,
- permis de travail,
- accès aux services publics.
- Bien que nécessitant des investissements et des moyens administratifs préalables, des stratégies d’insertion des réfugiés bien pensées peuvent stimuler l’emploi et les revenus du pays d’accueil et des réfugiés.
Politiques recommandées
- Rétablir la stabilité macroéconomique dans les PFC par le renforcement des institutions budgétaires et une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
- Rebâtir la confiance en améliorant la gouvernance et en veillant à ce que les recettes, en particulier celles tirées des ressources naturelles, soient gérées de manière responsable.
- Rendre possible une mobilisation plus large de la population et garantir une répartition plus équitable des ressources pour, au bout du compte, renforcer l’unité et la résilience de la société.
- Constituer des partenariats à long terme avec notamment des donateurs pour éventuellement contribuer au renforcement des capacités, au financement des programmes sociaux et à l’atténuation des effets des chocs économiques, et ainsi s’assurer que la fragilité ne dégénère pas en une crise mondiale.
Conclusion
- La transition vers une croissance et une résilience soutenues exige persévérance et capacité d’adaptation ; aucune politique isolée ne garantit le succès.
- Les pays qui se concentrent sur des mesures telles que des institutions inclusives, la stabilité économique et des réformes clés ont des possibilités de réussite nettement supérieures.
- Le présent billet s’inspire d’une note d’analyse produite dans le cadre des Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne rédigées par Wenjie Chen, Michele Fornino, Vidhi Maheshwari, Hamza Mighri, Annalaura Sacco et Can Sever. Pour plus d’information, prière de vous reporter à la stratégie du FMI pour les pays fragiles ou touchés par un conflit.
Source : Stimuler la croissance économique dans les pays africains fragiles ou touchés par un conflit — IMF blog (le 6 juin 2025).