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Bulletin du FMI: Politique générale

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Le programme de travail du FMI pour les six prochains mois est axé sur les pays émergents et les transitions en cours dans l’économie mondiale (photo: IMF)

Le programme de travail du FMI pour les six prochains mois est axé sur les pays émergents et les transitions en cours dans l’économie mondiale (photo: IMF)

PROGRAMME DE TRAVAIL DU FMI

Le programme de travail du FMI sera axé sur une croissance vigoureuse, équilibrée et partagée

Bulletin du FMI

12 décembre 2013

  • L’accent sera mis dorénavant sur les réformes structurelles pour soutenir la croissance
  • Il est essentiel de favoriser la croissance et d’accroître la résilience des pays émergents
  • Il est important de s’affranchir sans heurts des politiques monétaires non conventionnelles

Le FMI aura pour priorité absolue dans les mois à venir de briser le cycle de croissance languissante et de soubresauts récurrents sur les marchés pour assurer une croissance vigoureuse, durable, équilibrée et partagée, selon le programme de travail de l’institution.

L’examen semestriel du programme de travail du FMI par le Conseil d’administration a cherché à traduire les orientations présentées en octobre dans le

Plan d’action mondial et le Communiqué du Comité monétaire et financier international (l’organe directeur du FMI) en un plan concret pour l’institution.

Le programme de travail pour les 12 prochains mois souligne qu’il est nécessaire de gérer une série de transitions déjà en cours dans l’économie mondiale, notamment la normalisation des conditions financières mondiales, un changement dans la dynamique de croissance, un rééquilibrage de la demande mondiale et l’achèvement de la réforme du système financier mondial.

Dans l’entrevue qui suit, Siddharth Tiwari, Directeur du Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation, évoque les priorités du FMI pour la période à venir.

Les pays émergents jouent un rôle plus important dans l’économie mondiale, mais ils sont aussi exposés à des risques plus élevés. Comment le FMI aide-t-il ces pays face à ces risques ?

Un des changements majeurs dans le programme de travail est l’importance accrue qui est accordée aux pays émergents. Ces pays sont de plus en plus importants : avec les pays en développement, ils représentent déjà environ la moitié du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat ; dans 10 ans, ils en représenteront près des deux tiers. Tout d’abord, nous cherchons à comprendre quels sont les facteurs qui expliquent cette croissance rapide récente et pourquoi ils connaissent maintenant un ralentissement. Nous examinons dans quelle mesure ce ralentissement est dû au durcissement des conditions financières mondiales, dans quelle mesure il résulte de problèmes plus internes et ce que ces pays peuvent faire pour maintenir une croissance vigoureuse et bien équilibrée à terme. Une autre partie de notre programme de travail porte sur le rôle de l’expansion des circuits financiers dans les pays émergents, qui est important pour mieux résister aux chocs et soutenir la croissance. Enfin, nous examinerons aussi les conséquences des réformes de la réglementation à l’échelle mondiale sur la stabilité des pays émergents.

Quels sont les travaux prévus en ce qui concerne la politique monétaire non conventionnelle et l’impact de son abandon?

Les questions relatives à l’abandon des mesures non conventionnelles de politique monétaire constituent une part essentielle de nos travaux, tant pour les pays avancés que pour les pays en développement. Il y a plusieurs problèmes qui se posent dans l’immédiat. Pour les pays avancés qui appliquent des mesures non conventionnelles de politique monétaire, la question est assez fondamentale : quand et comment abandonner cette impulsion sans heurts et en limitant les répercussions? Pour les pays émergents ou « pré-émergents », l’incertitude qui a régné sur les marchés pendant l’été après les rumeurs concernant la politique monétaire américaine soulève des questions importantes quant à la gestion des risques de mouvements de capitaux soudains, ainsi que de leurs implications. Ces pays souhaitent savoir dans quelle mesure ils peuvent calibrer leur politique monétaire, leur taux de change et leurs autres politiques, et ils ont des questions en ce qui concerne la conception plus large de cadres d’action et d’instruments qui peuvent offrir une assurance financière. Après l’achèvement de la première phase des travaux, nous examinerons la question plus en profondeur dans un document sur le rôle actuel et futur de la politique monétaire, qui sera publié à l’automne prochain et examinera les principes et l’architecture de la conduite de la politique monétaire à l’avenir.

Le FMI accorde davantage d’importance à la cohérence nécessaire de l’action internationale, à la prise en compte des répercussions internationales des différentes politiques. Comment est-ce que cela se retrouve dans le programme de travail?

Nous continuerons d’analyser la cohérence multilatérale des politiques des pays grâce à l’application de la Décision sur la surveillance intégrée et à nos travaux sur les rapports de contagion et le rapport pilote sur le secteur extérieur. Nos pays membres sont d’avis que nous devons mieux tenir compte de l’aspect multilatéral dans nos activités de surveillance bilatérale, par exemple en intégrant les travaux sur les effets de contagion et sur les taux de change dans les analyses individuelles des consultations au titre de l’article IV. L’examen triennal de la surveillance, qui sera effectué à l’automne prochain, permettra d’évaluer entre autres nos résultats dans ce domaine.

Les effets de contagion et la fiscalité internationale constituent un nouveau domaine de travail. Nous constatons que les différences entre les politiques fiscales nationales créent des possibilités d’évasion et de fraude qui peuvent conduire à des perturbations économiques et à l’établissement d’un niveau d’imposition plus faible que ce que les pays préféreraient. Nous examinerons donc les règles et les pratiques en vigueur à l’échelle internationale pour ce qui est de l’impôt sur le revenu, nous évaluerons leur importance macroéconomique et nous explorerons des possibilités d’action.

Le niveau élevé des déficits et des dettes reste un sujet de préoccupation dans de nombreux pays. Comment le programme de travail traite-t-il ces questions ?

Il est utile de distinguer les politiques qui cherchent à limiter le risque d’une accumulation insoutenable de la dette et les politiques qui ont pour objectif de gérer une situation où la charge de la dette est déjà lourde.

Les services du FMI sont en train d’achever un examen de la politique du FMI concernant les plafonds d’endettement dans les programmes appuyés par l’institution, l’accent étant mis sur les pays à faible revenu, où la faiblesse des capacités institutionnelles et l’importance des prêts concessionnels présentent un intérêt particulier. La nouvelle politique, qui doit être approuvée par le Conseil d’administration, sera plus souple : elle offrira aux pays emprunteurs un choix plus vaste parmi les possibilités de financement, tout en veillant à ce que les niveaux et les conditions d’endettement ne menacent pas la viabilité de la dette. En outre, nous travaillons sur les directives du FMI et de la Banque mondiale concernant la gestion de la dette.

La restructuration de la dette souveraine est un autre domaine sur lequel nous allons travailler. Nous chercherons principalement à renforcer l’approche contractuelle de la restructuration de la dette et à renforcer la politique du FMI pour les prêts aux pays très endettés. Nous consulterons diverses parties prenantes dans les secteurs publics et privés, et nous tiendrons compte de leurs commentaires.

Comment le FMI s’appuiera-t-il sur les efforts en cours pour créer des emplois et accélérer la croissance?

En fin de compte, notre surveillance, nos programmes et notre renforcement des capacités doivent se traduire par des emplois supplémentaires. Le nouveau programme de travail met notamment l’accent sur les réformes structurelles, et sur le soutien qu’elles peuvent apporter à la croissance. Comme la marge de manœuvre budgétaire et monétaire a diminué sensiblement, les réformes structurelles sont maintenant privilégiées pour créer des emplois et accélérer la croissance. En vue de l’examen triennal de la surveillance de 2014, un document de référence examinera si l’institution met l’accent sur les réformes structurelles cruciales sur le plan macroéconomique et si nous avons donné des conseils cohérents dans ces domaines.

Par réformes structurelles, j’entends les réformes visant à réduire les inefficiences économiques. Les réformes des subventions à l’énergie fossile constituent un bon exemple. C’est là une question sur laquelle le FMI s’est centré l’année dernière. Ces réformes contribuent à mobiliser des ressources budgétaires pour réduire les déficits et pour encourager des dépenses publiques qui soient plus productives et mieux ciblées, notamment en faveur de l’éducation, de l’infrastructure et de la formation.

Par delà les dangers immédiats qui pèsent sur l’économie mondiale, à quoi s’intéresse le FMI à plus long terme?

Nous tentons de voir à quoi pourrait ressembler le monde en 2030 ou en 2050. Il est clair que nous évoluons vers un monde multipolaire — les États-Unis, l’Union européenne, la Chine et peut-être l’Inde pourraient avoir un PIB de poids comparable. À l’évidence, les marchés émergents vont jouer un rôle grandissant. Nous nous efforçons également de cerner quelles pourraient être les sources particulières de vulnérabilité — qu’il s’agisse des États fragiles ou des pénuries d’eau — et réfléchissons au rôle du FMI pour y faire face.

Nous avons déjà commencé à examiner si l’inégalité dans les pays menace la stabilité macroéconomique ou si une plus grande participation de la femme à la vie active peut contribuer à doper la croissance. Ces questions ne relèvent pas des sphères de compétence primordiales du FMI, mais elles représentent des tendances auxquelles nous devons nous intéresser car elles agissent sur l’emploi, sur la croissance et sur la macroéconomie.


  

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