Le FMI conclut les consultations de 2010 au titre de l’article IV avec le Djibouti

Note d’information au public (NIP) n° 11/9
Le 24 janvier 2011

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres qui ont mis en œuvre des programmes appuyés par le FMI sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 7 janvier 2011, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la République de Djibouti1.

Informations générales

Djibouti a bien résisté à la crise économique et financière mondiale. La croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) réel a fléchi, ramenée de 5,8 % en 2008 à 5 % en 2009 et est restée tirée par la forte expansion du secteur privé (BTP, banques, nouveau terminal à conteneurs de Doraleh et transport maritime) et l’investissement public, malgré la chute prononcée de l’activité de transbordement. L’inflation moyenne est tombée de 12 % à la fin 2008, à 2 % à la fin 2009, après la forte contraction des prix mondiaux des denrées alimentaires et des produits de base. Pour 2010, la croissance devrait reculer encore pour s’établir à 4,5 %, en raison de la poursuite de l’atonie des entrées d’ investissement direct étranger (IDE) et de l’activité de transbordement, d’autant que le commerce extérieur et les services de transport ont pâti d’un ralentissement passager au premier trimestre. Selon les projections, l’inflation devrait être portée à 4,5 % environ, du fait du rebond des prix mondiaux des produits de base et des denrées alimentaires importées d’Éthiopie, lié à un réaménagement temporaire des accords de transport du chemin de fer au transport routier.

Les résultats budgétaires ont fléchi en 2009. Les recettes ont dépassé le niveau programmé, sous l’effet de la bonne tenue du produit de la fiscalité directe, de l’instauration de la TVA et des recettes intérieures non fiscales. Mais les dépenses (budgétaires et extrabudgétaires) ont été plus élevées que prévu au programme, les autorités répondant à des impératifs de sécurité et aux urgences sociales. Le déficit budgétaire (base engagements) a atteint 6 % du PIB alors que l’objectif programmé était de 1,8 % du PIB. L’orientation budgétaire a été globalement desserrée d’environ 2,5 % du PIB par rapport à 2008. Les besoins de financement de l’État ont entraîné une hausse des créances du système bancaire commercial et l’accumulation d’arriérés envers les entreprises de service public. Toutefois, la dette extérieure a été ramenée de 60 à 58 % du PIB en 2009. En 2010, le gouvernement s’est engagé à procéder à un resserrement budgétaire en ramenant le déficit à 0,5 % du PIB.

Le déficit extérieur courant se contracte. Le solde des transactions courantes a été ramené de 24 % du PIB en 2008 à 9 % en 2009 et devrait tomber, d’après les projections, à 7 % en 2010, du fait de la baisse des importations liées aux IDE, de l’amélioration des termes de l’échange et de la poursuite de l’expansion des services à l’exportation. Les entrées de capitaux ont fléchi mais continuent de compenser le déficit des transactions courantes. Les réserves de change devraient augmenter, passant de 217 millions de dollars EU à la fin 2009, à 237 millions de dollars EU à la fin 2010 (plus de trois mois d’importations). Le taux de change effectif réel (TDCER) s’est apprécié de près de 7 % sur la période 2008-09 puis au cours des huit premiers mois de 2010, essentiellement en raison de l’appréciation du dollar EU et de la baisse de l’inflation chez les partenaires commerciaux de Djibouti. Le taux de couverture de la caisse d’émission reste largement supérieur au plancher de 105 % prévu au programme.

Le secteur bancaire connaît une expansion rapide, le nombre d’établissements agréés ayant doublé, porté à 10 au cours des quatre dernières années. La concurrence accrue a permis d’élargir l’offre de produits financiers, y compris ceux obéissant aux principes bancaires islamiques, ainsi que des dépôts à des conditions attrayantes. Les dépôts devraient avoir augmenté de plus de 20 % entre 2008 et 2010. Le crédit au secteur privé a connu une croissance rapide, tiré par l’essor du secteur du BTP et la robustesse du commerce extérieur.

Les perspectives à moyen terme sont favorables. Le rebond attendu desIDE et l’impact positif de la réforme du secteur financier et des réformes structurelles continueront à soutenir la forte croissance du PIB réel qui devrait atteindre 5,5 % en moyenne sur les cinq années à venir. L’inflation devrait fléchir à la faveur de la stabilisation des prix alimentaires et pétroliers, pour revenir à la moyenne historique de 2-3 % de Djibouti. Le déficit extérieur courant devrait augmenter progressivement et atteindre 18 % du PIB en moyenne, avec la reprise des importations liées auxIDE. Après avoir stabilisé les comptes publics et remboursé les arriérés intérieurs, le gouvernement djiboutien serait à même de supporter de légers déficits à moyen terme pour permettre d’augmenter les dépenses d’investissement et les dépenses sociales.

Évaluation par le Conseil d’administration

Le Conseil d’administration s’est félicité du maintien de la vigueur de la croissance tirée par l’activité du secteur privé et l’investissement public. Les soldes extérieurs se sont améliorés et l’inflation est revenue aux moyennes historiques. Le principal défi, à moyen terme, est de pérenniser la croissance économique forte, faire reculer le chômage et la pauvreté, et transformer Djibouti en une plaque tournante logistique et financière pour la région. Pour atteindre ces objectifs, il importera d’attirer l’investissement direct étranger vers le financement des projets d’infrastructure et de renforcer la compétitivité de l’économie grâce aux réformes structurelles.

Les administrateurs se sont félicités des mesures correctrices prises par les autorités pour remettre les finances publiques en bonne voie ainsi que de leur détermination à assurer la viabilité budgétaire. Le retour à l’orthodoxie budgétaire est indispensable pour créer la marge de manœuvre nécessaire au financement des investissements prioritaires et des programmes sociaux. Les priorités essentielles consisteraient notamment à améliorer la gestion des finances publiques et à renforcer les procédures budgétaires. Les administrateurs ont souligné qu’il est nécessaire d’éviter les dépenses extra budgétaires et l’accumulation d’arriérés de paiement intérieurs. Les efforts visant à affermir le recouvrement et l’administration de l’impôt ainsi qu’à rationaliser les incitations fiscales sont aussi essentiels.

Notant que Djibouti conserve un risque élevé de surendettement, les administrateurs ont considéré qu’il importe de poursuivre des stratégies d’endettement prudentes. Ils ont encouragé les autorités à s’abstenir de contracter des financements non concessionnels, y compris par les entreprises d’État, et à procéder à une revue complète des projets financés par des engagements générateurs de dette.

Les administrateurs conviennent que l’accord de caisse d’émission a été bénéfique à l’économie djiboutienne en contribuant à la stabilité macroéconomique. Notant l’évaluation des services du FMI indiquant une certaine surévaluation du taux de change, les administrateurs ont souligné à quel point il importe de poursuivre les progrès des réformes structurelles pour combler les pertes de compétitivité.

Compte tenu de l’expansion rapide du système bancaire et du crédit, les administrateurs ont souligné l’urgence du renforcement de la supervision, de la mise à jour du cadre légal et réglementaire, ainsi que de l’amélioration de la gestion de la liquidité, avec l’assistance technique du FMI. Ils ont salué les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations du PESF de 2009 et attendent avec intérêt l’application rigoureuse de la nouvelle législation afférente à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).


Les administrateurs ont exprimé leur préoccupation quant à la persistance des faiblesses en matière statistiques et en particulier de comptes nationaux. Ils ont appelé à l’adoption de mesures décisives pour améliorer le champ des données couvertes et leur communication afin de permettre la prise de décisions plus avisées.


Djibouti -- Principaux indicateurs économiques et financiers, 2008-2011
 
  2008 2009 2010 2011

 

  Prél. Projections
 
  (Variation annuelle en pourcentage)

Production et prix

       

PIB réel

5,8 5,0 4,5 5,5

IPC (moyenne)

12,0 1,7 3,9 2,0
  (En pourcentage du PIB)

Finances publiques

       

Recettes totales et dons

41,9 37,0 35,8 37,0

Dépenses totales

40,6 41,6 36,3 37,0

Solde budgétaire (base engagements)

1,3 -4,6 -0,5 -0,1

Solde budgétaire (base caisse)

-1,9 -5,7 -1,6 -1,1
  (Variation annuelle en pourcentage)

Indicateurs monétaires

       

Avoirs extérieurs nets

23,1 12,1 -0,4 2,3

Avoirs intérieurs nets

10,0 43,1 35,4 21,8

Masse monétaire large

20,6 17,5 7,2 7,5

Secteur extérieur

       

Solde des transactions courantes (% du PIB)

-24,3 -9,1 -6,9 -11,7

Réserves de change brutes (mois d’import.) 1/

3,6 4,5 4,1 3,6
 

Sources : autorités djiboutiennes; estimations et projections des services du FMI.

1/ En mois d’importations de l’année suivante.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des renseignements économiques et financiers et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse suivante : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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