Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec la Mauritanie

Note d’information au public (NIP) N°12/99 (F)
Le 16 août 2012

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 2 juillet 2012, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec la Mauritanie1.

Informations générales

La Mauritanie s’est bien remise de la crise mondiale. La flambée des cours des produits de base ces deux dernières années, conjuguée à une politique économique prudente, a permis à la Mauritanie de rétablir la stabilité macroéconomique et de constituer un volant de réserves et une marge de manœuvre budgétaire. Toutefois, la pauvreté et le chômage demeurent élevés : il est donc nécessaire de mieux partager la croissance en créant davantage d’emplois et en continuant de diversifier l’économie.

L’économie mauritanienne a bien surmonté la sécheresse au Sahel et le ralentissement économique en Europe. Le PIB réel a connu une croissance de 4 % en 2011, inférieure aux 5,1 % enregistrés l’année précédente, mais l’un des meilleurs résultats tout de même de la sous-région. La reprise de l’activité dans le bâtiment et les services a compensé le repli de la production agricole lié à la sécheresse et l’essoufflement de la production minière. L’inflation a été contenue à 5,7 % (en glissement annuel), du fait de la faible répercussion des prix mondiaux des produits alimentaires et énergétiques. L’amélioration des termes de l’échange liée à la hausse des cours des métaux aux trois premiers trimestres de 2011 a ramené le déficit du compte courant de la balance des paiements à 7,4 % du PIB et a porté les réserves de change à un niveau élevé de 501,6 millions de dollars EU fin 2011.

La mise en œuvre d’une politique économique prudente a contribué à maintenir la stabilité macroéconomique malgré les cours mondiaux élevés des produits alimentaires et énergétiques. Le rééquilibrage des finances publiques s’est poursuivi pour la troisième année consécutive : la hausse des recettes minières et l’effort soutenu du recouvrement des impôts ont largement compensé le coût du programme d’urgence mis en place en 2011, pour atténuer l’impact de l’augmentation des prix alimentaires et énergétiques sur les populations les plus vulnérables. La politique monétaire est restée accommodante, bien que l’excès de liquidité dans le secteur bancaire, lié à l’accumulation non stérilisée d’avoirs extérieurs nets, ne se soit pas traduit par une forte croissance du crédit au secteur privé, ce dernier restant limité à un peu plus de 10 % (en glissement annuel). Le besoin de financement budgétaire étant moins élevé, les taux d’intérêt sur les bons du Trésor ont chuté à un niveau sans précédent d’un peu moins de 3 %.

La croissance va s’accélérer cette année grâce au rebond du secteur agricole et à plusieurs projets d’investissement importants. Le redressement de la production céréalière et les grands projets d’infrastructures devraient compenser le repli prévu de la demande européenne et porter la croissance au-delà de 5 %. L’inflation devrait rester bien maîtrisée grâce à la baisse des prix des produits alimentaires et énergétiques, ainsi qu’à la mise en œuvre de politiques monétaire et de change prudentes. La position extérieure devrait se détériorer sensiblement en 2012 en raison d’effets ponctuels liés au programme de secours d’urgence face à la sécheresse, à de gros investissements dans le secteur de l’énergie et à la construction du nouvel aéroport, avant de se redresser à moyen terme, grâce à une nouvelle production minière et à la baisse des cours des produits de base hors métaux.

À terme, il est essentiel de maintenir la stabilité macroéconomique dans une économie qui est très vulnérable aux chocs exogènes. Pour répondre aux besoins sociaux urgents à la suite de la sécheresse, la politique budgétaire sera provisoirement accommodante, puis le rééquilibrage budgétaire engagé avant la sécheresse se poursuivra, avec l’élimination progressive de subventions mal ciblées et la mise en place de dispositifs de protection sociale plus efficaces. En raison de l’étroitesse de sa gamme d’exportations, l’économie mauritanienne reste très vulnérable à une chute des cours des métaux et aux fluctuations de la demande mondiale. À moyen terme, l’objectif primordial est de diversifier l’économie en dehors des exportations de produits de base pour réaliser une croissance plus solidaire et faire reculer la pauvreté.

Évaluation du Conseil d’administration

Les administrateurs félicitent les autorités de la bonne exécution du programme, notant qu'une politique économique bien conçue a contribué à l'accumulation de volants budgétaires et extérieurs considérables, qui ont aidé le pays à résister à une grave sécheresse, au ralentissement de la demande extérieure et au niveau élevé des prix internationaux des hydrocarbures et des produits alimentaires. Cependant, les progrès accomplis dans la lutte contre le chômage et la pauvreté sont restés limités, et l'économie demeure vulnérable aux chocs extérieurs du fait de sa dépendance à l'égard des exportations de produits de base.

Les administrateurs notent avec satisfaction que les autorités sont déterminées à préserver la stabilité macroéconomique à court terme. À cet égard, ils notent que les autorités ont l'intention de créer une nouvelle échéance à court terme des bons du Trésor pour absorber l'excédent de liquidités dans le secteur bancaire. Les administrateurs conviennent aussi qu'il était approprié de relâcher légèrement la politique budgétaire en 2012 pour répondre aux besoins d'urgence résultant de la sécheresse, mais ils recommandent d'inverser le mouvement rapidement lorsqu'il n'y aura plus d'urgence.

Les administrateurs félicitent les autorités de leur détermination à consolider la situation budgétaire à moyen terme. En particulier, ils notent avec satisfaction que les autorités ont l'intention de remplacer les subventions universelles des prix par des filets de protection sociale bien ciblés. Les administrateurs conviennent que la politique budgétaire doit être découplée des cours volatiles des produits de base, notamment grâce à la création d'un fonds minier bien géré, et ont exhorté les autorités à continuer les efforts d'amélioration du recouvrement des taxes non minières et de chercher de nouvelles recettes dans le secteur des ressources naturelles, tout en veillant à ce que la Mauritanie reste une destination pour les investisseurs étrangers. Afin de préserver la viabilité de la dette, les administrateurs soulignent qu'il importe d'éviter des emprunts non concessionnels et tout nouvel engagement conditionnel, et encouragent les autorités à conclure un accord sur l'allégement de la dette avec les créanciers restant dans des conditions conformes à l’initiative PPTE.

Les administrateurs notent que le système bancaire est relativement stable, mais ils soulignent qu'une meilleure intermédiation financière augmenterait l'efficacité de la politique monétaire et favoriserait une croissance plus inclusive. Dans ce contexte, les administrateurs encouragent les autorités à appliquer strictement les réglementations relative aux apparentés et à la concentration du risque qui viennent d’être récemment révisées, ce qui, conjugué aux améliorations qui sont apportées au contrôle bancaire, contribuera à éviter l'accumulation de risques qui affecteraient la stabilité du système financier.

Les administrateurs notent avec satisfaction la mise en application du nouveau code d'investissement et du guichet unique : il s'agit de premières mesures utiles en vue d'améliorer le climat des affaires. La poursuite de réformes structurelles est nécessaire pour diversifier l'économie en dehors des exportations de produits de base et pour favoriser une croissance plus inclusive, en particulier dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre comme l'agriculture. Les administrateurs ont aussi invité les autorités à s'attaquer aux problèmes qui subsistent dans le domaine de la gouvernance, notamment en appliquant systématiquement le code des marchés publics.


Mauritanie : principaux indicateurs économiques et financiers, 2009-12
(Quote-part : 64,4 millions de DTS)
(Population : 3,46 millions; 2010)
(PIB par habitant : 1.247 dollars EU; 2011)
(Taux de pauvreté : 42 %; 2008)
(Principales exportations : minerai de fer, or, poisson; 2010)
 
  2009 2010 2011 2012

 

    Est. Proj.
 

 

(En pourcentage, sauf indication contraire)

Revenu national et prix (croissance en glissement annuel)

 

 

 

 

PIB à prix constants

-1,2 5,1 4,0 5,7

PIB non pétrolier à prix constants

-1,1 5,6 4,1 5,7

PIB hors industries extractives à prix constants

-1,1 5,6 4,9 6,1

Production de pétrole (milliers de barils par jour)

10,7 8,3 7,7 7,7

Déflateur du PIB

-5,9 21,8 12,1 -0,9

Déflateur du PIB non pétrolier

-3,9 21,5 11,7 -1,2

Déflateur du PIB hors industries extractives

1,0 6,6 2,2 4,4

Indice des prix à la consommation (moyenne de la période)

2,2 6,3 5,7 5,9

Indice des prix à la consommation (fin de période)

5,0 6,1 5,5 6,0

Secteur extérieur

 

 

 

 

Croissance des exportations de biens, f.à.b., en valeur

-23,7 52,0 33,4 0,8

Croissance des importations de biens, f.à.b., en valeur

-27,2 39,1 28,9 16,6

Solde des transactions courantes (pourcentage du PIB)

-10,7 -8,6 -7,4 -19,5

Réserves officielles brutes 1/

 

 

 

 

En millions de dollars EU, fin de période

238,5 287,8 501,6 523,5

En mois d'importations de l'année suivante, hors industries extractives

2,4 2,5 3,6 3,8

Dette extérieure contractée ou garantie par l'État (pourcentage du PIB) 2/

96,5 83,7 76,8 62,4

Monnaie

 

 

 

 

Monnaie et quasi-monnaie (variation en pourcentage)

14,9 12,9 19,9 13,0

Crédit au secteur privé (variation en pourcentage)

3,7 14,2 10,1 14,4

Investissement et épargne

 

 

 

 

Investissement brut (pourcentage du PIB)

24,6 24,0 32,6 37,1

Épargne brute (pourcentage du PIB)

13,9 15,4 25,2 17,7

 

Opérations consolidées de l'État

(Pourcentage du PIB non pétrolier, sauf indication contraire)

Recettes et dons

26,7 27,1 28,7 32,3

Recettes non pétrolières

24,1 24,6 26,0 29,4

Recettes pétrolières

1,8 1,4 2,0 1,5

Dépenses et prêts nets

32,1 29,1 30,2 35,9

Solde de base non pétrolier, définition du programme 3/

-5,3 -2,4 -0,2 -0,9

Solde global, dons compris

-5,4 -2,0 -1,5 -3,5

Dette du secteur public (pourcentage du PIB) 2/

106,1 92,8 83,5 70,0

Pour mémoire :

 

 

 

 

PIB nominal (en milliards d'UM)

794,2 1016,6 1184,3 1239,9

PIB nominal non pétrolier (en milliards d'UM)

757,6 972,4 1130,1 1180,6

PIB nominal (en millions de dollars EU)

3031,2 3700,1 4217,0 4177,9

Cours du minerai de fer (dollars EU la tonne)

80,0 146,7 167,8 136,4

Sources : autorités mauritaniennes; estimations et projections des services du FMI.

 

1/ Hors compte pétrolier.

2/ L'allégement de dette PPTE de la part du Koweït était prévu initialement en 2011 : il est maintenant attendu en 2012.

3/ Recettes non pétrolières (hors dons) moins dépenses (hors dépenses d'investissement financées sur ressources extérieures et intérêts sur la dette extérieure).

 

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l’adresse : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.



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