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Fiche technique - août 2008

Rôle du FMI dans la lutte contre le VIH/SIDA

L'épidémie de VIH/SIDA représente une grave menace pour la santé, le développement et la sécurité dans le monde. En collaboration avec d'autres organisations, le FMI prend part à la lutte contre ce fléau, plus particulièrement en appuyant les stratégies nationales de réduction de la pauvreté qui consacrent davantage de dépenses publiques à la lutte contre le VIH/SIDA et à d'autres programmes privilégiant le recul de la pauvreté. Le FMI fournit aussi aux pays des conseils sur les répercussions macroéconomiques du VIH/SIDA, ainsi que sur les moyens d'absorber efficacement d'importants flux d'aide extérieure.

Généralités

À l'heure actuelle, environ 33 millions d'êtres humains dans le monde vivent avec le VIH/SIDA. En 2007, environ 2,5 millions de personnes supplémentaires sont devenues séropositives et 2 millions sont décédées. Les deux tiers des personnes infectées vivent en Afrique subsaharienne, et la maladie se propage rapidement à d'autres régions du monde — notamment aux pays de l'ex-Union soviétique, aux Antilles et à certaines parties de l'Asie de l'Est et du Sud.

Le VIH/SIDA constitue un très grave obstacle au développement. Depuis que la pandémie s'est déclenchée, elle a tué des millions de personnes, séparé les familles et détruit ou appauvri des communautés entières. Dans certains pays, l'espérance de vie a chuté de plus de 20 ans. L'ampleur de l'épidémie met en échec les systèmes informels de prévention sociale. Les services de santé sont soumis à rude épreuve, les services médicaux s'efforçant de faire face à une demande de plus en plus forte. Les populations actives sont décimées, avec des conséquences catastrophiques pour l'investissement, la production et le revenu par habitant.

Appel à l'action

En septembre 2000, au Sommet du Millénaire organisé par les Nations Unies, les chefs d'État du monde entier sont convenus de huit objectifs de développement spécifiques et mesurables — maintenant dénommés Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) — à atteindre à l'horizon 2015. L'un de ces objectifs est de stopper la propagation du VIH/SIDA et de commencer à inverser la tendance actuelle. En avril 2001, M. Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, a défini les grandes lignes d'une stratégie de lutte contre le VIH/SIDA et exhorté la communauté internationale, les gouvernements et le secteur privé à fournir les ressources nécessaires pour appuyer le projet. Cette stratégie s'articule comme suit :

i) prévention — à savoir une campagne éducative globale; ii) fourniture de médicaments destinés à bloquer la transmission du virus de mère à enfant; iii) prestations de soins sensibilisés aux malades; iv) intensification de la recherche sur vaccins et traitements; v)  protection des personnes rendues vulnérables par le fléau, notamment les orphelins.

Le Secrétaire général a par ailleurs réclamé la création d'un Fonds mondial pour s'attaquer non seulement à la crise du VIH/SIDA, mais aussi à d'autres problèmes de santé particulièrement graves dans les pays en développement, tels que le paludisme et la tuberculose. Ensemble, ces maladies sont responsables de plus de six millions de décès chaque année, soit 10 % du total dans le monde.

Sous l'égide des Nations Unies, l'ONUSIDA joue un rôle pilote en coordonnant l'action d'autres agences de l'ONU, en diffusant les connaissances indispensables pour combattre le SIDA, ainsi qu'en recueillant et publiant des informations sur l'épidémie et son évolution. Depuis 2001, le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme a approuvé plus de 550 programmes de financement sous forme de dons en faveur de 136 pays pour un montant total de 10,8 milliards de dollars, dont 5,5 milliards ont été décaissés. Près de 60 % de ces ressources sont consacrées à la lutte contre le VIH/SIDA. Ces cinq dernières années, la Banque mondiale a engagé 1,9 milliard de dollars au titre de dons, de prêts et de crédits à l'appui de programmes de lutte contre le VIH/SIDA à travers le monde. Par ailleurs, l'Initiative 3x5 de l'Organisation mondiale de la santé visant à améliorer de manière significative l'accès aux traitements antirétroviraux dans les pays à faible revenu a touché trois millions de malades en 2007.

Pourtant, même si des progrès non négligeables ont été réalisés ces dernières années, il n'en faudra pas moins redoubler d'efforts pour mobiliser les fonds qui aideront les pays à s'attaquer à ce fléau, à lancer des campagnes de sensibilisation aux obstacles majeurs qu'il pose pour le développement et à améliorer l'accès aux traitements et à des antirétrovirus peu onéreux.

Le FMI a un rôle important

Le FMI s'est associé à l'appel lancé par Secrétaire général des Nations Unies en faveur de cette campagne de lutte mondiale contre le VIH/SIDA et a pris part aux réunions du Comité d'orientation mondial d'ONUSIDA. Par ailleurs, le FMI collabore avec d'autres institutions, notamment la Banque mondiale, en vue d'accroître la prévention et le traitement au niveau national. De tels programmes forment un volet important de nombreux documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), qui sont élaborés par des organismes publics en concertation avec la société civile et d'autres partenaires du développement. Les DSRP servent de référence pour les prêts concessionnels du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que pour les allégements de dette au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). En concertation avec la Banque mondiale, le FMI aide aussi les pays pauvres à améliorer leurs systèmes de gestion des dépenses publiques pour faire en sorte que les fonds, y compris les sommes affectées à tous les programmes de santé, soient utilisés de manière efficace et transparente.

En outre, le VIH/SIDA est abordé lors des entretiens que le FMI engage régulièrement dans le cadre de la surveillance avec les pays membres. En raison des effets économiques désastreux que peut avoir le VIH/SIDA, les services du FMI tiennent largement compte de ce facteur lorsqu'ils analysent les perspectives économiques d'un pays et dispensent leurs conseils. De nombreux rapports des services du FMI ont abordé les répercussions de ce fléau sur la situation macroéconomique et budgétaire, et les services de l'institution ont élaboré plusieurs documents de travail examinant l'impact macroéconomique, l'accès aux prestations de santé et les implications générales de cette épidémie pour les conditions de vie de la population. Le FMI a en outre publié The Macroeconomics of HIV/AIDS, étude la plus exhaustive qui ait été consacrée jusqu'à présent aux répercussions macroéconomiques et budgétaires de ce fléau. Un autre volet des entretiens liés à l'exercice de la surveillance est l'apport de conseils sur les moyens d'absorber efficacement une augmentation importante des concours d'aide extérieure. Le FMI recommande vivement aussi que les pays industrialisés relèvent le niveau de leur aide publique au développement, y compris sous forme de contributions nouvelles et plus importantes au Fonds mondial. Le FMI aide les pays à mobiliser des ressources et à dégager la marge de man_uvre budgétaire nécessaire pour accroître les dépenses sociales. Enfin, les programmes soutenus par le FMI vont dans le sens d'une pleine utilisation de l'aide disponible.

La communauté internationale devra mener une lutte acharnée contre le fléau du VIH/SIDA. Dans le cadre de son mandat, le FMI prend part à l'effort global engagé pour vaincre cette pandémie et ses effets dévastateurs sur le développement humain et économique.


DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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