L’économie mondiale résiste au choc de la guerre... jusqu’à maintenant
IMF Blog, June 22, 2026
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- Authors: Kristalina Georgieva
- Published: June 22, 2026
Contexte général et constat principal
- Publication par Kristalina Georgieva, le 22 juin 2026.
- Plus de trois mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, l’économie mondiale semble tenir bon.
- Aucune contraction mondiale évidente n’a été observée à ce jour; les États-Unis et la Chine affichent un fort dynamisme économique.
- Une analyse actualisée sera publiée le 8 juillet prochain dans la Mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale.
Déterminants de la résilience mondiale à ce jour
- Effets observés:
- Répercussions sur les prix des produits de base, sur l’inflation et sur les conditions financières.
- Le pétrole se négocie aujourd’hui à des prix [30] % supérieurs à ce qu’ils étaient avant la guerre.
- Les prix actuels sont inférieurs à ceux observés plus tôt dans le conflit, malgré la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz.
- Facteurs atténuants:
- Certains pays (dont la Chine) ont puisé dans d’importantes réserves de pétrole pour atténuer les perturbations.
- Augmentation de la production et recours à des raffineries situées à l’extérieur de la région du Golfe, sans absorber entièrement le choc, ont permis de contenir l’augmentation des cours du pétrole.
- Mesures pour limiter la demande et la transmission des prix ont atténué les répercussions jusqu’à maintenant.
- Inflation et anticipations:
- La hausse des prix du pétrole alimente l’inflation globale dans de nombreux pays.
- Les anticipations à moyen terme demeurent de manière générale bien ancrées, signe de confiance dans la détermination des banques centrales à maintenir la stabilité des prix.
- Marchés financiers:
- Les taux de rendement des obligations d’État ont augmenté considérablement depuis le début de la guerre.
- Les actifs risqués ont rebondi; aucun véritable signe d’une fuite plus importante vers la sécurité.
- Dans une perspective historique, les conditions financières restent accommodantes.
- Technologie:
- Investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) et les centres de données soutiennent l’activité dans certains pays.
- Les États-Unis et des pays asiatiques tirent parti de ce cycle technologique.
- Dans la plupart des pays, l’effet des technologies sur la productivité et la croissance tarde à se faire sentir, posant un risque d’aggravation des écarts économiques.
- Limites de la résilience:
- À terme, les pays ne pourront plus gérer l’augmentation de leurs coûts budgétaires et leurs besoins accrus de financement extérieur si le choc persiste.
Pays et populations les plus durement frappés
- Golfe:
- Les pays exportateurs de pétrole du Golfe directement touchés devront fortement revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour cette année.
- Dans cinq de ces pays sur huit, il faut s’attendre à une contraction pure et simple.
- Europe:
- Dépendance aux importations de gaz et de pétrole; flambée des prix de l’énergie pèse sur la croissance et alimente l’inflation.
- Décision récente de la Banque centrale européenne de majorer les taux d’intérêt.
- Asie émergente:
- Économie s’appuie sur une consommation relativement élevée de pétrole et de gaz.
- Les prix de détail de l’essence ont augmenté de 40 % depuis le début des hostilités.
- Augmentation des rendements des obligations souveraines, dépréciation des monnaies locales et pressions causées par les sorties de capitaux amplifient les coûts liés au choc.
- Afrique:
- Les pays qui dépendent lourdement des importations énergétiques et disposent d’une marge de manœuvre limitée sont les plus frappés.
- Augmentation des coûts détériore les soldes extérieurs, accroît les pressions budgétaires et les besoins de financement.
- Pénuries de carburant constatées notamment en Éthiopie, le Malawi et la Zambie.
- Dans des pays comme le Lesotho, le Rwanda et la Tanzanie, les prix de l’essence ont augmenté d’environ 50 % depuis le début de la guerre.
- Flambée des prix de l’énergie entraîne une hausse des prix des engrais et des aliments, augmentant le risque d’insécurité alimentaire et de pression inflationniste prolongée pour les paysans de nombreux pays à faible revenu si les perturbations persistent.
Politiques publiques : rigueur et agilité requises
- Importance de la durée et de l’intensité du choc énergétique pour l’évolution macroéconomique; le rétablissement de l’offre prendra du temps en raison des dommages aux infrastructures.
- Nécessité de maintenir la stabilité des prix; certaines banques centrales ont déjà commencé à resserrer leur politique pour ancrer les anticipations d’inflation.
- Rigueur budgétaire:
- Avec l’augmentation des coûts d’emprunt, la rigueur budgétaire est essentielle.
- Plafonnement des prix, subventions et interventions similaires sont populaires mais coûteuses.
- Les mesures budgétaires devraient être ciblées et temporaires, préserver les signaux de prix et protéger les plus vulnérables sans miner les finances publiques.
- Espace budgétaire et investissements:
- Il faudra dégager l’espace budgétaire requis pour s’assurer que la croissance générée par l’IA mène à une prospérité partagée.
- Cela implique de faire face aux coûts budgétaires pour contrer les nouvelles sources de vulnérabilité et d’investir dans la technologie et les personnes afin d’éviter que les pays émergents et les pays en développement ne soient laissés pour compte.
Aide du FMI aux pays membres touchés
- Le FMI adapte son soutien aux besoins différenciés des membres; la plupart des pays demandent d’abord des conseils sur l’orientation des politiques publiques plutôt que de l’aide financière.
- Actions en cours:
- Dispensation de conseils adaptés et services de développement des capacités.
- Préparatifs pour apporter une aide financière aux pays en besoin.
- Collaboration actuelle avec plusieurs pays et présentation prochaine au conseil d’administration de propositions pour ajuster les programmes existants.
- Exemples spécifiques de réponses:
- La Gambie a demandé une augmentation et une prolongation de son programme.
- Le Burkina Faso a conclu un accord avec les services du FMI sur une augmentation de son financement pour répondre à ses besoins accrus de financement extérieur.
- En Éthiopie, le FMI entend avancer son financement à cette année.
- Discussions engagées sur un éventuel nouveau programme avec le Malawi.
- Le Bangladesh a demandé un nouveau programme.
- Conclusion:
- Le constat que l’économie mondiale a jusqu’à maintenant réussi à absorber le choc est rassurant, mais ne doit pas conduire à baisser la garde.
- Le FMI demeure en état d’alerte élevée et s’engage à aider les pays membres à gérer le choc et limiter ses retombées négatives, particulièrement pour les personnes vulnérables.
Article: L’économie mondiale résiste au choc de la guerre... jusqu’à maintenant — Kristalina Georgieva, le 22 juin 2026.