Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec l’Algérie

Note d’information au public (NIP) n° 13/10
Janvier 25,2013

Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 16 janvier 2013, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’article IV avec l’Algérie1.

Informations générales

L'Algérie devrait continuer d'afficher de solides résultats économiques en 2012. Selon les projections, le taux de croissance s'établira à 2,5 % pour l’année, grâce au dynamisme du secteur hors hydrocarbures, tiré par les dépenses publiques. Les prévisions indiquent un taux de 3,4 % pour 2013, soutenu par la demande intérieure et la reprise du secteur des hydrocarbures. L'excédent courant devrait atteindre 8,1 % du PIB en 2012, l'augmentation des prix des hydrocarbures devant compenser la baisse des volumes exportés, et 7,0 % du PIB en 2013. En 2012 et en 2013, les réserves de change, qui représenteront environ trois ans d’importations, continueront d’être confortables, et l'endettement extérieur restera faible. Le solde du Fonds de Régulation des Recettes (FRR), net de la dette publique, se maintiendra aux alentours de 26 % du PIB. Les risques auxquels se trouve exposée l'économie sont essentiellement de nature baissière. L’Algérie est en effet vulnérable à un repli prolongé des cours du pétrole, à une hausse des prix internationaux de produits alimentaires (notamment du blé), à une détérioration de l'économie mondiale, en particulier dans la zone euro, et aux pressions grandissantes dans le pays pour que soit utilisée la rente provenant des hydrocarbures. Les phénomènes de contagion en provenance d’Algérie devraient être limités.

L'inflation a fait un bond pour passer de 4,5 % en 2011 à 8,4 % en 2012, soit le taux le plus élevé enregistré depuis 15 ans. Les hausses de prix on surtout touché les produits alimentaires et les biens manufacturés, en raison de l’excédent de liquidités produit par les dépenses publiques courantes financées par des ponctions sur le fonds pétrolier et, peut-être également, par des problèmes d'efficacité au niveau de la chaîne de distribution. En mai 2012, la Banque d'Algérie a relevé le coefficient de réserves obligatoires de 9 % à 11 % et absorbé un montant de liquidités supplémentaire de 250 milliards de dinars (soit une hausse de 23 %), réduisant ainsi le volume des liquidités libres; ceci n’a cependant pas suffi à contenir l’inflation.

L’expansion budgétaire de ces dernières années a accentué la vulnérabilité des finances publiques. Le déficit budgétaire devrait se creuser pour passer de 1,3 % du PIB en 2011 à 3,6 % du PIB en 2012, la hausse des rémunérations dans la fonction publique et des transferts courants décidée en 2011 faisant pleinement sentir ses effets. Le prix d’équilibre budgétaire du pétrole devrait donc passer, selon les projections, à 121 dollars le baril en 2012, contre 109 dollars en 2011, ce qui traduit une plus grande vulnérabilité aux prix des hydrocarbures. La nouvelle loi de finances pour 2013 prévoit l’achèvement progressif des rappels de salaires et une consolidation budgétaire; le déficit budgétaire devrait donc régresser à 1,3 % du PIB en 2013. Malgré la réduction du déficit hors hydrocarbures de 45,6 % à 40 % du PIB hors hydrocarbures entre 2012 et 2013, la richesse réelle par habitant à un niveau devrait continuer à diminuer à long terme.

La croissance n'est pas suffisamment rapide pour réduire le chômage. Elle est fortement tributaire du secteur public, financée par les recettes exceptionnelles tirées des hydrocarbures et insuffisamment diversifiée. La croissance négative du secteur des hydrocarbures observée au cours des dernières années a freiné la croissance globale. L'investissement public progresse moins rapidement depuis 2009, ce qui contribue au ralentissement de l'expansion du secteur hors hydrocarbures. Le taux de change effectif réel s'est apprécié en 2012, ce qui nuit à la compétitivité extérieure de l’Algérie, nécessaire pour faire en sorte que les exportations nettes contribuent à la croissance. Malgré les efforts récemment déployés, le climat des affaires reste défavorable et fait obstacle à l'investissement privé, aussi bien intérieur qu'étranger. L'investissement direct étranger, en particulier, est gravement limité par les règles relatives aux participations étrangères. Le secteur bancaire est solide, mais l'accès au crédit reste limité. Les marchés financiers sont sous-développés. Le taux de chômage a été ramené d’un niveau record de près de 30 % en 2000 à 10 % en 2011, mais il reste élevé pour les jeunes (21,5 %) et pour les femmes (17 %).

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs félicitent l’Algérie pour les solides résultats économiques qu’elle a continué à enregistrer en dépit d’une conjoncture difficile. Ils notent cependant que la montée de l’inflation, la dépendance persistante à l’égard du secteur des hydrocarbures et des dépenses publiques, et la vulnérabilité à un repli prolongé des cours du pétrole, de même que le niveau élevé du chômage, constituent des défis considérables. Dans ce contexte, ils encouragent les autorités à prendre des mesures pour préserver la stabilité macroéconomique, assurer la viabilité à long terme des finances publiques et promouvoir une forte croissance hors hydrocarbures.

Les administrateurs saluent les efforts consentis par les autorités pour maîtriser l’inflation, notamment au travers d’une plus grande ponction de liquidités et d’un relèvement du niveau des réserves obligatoires par la Banque d’Algérie, et de la consolidation budgétaire prévue dans la loi de finances de 2013. Ils recommandent cependant, pour ramener le taux d’inflation moyen au niveau recherché, de resserrer davantage la politique monétaire en absorbant les liquidités excédentaires et en relevant les taux d’escompte et de pensions livrées. Il importera également d’éviter de nouvelles augmentations salariales dans le secteur public et d’émettre des obligations d’État pour couvrir les besoins de trésorerie, au lieu de faire appel au FRR. En outre, les administrateurs estiment qu’il serait pertinent d’adopter des mesures structurelles pour contribuer à maîtriser les tensions sur les prix liées à l’offre.

Les administrateurs prennent note de l’évaluation des services selon laquelle le taux de change effectif réel est aligné sur les fondamentaux. Ils saluent l’intention des autorités de faire face au niveau élevé de la prime sur le marché parallèle. Ils estiment que le relèvement des plafonds d’allocation de devises aux voyageurs à l’étranger sera un pas dans la bonne direction. Ils engagent les autorités à développer davantage le marché des changes interbancaire.

Les administrateurs soulignent qu’un ajustement budgétaire plus poussé sera essentiel pour assurer la viabilité des finances publiques. Dans cette perspective, les autorités devraient concentrer leurs efforts sur la maîtrise des dépenses courantes, notamment de la masse salariale, un meilleur ciblage des subventions, une révision des exonérations fiscales et la mobilisation de recettes fiscales hors hydrocarbures. Les administrateurs notent qu’une démarche visant à établir dans la loi de finances un plafond annuel explicite sur les tirages sur le FRR permettrait de renforcer la règle budgétaire existante, liée aux cours du pétrole. Ils soulignent qu’il est nécessaire de renforcer la gestion des finances publiques et de mettre en place un cadre budgétaire à moyen terme complet.

Les administrateurs saluent les améliorations enregistrées sur le plan de la stabilité financière et recommandent que des mesures soient prises pour consolider ces gains. Ils encouragent les efforts destinés à renforcer l’intermédiation bancaire en levant l’interdiction du crédit à la consommation et s’associent à la démarche des autorités visant à développer les marchés financiers. Les administrateurs engagent les autorités à adopter des mesures pour corriger les lacunes qui subsistent dans le dispositif de LBC/FT et à mettre pleinement en œuvre le plan d’action convenu avec le GAFI.

Les administrateurs insistent sur la nécessité d’entreprendre de vastes réformes pour diversifier l’économie, améliorer le climat des affaires et la compétitivité, accroître la productivité et doper la croissance, notamment en dehors du secteur des hydrocarbures. Des efforts doivent également être portés sur la promotion de l’investissement privé, une plus grande libéralisation du commerce extérieur et l’accompagnement d’une économie plus efficiente et fondée sur la connaissance. Les administrateurs recommandent de sauvegarder l’investissement public et d’améliorer sa qualité, et de renforcer la capacité d’absorption du secteur public. Ils encouragent les autorités à revoir et à amender le régime restrictif applicable aux IDE. Les administrateurs conviennent que les politiques visant à adapter les qualifications aux exigences du marché du travail et à renforcer la flexibilité de ce dernier, de même que des politiques du marché du travail actives et efficaces, contribueront à accroître l’emploi, notamment pour les jeunes et les femmes.


Algérie : Principaux indicateurs macroéconomiques de référence, 2011–13
Population: 37.1 millions; 2012 Principaux produits/exportations: hydrocarbures
Quote-part : 1 254,7 millions DTS Principaux marchés d'exportation: UE
PIB par habitant : 5.253 dollars; 2011        
Taux de pauvreté : 12,1; 2000        
  • Principales exportations: pétrole et gaz

 
    Prél. Proj. Proj.
    2011 2012 2013
 

Production

       

PIB réel

  2.4 2.5 3.4

PIB réel hors hydrocarbures

  5.3 5.0 4.8

Emploi

       

Taux de chômage (en pourcentage)

  10% 10% ...

Prix

       

Prix à la consommation (fin de période)

  5.2 6.3 5.0

Prix à la consommation (moyenne pour la période)

  4.5 8.4 5.0

Finances publiques

       

Recettes

  40.0 39.3 37.7

Hydrocarbures

  27.5 26.0 25.0

Dépenses et prêts nets

  41.3 42.9 39.0

Courantes

  26.8 28.8 25.1

D'investissement

  13.6 13.4 13.3

Solde budgétaire

  -1.3 -3.6 -1.3

Solde primaire hors hydrocarbures (en pourcentage

       

du PIB hors hydrocarbures)

  -44.7 -45.1 -39.5

Total dette publique

  11.0 9.9 8.9
    (Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Secteur monétaire

       

Crédit à l’économie 1/

  13.5 14.9 ...

Monnaie au sens large

  19.9 10.6 ...

Taux des bons du Trésor à trois mois (fin période, pourcentage)

  0.3 1.3 ...
    (en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Balance des paiements

       

Exportations biens hydrocarbures (dollars, variation pourcentage)

  27.6 -1.3 -0.7

Exportations biens hydrocarbures (pourcentage total export. biens)

  98.3 98.4 98.3

Importations de biens (dollars, variation en pourcentage)

  15.6 -0.2 1.7

Balance commerciale des marchandises

  14.0 13.1 12.3

Solde des transactions courantes

  9.9 8.1 7.0

Investissements directs étrangers

  1.0 0.8 0.9

Total dette extérieure

  2.2 1.9 1.7

Réserves brutes (milliards de dollars)

  182.2 193.9 208.6

En mois d'importation de l'année suivante de biens et services

  38.2 40.2 41.7

Taux de change

       

Taux de change effectif réel (2005 = 100)

  101.8 ... ...

Monnaie locale pour 1 dollar (moyenne pour la période)

  72.7 ... ...

Secteur pétrolier et gazier

       

Total exportations produits pétroliers et gaziers (milliards dollars)

  71.7 70.8 70.3

Cours moyens du brut à l'exportation (dollars/baril)

  112.9 115.3 114.1

Production de brut (millions barils/jour)

  1.29 1.27 1.28

Production de gaz (millions barils/jour équivalent)

  1.34 1.34 1.34
    (en pourcentage du PIB)

Investissement et épargne

       

Formation brute de capital

  36.2 35.6 41.6

Dont : non publique

  22.5 21.5 27.7

Épargne intérieure brute

  46.0 43.7 48.6

Dont : non publique

  33.7 33.3 36.0
 

Sources : Autorités algériennes et estimations et projections des services du FMI.
1/ Crédit au secteur privé et aux entreprises publiques.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Les termes convenus qui sont utilisés dans les résumés sont expliqués à l’adresse: http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.



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