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Bulletin du FMI: Études

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photo : Andrea Comas/Reuters/Newscom

Des passants devant des immeubles presque vides à Sesena près de Madrid (Espagne). En Espagne, les prix des logements ont reculé de 30 % environ depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2007 (photo : Andrea Comas/Reuters/Newscom)

PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

L’inflation va sans doute rester stable,d’après les conclusions d’une étude du FMI

Damaino Sandri et John Simon
Département des études du FMI

9 avril 2013

  • L’inflation a à peine bougé durant la Grande Récession, alors que le chômage a progressé
  • L’indépendance des banques centrales a réduit le risque que les mesures de stimulation de l’économie fassent flamber les prix
  • Les anticipations inflationnistes sont ancrées, mais les prix des actifs restent vulnérables à une hausse

Contrairement à ce qui s’est passé durant les récessions précédentes, l’inflation n’a pas fortement reculé durant la Grande récession, et a peu de chances de flamber alors que la reprise se renforce, d’après une nouvelle étude du FMI. Il y a peu de risques que la politique monétaire répète les erreurs des années 70 et déclenche une stagflation.

La stabilité de l’inflation observée ces dernières années s’explique par deux facteurs principaux, selon les conclusions d’une étude publiée dans la dernière édition des Perspectives de l’économie mondiale du FMI. À l’aide d’une analyse économétrique et d’études de cas, un chapitre examine les déterminants du comportement des prix.

En premier lieu, les anticipations inflationnistes se sont plus fermement ancrées, ou sont devenues plus résistantes aux changements, ce qui reflète la confiance de l’opinion publique, qui pense que l’inflation va rester proche des objectifs fixés par les banques centrales nationales (voir le graphique). En second lieu, l’inflation réagit moins à l’évolution du chômage conjoncturel.

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Non seulement l’inflation est restée stable durant la récession, mais elle a été remarquablement inchangée pendant la forte expansion économique du début des années 2000. Cela a même été le cas en Espagne qui, avec son entrée dans la zone euro, a été assujettie à des politiques monétaires trop expansionnistes pour son économie nationale. Malgré la baisse spectaculaire du chômage qui en a découlé, les anticipations inflationnistes, tout comme l’inflation proprement dite, sont restées remarquablement bien ancrées.

«Un élément essentiel de l’ancrage des anticipations inflationnistes est l’indépendance des banques centrales», explique John Simon, auteur principal de l’étude.

Pour illustrer cet argument, l’étude compare les expériences divergentes de la Bundesbank et de la Réserve fédérale américaine (Fed) dans les années 70. Même si les deux ont surestimé le chômage conjoncturel et ont tenu à maintenir la croissance économique, la Bundesbank est parvenue à garder une inflation à un chiffre, alors que la Fed a vu l’inflation passer à près de 15 %. La différence réside dans le fait qu’alors que la Bundesbank a clairement fait la preuve de son indépendance vis-à-vis du reste de l’administration, la Fed a considéré qu’il lui incombait de créer un cadre monétaire adapté aux pressions à la hausse sur les prix résultant des mesures gouvernementales. Ce n’est que lorsque la Fed a acquis une véritable indépendance avec la nomination à sa présidence de Paul Volcker en 1979 que l’inflation a commencé à reculer aux États-Unis.

L’étude conclut que tant que les banques centrales ne subissent pas de contraintes politiques, une politique de relance monétaire est tout à fait adaptée compte tenu du sous-emploi des capacités que connaissent la plupart des pays avancés aujourd’hui. La présence à la fois d’une courbe de Phillips relativement plate — indiquant que l’inflation réagit peu aux fluctuations du chômage — et d’anticipations inflationnistes fermement ancrées signifie que toute relance temporaire trop brutale de l’économie n’aurait que des effets limités sur l’inflation. En revanche, le coût d’un chômage élevé persistant serait sans doute beaucoup plus grand.

L’étude prévient cependant que le fait que les mesures de relance monétaire aient peu de chance de créer de fortes pressions inflationnistes ne doit pas créer un excès de confiance. L’expérience de l’Espagne et de l’Irlande dans les années 2000 montre de façon spectaculaire que malgré une faible hausse des prix à la consommation, les déséquilibres économiques se sont aggravés, et se sont traduits par une inflation galopante du prix des actifs, notamment des logements.


 

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