Le soutien du FMI aux pays à faible revenu

le 12 octobre 2016

En 2009, le FMI a renforcé son soutien aux pays à faible revenu pour s’adapter au caractère évolutif de leur situation économique et à la plus grande vulnérabilité au lendemain de la crise économique mondiale. Depuis, le FMI a remanié ses instruments de prêt, notamment pour répondre plus directement aux pays qui ont besoin d’un soutien urgent ou à court terme. En 2015, le soutien du FMI envers ses pays membres les plus pauvres a été rehaussé en augmentant de 50 % les ressources concessionnelles auxquelles ils peuvent accéder et en fixant de manière permanente à 0 % le taux d’intérêt des prêts destinés aux pays à faible revenu frappés par de graves chocs exogènes (une catastrophe naturelle, par exemple). Ces mesures ont été complétées par le programme de développement 2030, qui prévoit un soutien accru du FMI aux pays à faible revenu dans plusieurs domaines. Le FMI a adopté une stratégie qui permettrait de financer des prêts concessionnels à hauteur de 1,8 milliards de dollars environ par an à plus long terme, en partie grâce à la distribution des bénéfices tirés des ventes d’or.

Signes de succès

Nombre de pays à faible revenu sont nettement plus stables sur le plan macroéconomique. Dans les années 90, la vaste majorité de ces pays se heurtaient à des problèmes économiques de longue date exigeant une réorientation radicale des politiques à long terme, souvent accompagnée d’un allégement ou d’une annulation de la dette. Aujourd’hui, cependant, nombre de ces économies s’ouvrent davantage et s’intègrent dans l’économie mondiale. De nombreux pays à faible revenu interviennent sur les marchés internationaux de capitaux, attirent des investissements étrangers et développent leurs propres secteurs financiers privés. Néanmoins, plusieurs pays à faible revenu sont aux prises avec des problèmes économiques et financiers liés à la baisse des cours des produits de base qui a débuté lors de la deuxième moitié de 2014.

Modifications des instruments de prêt

Pour assouplir et adapter son soutien financier aux différentes caractéristiques des pays à faible revenu, en 2010, le FMI a créé un Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance qui alimente trois guichets de prêt concessionnel :

La facilité élargie de crédit (FEC) : offre une intervention soutenue à moyen ou long terme en cas de problèmes persistants de la balance des paiements;

La facilité de crédit de confirmation (FCC) : offre un financement aux pays à faible revenu qui ont des besoins à court terme potentiels ou avérés en matière de balance des paiements ou d’ajustement à la suite de chocs intérieurs ou extérieurs ou de dérapages de la politique économique; la FCC peut aussi être utilisée comme assurance à titre de précaution lorsque les risques et l’incertitude sont à la hausse.

La facilité de crédit rapide (FCR) : offre un soutien financier rapide sans conditionnalité sous la forme d’un décaissement unique et immédiat aux pays à faible revenu qui ont des besoins de financement urgents de leur balance des paiements, ainsi que, sur une période (limitée), des tirages successifs pour les pays qui ont des besoins de financement récurrents ou continus de leur balance des paiements.

Toutes ces facilités offrent des financements pouvant répondre aux divers besoins des pays à faible revenu et à des conditions concessionnelles. Exceptionnellement, tous les paiements d’intérêts dus au FMI au titre de ses instruments de prêt concessionnels ont été suspendus pour les pays à faible revenu jusqu’à la fin de 2016. Le 3 octobre 2016, le Conseil d’administration a approuvé une modification du mécanisme utilisé pour fixer les taux d’intérêt des facilités du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (fonds fiduciaire RPC) et a fixé à 0 % les taux d’intérêt de tous les prêts concessionnels accordés au titre du fonds fiduciaire RPC pour au moins les deux années suivantes et jusqu’à fin décembre 2018. De plus, les taux d’intérêt des mécanismes du fonds fiduciaire RPC seront maintenus à 0 % aussi longtemps et dès lors que les taux mondiaux seront très bas. En 2015, le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FCR a été fixé à 0 % de manière permanente pour davantage rehausser le soutien apporté aux pays admissibles au fonds fiduciaire RPC qui se trouvent dans une situation fragile ou qui ont été frappés par une catastrophe naturelle.

Pour obtenir des avis de politique économique et envoyer un signal, les pays peuvent demander une assistance non financière dans le cadre de l’instrument de soutien à la politique économique (ISPE), qui :

● appuie les pays à faible revenu qui ont globalement stabilisé leur situation macroéconomique au moment de l’accord et par conséquent n’ont pas besoin de l’assistance du FMI et

● peut offrir un accès accéléré à la FCC au cas où apparaîtraient de nouveaux besoins de financement.

Des fonds plus importants

En réponse aux besoins financiers accrus des pays à faible revenu depuis la crise financière mondiale, le FMI a sensiblement augmenté ses engagements de prêt concessionnels, qui se sont montés à 11 milliards de dollars entre 2009 et 2014.

En outre, plus de 18 milliards de dollars sur les 250 milliards de l’allocation de droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI sont allés aux pays à faible revenu. Ces derniers peuvent soit inclure les DTS en tant qu’actifs supplémentaires dans leurs réserves, soit les vendre pour obtenir une monnaie forte afin de satisfaire leurs besoins de balance des paiements.

En septembre 2012, le Conseil d’administration a approuvé une distribution partielle des réserves générales du FMI attribuées aux bénéfices des ventes d’or dans le cadre d’une stratégie visant à rendre le fonds fiduciaire RPC viable à plus long terme. Cette stratégie devrait résister à divers scénarios de la demande et repose sur trois éléments : i) une enveloppe de base d’environ 1¼ milliard de DTS (environ 1,8 milliard de dollars) de capacité de prêt par an, ii) des mesures pour imprévus qui peuvent être activées lorsque les besoins de financement moyens dépassent largement l’enveloppe de base pendant une période prolongée, et iii) l’idée que toutes les modifications des mécanismes au profit des pays à faible revenu doivent viser à préserver l’autosuffisance.

En février 2015, le FMI a transformé le fonds fiduciaire pour l’allégement de la dette après une catastrophe (fonds fiduciaire ADC), qui permettait au FMI de s’associer aux efforts internationaux d’allégement de dette en faveur des pays très pauvres frappés par les catastrophes naturelles les plus destructrices, en fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes (ARC) . Ce nouveau fonds fiduciaire permet à l’institution de se joindre aux efforts internationaux d’allégement de la dette lorsque des pays pauvres sont frappés par les plus abominables catastrophes naturelles et de prêter assistance aux pays en proie à des catastrophes de santé publique, telles que des épidémies de maladies infectieuses, en leur offrant des dons pour alléger le service de leur dette. Trois pays atteints par le virus Ébola (Guinée, Libéria et Sierra Leone) ont sollicité une assistance au titre de ce nouveau fonds fiduciaire, pour un montant total d’environ 100 millions de dollars en février-mars 2015.

En juillet 2015, dans le cadre de son mandat, le FMI a adopté plusieurs nouvelles initiatives pour soutenir ses pays membres dans leur poursuite des objectifs de développement durable (ODD). Dans ce contexte, le FMI a aussi renforcé le dispositif de sécurité financier des pays à faible revenu en augmentant de 50 % les ressources disponibles au titre des facilités concessionnelles. Cela a été suivi début 2016 par la ratification de la 14révision des quotes-parts, qui a considérablement rehaussé la capacité de financement des pays à faible revenu du FMI. De plus, l’utilisation des ressources concessionnelles a été davantage réservée aux pays les plus faibles et vulnérables, tandis que dans le cas des pays qui se trouvaient dans une meilleure posture, les financements non concessionnels ont occupé une place plus importante. Enfin, des efforts sont en cours pour débloquer des ressources de prêt additionnelles d’environ 15 milliards de dollars (11 milliards de DTS) afin de soutenir les activités de financement concessionnel du FMI.