Solidité du système financier

le 5 avril 2016

La solidité des systèmes financiers est-elle importante?

Le système financier d’un pays comprend les banques, les marchés de valeurs mobilières, les fonds de pension et les fonds communs de placement, les assureurs, les infrastructures du marché, la banque centrale de même que les instances de réglementation et de contrôle. Ces institutions et marchés constituent le cadre permettant d’effectuer les opérations économiques et de conduire la politique monétaire; ils contribuent à orienter de manière efficiente l’épargne vers l’investissement, participant ainsi à la croissance économique. Les problèmes du système financier peuvent non seulement bouleverser l’intermédiation financière mais aussi compromettre l’efficacité de la politique monétaire, exacerber les récessions économiques, provoquer la fuite des capitaux et exercer des pressions sur le taux de change ou peser lourdement sur le budget en raison du renflouement des institutions financières en difficulté. Par ailleurs, étant donné les connections entre les institutions financières et les liens financiers et commerciaux plus étroits entre les pays, les chocs financiers d’un pays peuvent rapidement se propager dans les secteurs financiers et dépasser les frontières. Ainsi, des systèmes financiers résistants qui sont bien réglementés et bien contrôlés sont essentiels pour assurer la stabilité économique et financière à la fois aux niveaux national et international. En outre, de récents travaux analytiques du FMI mettent en évidence des liens essentiels entre la stabilité financière, la profondeur du secteur financier et l’inclusion financière . Ils soulignent combien il importe que les décideurs et les instances de réglementation tiennent compte des interactions et des synergies entre la stabilité financière et le développement économique et financier.

Que fait le FMI pour promouvoir la solidité des systèmes financiers?

Le FMI s’emploie à promouvoir la solidité des systèmes financiers dans ses pays membres au moyen de l’exercice régulier de la surveillance bilatérale et multilatérale, de la formulation de programmes de prêt et des concours d’assistance technique.

On entend par surveillance bilatérale le dialogue que le FMI entretient régulièrement avec tous ses pays membres et les conseils qu’iI a pour mission de leur fournir. C’est ce qu’il est convenu d’appeler les consultations au titre de l'article IV, qui portent sur l’évolution de la situation et des politiques macroéconomique et financière des pays. Afin d’approfondir l’examen des questions de système financier lors de ce processus, le FMI a créé le programme d’évaluation du secteur financier (PESF) en 1999, qui fournit aux pays membres une évaluation exhaustive de leur système financier. Initialement volontaire, le PESF est devenu obligatoire dans le cadre des consultations au titre de l’article IV pour 25 pays dont le secteur financier a une importance systémique, dont la liste a été allongée en 2013 et portée à 29 pays.

La surveillance multilatérale introduit une perspective plurinationale ou internationale. Puisque les économies et les systèmes financiers sont de plus en plus intégrés, de nombreuses questions dépassent les frontières et les effets de contagion entre pays ou systèmes financiers sont fréquents. Le travail multilatéral du FMI permet d’identifier les facteurs de vulnérabilité sous-jacents liés à ces interconnexions, et de promouvoir des politiques propices à l’harmonie des conditions financières mondiales. Le rapport du FMI sur la stabilité financière dans le monde ( Global Financial Stability Report ) offre une perspective multilatérale de la stabilité financière et évalue les principales évolutions et risques des marchés financiers en vue de recenser les sources de vulnérabilité systémiques. Parmi les autres exemples de surveillance multilatérale, on citera l’exercice semestriel d’alerte avancée , mis en œuvre conjointement avec le Conseil de stabilité financière et les projets de surveillance régionale qui couvrent l’Amérique centrale , l’Union économique et monétaire ouest-africaine , la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, l’Union monétaire de la Caraïbe orientale et l’Union européenne.

Une surveillance financière effective aux niveaux bilatéral et multilatéral est devenue une priorité stratégique clé pour le FMI. À l’issue de la revue triennale de la surveillance de 2014 , les services du FMI se sont activement employés à mettre en valeur le rôle de la surveillance macrofinancière .

Les programmes appuyés par le FMI comportent souvent des mesures visant à consolider les systèmes financiers des pays membres. Outre l’assistance financière qu’il apporte à ses membres, le FMI les aide aussi à recenser et à diagnostiquer les déficiences du système financier, à concevoir des stratégies de réforme systémique et de restructuration bancaire, et à veiller à ce que ces stratégies s’inscrivent dans la ligne de politiques macroéconomiques et structurelles appropriées et s’appuient sur elles. Les cas de la Grèce, de l’Islande et de la l’Irlande sont des exemples de programmes présentant une forte composante de secteur financier.

L’assistance technique du FMI aide les pays membres à appliquer des réformes spécifiquement conçues pour développer et renforcer leur système financier. Cette assistance peut revêtir plusieurs formes : formation et conseils sur les cadres de politique monétaire et macroprudentielle, gestion de la dette, développement des marchés des changes et des capitaux, conception de systèmes de paiements et de garantie des dépôts, cadres réglementaire et de contrôle régissant les activités des institutions financières et stratégies de prévision et de gestion des crises et de résolution des banques.

Le FMI a en outre défini un certain nombre d’indicateurs de solidité financière (ISF) centraux ou encouragés, qui sont essentiels pour évaluer les forces et les vulnérabilités des systèmes financiers. Le FMI appuie le travail réalisé par les pays pour compiler et diffuser ces ISF. Le FMI contribue également au travail plus vaste de compilation de données sur l’inclusion financière par le biais de son enquête sur l’accès aux services financiers .