Typical street scene in Santa Ana, El Salvador. (Photo: iStock)

(photo : Sultan Mahmud Mukut/SOPA Image/Newscom)

Bulletin du FMI : Pour une économie mondiale équilibrée et riche en emplois

le 12 avril 2014

  • La croissance mondiale s’affermit, mais reste inférieure à la moyenne et inégale
  • Il faut collaborer pour dynamiser la reprise
  • Il est essentiel d’opérer des réformes structurelles pour créer des emplois et réaliser une croissance durable

Du fait de l’affermissement de l’économie mondiale, le Comité monétaire et financier international (CMFI) a souligné que les pays devraient déplacer leurs priorités du court terme au moyen terme, en mettant l’accent sur les réformes structurelles qui permettront de réaliser une croissance durable, équilibrée et riche en emplois.

M. Shanmugaratnam (CMFI)  et Mme Lagarde (FMI)

M. Shanmugaratnam (CMFI) et Mme Lagarde (FMI) : le CMFI appelle les pays à se préoccuper du moyen terme et à mettre l’accent sur les réformes structurelles (photo: IMF)

RÉUNIONS DE PRINTEMPS FMI-BANQUE MONDIALE

« Nous devons trouver un nouvel équilibre qui répond aux besoins d’une nouvelle de la reprise économique à l’échelle mondiale », a déclaré le Ministre des finances de Singapour, Tharman Shanmugaratnam, qui présidait la vingt-neuvième réunion du CMFI.

« Cela ne signifie par un retrait soudain des mesures macroéconomiques, surtout monétaires, qui favorisent la reprise. Mais il faut mettre davantage l’accent sur les réformes structurelles », a noté M. Tharman.

Vieux risques et nouveaux risques

M. Tharman a attiré l’attention sur quelques points qui méritent une plus grande attention, selon le CMFI.

Outre la nécessité de réformes structurelles, telles que la réparation des bilans, le renforcement des systèmes bancaires et l’amélioration du fonctionnement des marchés du travail, il a cité quelques risques qui pèsent sur l’économie mondiale. Les risques pour la stabilités financière, non seulement de vieux risques mais aussi de nouveaux, sont particulièrement préoccupants, par exemple une augmentation de l’endettement des entreprises dans certains pays qui ne correspond pas à une hausse de l’investissement.

M. Tharam a noté aussi le risque persistant de volatilité des flux de capitaux vers les pays émergents. Ce risque accru tient en partie à une modification de la structure de la finance mondiale : non seulement le volume des flux de capitaux augmente, mais en plus leur composition change.

Il faut aussi être vigilant face aux risques géopolitiques, a noté M. Tharman : le FMI joue un rôle important dans la stabilisation des crises géopolitiques et la réduction des risques économiques qui y sont liés.

Une croissance non seulement plus élevée, mais aussi de meilleure qualité

La Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a souligné qu’il était nécessaire de maintenir la reprise mondiale en cherchant à réaliser une croissance de meilleure qualité, mieux partagée et plus équilibrée.

Elle a noté que le CMFI a souscrit fermement à son Plan d’action mondial, ce qui encourage le FMI à aller de l’avant avec ce qu’il peut offrir à la communauté internationale pour promouvoir la croissance.

Les travaux du FMI sur les inégalités plaident en faveur de la recherche d’une croissance dont les bienfaits sont partagés par le plus grand nombre, a déclaré Mme Lagarde. Elle a ajouté qu’une croissance de meilleure qualité — où des facteurs tels que le changement climatique et la détérioration de l’environnement sont pris en compte — est tout aussi importante. C’est aussi un des thèmes principaux des travaux du FMI.

« Nous avons analysé l’élimination des subventions énergétiques ; bientôt, nous publierons une étude sur l’établissement d’un prix adéquat pour l’énergie », a noté Mme Lagarde. Pour toutes les questions d’ordre macroéconomique, a-t-elle déclaré, le FMI fournira des analyses et collaborera avec ses pays membres pour les aider à poursuivre leur propre trajectoire de croissance.

Réforme de la gouvernance du FMI

M. Tharman et Mme Lagarde ont exprimé leurs regrets face aux retards qui persistent dans les réformes des quotes-parts et de la gouvernance du FMI arrêtées en 2010. « Ces réformes ne sont pas seulement des réformes institutionnelles : ce sont des réformes qui nous permettront de vivre dans un monde plus sûr et meilleur, parce que le FMI fournit des biens publics indispensables », a déclaré M. Tharman.

Lors de la conférence de presse du G-20 le 11 avril, M. Tharman a déclaré qu’il y avait une « bonne volonté considérable » parmi les ministres pour trouver un moyen d’avancer sur la question des quotes-parts et qu’il existait un consensus quant à l’importance absolue du maintien d’un FMI solide et disposant de ressources adéquates.

« Nous avons une marche à suivre », a déclaré Mme Lagarde, notant que le CMFI a demandé que les réformes de 2010 soient ratifiées d’ici la fin de 2014. Si ce délai n’est pas respecté, le FMI proposera des mesures envisageables.

Conférences à venir

Mme Lagarde a noté que les pays à faible revenu demeurent une priorité pour le FMI. Les 29 et 30 mai, le FMI organisera avec le Mozambique une conférence à Maputo pour faire le bilan des excellents résultats économiques de l’Afrique, de sa résilience accrue aux chocs et de ses principaux enjeux économiques actuels. Il s’agira d’une prolongation de la conférence de 2009 en Tanzanie, qui a contribué à mobiliser une aide internationale en faveur de l’Afrique après la crise financière de 2008.

Le FMI est aussi très présent aux côtés des pays arabes en transition, a déclaré Mme Lagarde, ajoutant que trois pays de la région (Maroc, Tunisie et Jordanie) appliquent aujourd’hui un programme appuyé par l’institution. Le FMI organise aussi une conférence à Amman les 11 et 12 mai pour encourager le dialogue régional sur une vision économique pour les pays arabes en transition. La conférence est organisée conjointement avec la Jordanie et le Fonds arabe pour le développement économique et social.