Oser la différence : promouvoir l’émancipation des femmes, Par Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international
IMF News, May 19, 2014
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- Oser la différence : promouvoir l’émancipation des femmes, Par Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international
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- Published: May 19, 2014
Introduction et message central
- Le message central : promouvoir la participation des femmes à la vie active est à la fois une exigence de justice et un impératif économique.
- Nécessité d’«oser la différence» : prendre des risques, changer les mentalités et ouvrir la porte du marché du travail aux femmes par l’éducation, l’emploi et l’accès aux postes de direction.
Apprendre (Éducation)
- L’éducation des femmes est décrite comme la fondation essentielle de l’émancipation.
- Données et constats:
- Les femmes décrochent 41 % des doctorats en science et ingénierie aux États-Unis, mais elles ne constituent qu’un quart des effectifs dans les secteurs de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques.
- Une année supplémentaire d’école primaire peut accroître le revenu potentiel de 10 à 20 %; une année supplémentaire d’enseignement secondaire peut accroître le revenu potentiel de 25 %.
- Une étude sur 60 pays en développement chiffre la perte économique à 90 milliards de dollars par an si le niveau d’instruction des filles est inférieur à celui des garçons.
- Les femmes investissent jusqu’à 90 % de leurs revenus, et les hommes 30 à 40 % seulement.
- Exemples et appels:
- Louange de l’action de Malala Yousafzai.
- Condamnation des actes de Boko Haram et appel : «rendez-nous nos filles, rendez-nous nos filles! Respectez nos filles!»
Travailler (Participation au marché du travail)
- Constats globaux:
- Il y a environ 865 millions de femmes dans le monde qui pourraient contribuer davantage à la vie économique.
- L’écart de taux d’activité hommes-femmes varie de 12 % dans les pays de l’OCDE à 50 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
- Globalement, les femmes gagnent un quart de moins que les hommes, même à niveau d’instruction et poste similaires.
- Les femmes passent deux fois plus de temps que les hommes aux tâches ménagères et quatre fois plus à la garde des enfants.
- Les femmes constituent 70 % du milliard de personnes qui cherchent à survivre avec moins d’un dollar par jour.
- Gains macroéconomiques potentiels:
- Fermeture de l’écart entre les taux d’activité masculin et féminin peut accroître le revenu par habitant, avec des gains particulièrement prononcés au Moyen-Orient et en Afrique du nord — 27 % — et en Asie du sud — 23 %.
- Les femmes réalisent plus de 70 % des dépenses de consommation dans le monde, aiguillon important de la demande globale.
- Politiques et réformes recommandées:
- Réformer la législation (propriété, succession) pour ne pas défavoriser les femmes.
- Faciliter l’accès des femmes aux soins de santé, à l’éducation, à la formation professionnelle et au crédit.
- Préserver et renforcer les dispositifs de protection sociale, y compris pendant les périodes difficiles; observation : parmi les pays en développement, les dépenses de santé et d’éducation augmentent plus vite dans ceux qui appliquent des programmes soutenus par le FMI.
- Politiques favorables dans les pays plus riches : financement public des congés parentaux, systèmes de garde d’enfants peu onéreux et de qualité; taxation du revenu individuel; crédits d’impôt ou allocations pour travailleurs à bas salaire.
- Exemples nationaux de progrès:
- Brésil : taux d’activité féminin passé de 45 % à 60 % en une vingtaine d’années grâce à la promotion de la femme et de la famille.
- Suède : l’un des plus hauts taux d’activité féminins, attribué à d’abondants investissements dans les crèches, le temps flexible et les congés parentaux.
- Changement culturel et organisationnel:
- Réduction des longues journées de présence au travail en faveur du temps productif (référence à Claudia Goldin).
- Nécessité de lutter contre la mentalité machiste et d’adapter les modes de travail pour favoriser la participation féminine.
Diriger (Leadership et prise de décision)
- Constats chiffrés:
- 4 % seulement des PDG des entreprises figurant sur la liste de Standard & Poor’s 500 sont des femmes.
- Les femmes occupent seulement un cinquième des sièges parlementaires dans le monde.
- Moins de 10 % des pays sont dirigés par une femme.
- Preuves d’efficacité:
- Les entreprises de Fortune 500 qui ont le mieux élevé des femmes à des postes de haute responsabilité ont une rentabilité de 18 à 69 % supérieure au niveau médian de leur secteur.
- Une étude expérimentale des années 1990 dans le secteur des investissements montre que les hommes misent 45 % plus que les femmes.
- Une étude portant sur plus de 7.000 dirigeants montre que les femmes obtiennent un meilleur score pour 12 compétences sur 16 dans 12 secteurs sur 15.
- Observations sur la propension des femmes à mieux gérer le risque et à être souvent sollicitées pour redresser des entreprises en difficulté.
- Obstacles et leviers:
- Manque de confiance en soi chez de nombreuses femmes, qui freine l’accès aux postes élevés malgré les compétences.
- Proposition d’utiliser des objectifs chiffrés et des numerus clausus pour forcer le changement et accélérer la progression des femmes vers les postes de direction.
- Promotion du mentorat et de l’exemplarité comme outils essentiels pour l’avancement des femmes.
Conclusion
- Bilan : progrès réalisés mais inachevés — «si nous avons mis le pied dans la porte, nous sommes encore dehors — dans le froid».
- Appel final : tenir la promesse d’un monde où toutes les petites filles pourront réaliser leur potentiel sans entraves ni préjugés.
- Formule de clôture : «Si nous osons la différence, nous ferons la différence.»
Article : Oser la différence : promouvoir l’émancipation des femmes, Par Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international, le 19 mai 2014.