Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2012 au titre de l’Article IV avec le Canada

Note d’information au public (NIP) N°13/17
Le 14 février 2013

Les notes d’information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’Article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement. Le rapport des services du FMI pour les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec le Canada est aussi disponible (pour visualiser ce fichier au format pdf, utiliser Adobe Acrobat Reader, distribué gratuitement).

Le 11 février 2013, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l’Article IV avec le Canada1.1

Toile de fond

Après un fort rebond en 2010–11, l’économie canadienne a ralenti en 2012 en raison d’une baisse de la croissance de la demande intérieure privée, de la persistance de turbulences extérieures, et des mesures d’ajustement budgétaire en cours. La consommation a souffert du repli de la croissance du revenu disponible et du crédit à la consommation. Le secteur de l’immobilier s’est quelque peu apaisé, après avoir atteint, il est vrai, des niveaux très élevés, et les incertitudes de la conjoncture internationale ont pesé sur les investissements des entreprises. Les autorités ont poursuivi leur programme de retour à l’équilibre budgétaire à moyen terme, de telle sorte que la politique budgétaire a elle aussi freiné la croissance. Simultanément, la faiblesse de la demande extérieure et la vigueur de la monnaie ont nui aux exportations. Tous ces éléments, conjugués au repli des cours des matières premières, ont entraîné un net creusement du déficit des transactions courantes, qui atteint environ 4% du produit intérieur brut (PIB).

La croissance économique devrait repartir dans le courant de l’année 2013 et atteindre environ 2½ % d’ici 2014–2015. La consommation privée et l’investissement dans l’immobilier résidentiel devraient moins contribuer à la croissance qu’au cours de la période récente en raison du désendettement des ménages et de la poursuite de la stabilisation du secteur de l’immobilier. En revanche, l’investissement des entreprises et les exportations nettes bénéficieront du raffermissement escompté de l’économie des États-Unis. Cela dit, les aléas négatifs à court terme demeurent importants, notamment en raison de l’incertitude qui continue d’entourer la politique budgétaire des États-Unis, des risques de nouvelles perturbations en Europe, et du repli des cours des matières premières entraîné par le ralentissement économique des pays émergents. Même si le Canada reste plus vulnérable aux chocs exogènes à cause de l’endettement important des ménages et de la persistance de prix élevés dans l’immobilier, la croissance pourrait aussi ralentir sous l’effet d’une résorption des déséquilibres intérieurs moins graduelle que ne le prévoyaient les services du FMI.

Pour ce qui est de l’action des pouvoirs publics, le rééquilibrage des finances publiques s’est poursuivi en 2012 sous l’impulsion du gouvernement fédéral, mais la plupart des provinces ont aussi mis en place des programmes de compression des dépenses. En conséquence, le déficit budgétaire des administrations publiques, corrigé des variations conjoncturelles, a diminué cumulativement, d’après les estimations, de 1¾  de point de pourcentage ces deux dernières années et l’endettement net, qui atteint environ 34½ % du PIB, est inférieur à celui de la plupart des pays comparables. Les autorités fédérales visent un équilibre budgétaire d’ici le milieu de la décennie, tout en s’octroyant une certaine marge de manœuvre pour le cas où les aléas négatifs viendraient à se concrétiser.

Face aux hésitations de la croissance, à la persistance d’importants aléas négatifs et à des anticipations inflationnistes bien ancrées, la politique monétaire est restée accommodante. Le taux d’inflation est tombé en bas de la fourchette cible de la Banque du Canada fin 2012, sous l’effet du ralentissement de l’activité économique, de la baisse des cours des matières premières et du renforcement de la monnaie. Le taux cible du financement à un jour est inchangé depuis septembre 2010, à 1%, et les marchés anticipent un durcissement de la politique monétaire dans le courant de l’année 2013.

Les marchés financiers canadiens ont bénéficié de l’amélioration de la situation financière mondiale. Les conditions de crédit restent très favorables et devraient contribuer à inciter les entreprises à investir. Les banques canadiennes sont bien capitalisées et rentables, mais demeurent exposées aux retombées éventuelles de nouvelles turbulences sur les marchés financiers mondiaux qui pourraient entraîner une hausse des coûts de financement et des contraintes de liquidité.

Évaluation par le Conseil d’administration

Les administrateurs félicitent les autorités de leur saine gestion de la politique macroéconomique et du secteur financier. Ils notent que, après s’être rapidement redressée au lendemain de la récession de 2009, la croissance économique a ralenti en 2012. Elle devrait redémarrer dans le courant de l’année 2013, mais les aléas négatifs restent prépondérants compte tenu du niveau élevé de l’endettement des ménages, qui pourrait amplifier l’impact de chocs exogènes. Les administrateurs notent à cet égard que le principal défi pour le Canada consiste à accompagner la croissance à court terme tout en réduisant les facteurs de vulnérabilité que les chocs extérieurs et les déséquilibres intérieurs pourraient engendrer.

Les administrateurs conviennent que l’orientation accommodante actuelle de la politique monétaire est appropriée. Ils notent que, compte tenu de l’écart de production négatif, des anticipations inflationnistes bien ancrées et de la conjoncture internationale problématique, le cycle de resserrement monétaire ne devrait débuter que lorsque la croissance se sera raffermie. La plupart des administrateurs conviennent aussi qu’une marge de manœuvre subsiste pour assouplir encore la politique monétaire afin de soutenir l’activité économique si les perspectives de croissance venaient à se dégrader sensiblement. Un petit nombre d’administrateurs estiment toutefois peu probable qu’un nouvel assouplissement soit efficace et qu’il aggraverait les risques financiers posés par la persistance de taux d’intérêt bas. Les administrateurs conviennent que de nouvelles mesures macroprudentielles doivent être la première ligne de défense contre les risques découlant du fort endettement des ménages.

Les administrateurs soutiennent le programme de rééquilibrage budgétaire à moyen terme des autorités, qui permettra de reconstituer des amortisseurs essentiels contre d’éventuels chocs futurs. Ils conviennent cependant qu’il y a lieu de laisser jouer pleinement les stabilisateurs économiques en cas de ralentissement de la croissance économique. Ils soulignent l’importance de poursuivre le rééquilibrage budgétaire dans certaines des plus grandes provinces.

Les administrateurs notent que, pour placer l’endettement des administrations publiques sur une trajectoire viable à long terme, il conviendrait d’entreprendre des réformes propres à assurer une maîtrise durable des dépenses et à accroître les recettes. À cet égard, il sera particulièrement important que de nouvelles mesures soient adoptées au niveau provincial pour ralentir la hausse des dépenses de santé. La publication d’un rapport exhaustif sur la viabilité des finances publiques couvrant tous les niveaux de l’administration, avec une présentation des mesures envisageables, contribuerait à susciter l’adhésion nécessaire du public en faveur de telles réformes.

Les administrateurs considèrent que le secteur de l’immobilier est un important facteur de vulnérabilité, comme en témoigne le niveau élevé du ratio d’endettement des ménages. Ils se félicitent des mesures prises par les autorités pour durcir les règles de l’assurance hypothécaire garantie par l’État et les normes de crédit immobilier, mesures qui ont aidé à ralentir le rythme d’endettement des ménages et l’augmentation des prix immobiliers. Les administrateurs conviennent que, si le ratio d’endettement des ménages continue de s’accroître, de nouvelles mesures pourraient s’imposer.

Les administrateurs se félicitent de la solidité du système canadien de réglementation et de supervision financières, grâce auquel les banques ont pu rester bien capitalisées et rentables. Ils insistent sur la nécessité de rester vigilant face aux risques de contagion provenant des chocs extérieurs et à l’accumulation de vulnérabilités financières dues au maintien de taux d’intérêt bas pendant une longue période. Les administrateurs saluent la ferme détermination des autorités de mettre en œuvre le programme international de réformes financières ainsi que leur décision d’actualiser le programme d’évaluation du secteur financier (PESF) en 2013.

Les administrateurs conviennent que les abondantes richesses naturelles du pays ouvrent de nouvelles possibilités mais présentent aussi des défis. Ils notent que l’amélioration soutenue des termes de l’échange du Canada, due essentiellement au niveau élevé des cours des matières premières, a eu un effet positif sur la croissance économique et les recettes publiques. En même temps, les changements structurels qui accompagnent l’expansion du secteur des matières premières doivent être gérés de manière à rehausser la productivité et à ouvrir de nouveaux débouchés. Plus généralement, des gains de productivité seront nécessaires pour améliorer la compétitivité extérieure du Canada. Les administrateurs conviennent aussi qu’il serait utile que les autorités ou les provinces riches en ressources naturelles envisagent l’adoption d’un cadre budgétaire pour atténuer la transmission de l’instabilité des cours des matières premières à l’ensemble de l’économie.


Canada : principaux indicateurs économiques et financiers 1/
 
(variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
 
        Est. Proj.

 

2009 2010 2011 2012 2013
 

PIB réel

-2.8 3.2 2.6 2.0 1.8

Exportations nettes 2/

0.1 -2.1 -0.4 -0.4 -0.2

Demande intérieure totale

-2.9 5.2 2.9 2.3 1.9

Demande intérieure finale

-2.0 4.9 2.7 1.8 1.6

Consommation privée

0.2 3.4 2.4 2.0 2.0

Consommation publique

3.4 3.0 1.0 -0.2 0.2

Investissement intérieur fixe privé

-16.0 10.8 7.1 5.1 2.5

Taux d’investissement privé (en % du PIB)

16.9 18.1 18.9 19.5 19.6

Investissement public

8.7 9.3 -3.3 -6.1 -0.9

Variation des stocks 2/

-0.8 0.3 0.2 0.5 0.3
           

PIB (à prix courants)

-4.9 6.4 5.9 3.3 3.8

 

 

 

 

 

 

Emploi et inflation

 

 

 

 

 

Taux de chômage

8.3 8.0 7.5 7.3 7.3

Indice des prix à la consommation

0.3 1.8 2.9 1.6 1.7

Déflateur du PIB

-2.2 3.1 3.2 1.3 2.0

 

         

Taux de change (moyenne sur la période)

 

 

 

 

 

Centimes de dollar EU/dollar canadien

87.5 97.1 101.1 100.0

Variation en pourcentage

-7.1 9.9 3.9 -1.0

Taux de change effectif nominal

-4.1 9.8 2.0 0.9

Taux de change effectif réel

-4.3 9.3 1.4 0.02

 

 

 

 

 

 

Indicateurs de politiques financières (base comptes nationaux, en % du PIB)

 

Solde budgétaire global fédéral

-2.1 -2.5 -1.8 -1.3 -1.1

Solde budgétaire global provincial 3/

-3.4 -3.3 -2.8 -2.5 -2.3

Solde budgétaire des administrations publiques 4/

-4.8 -5.3 -4.1 -3.2 -2.9

Bons du Trésor à trois mois

0.4 0.6 0.9 1.0 1.0

Rendement des obligations d’État à dix ans

3.2 3.2 2.8 1.9 2.1

 

 

 

 

 

 

Balance des paiements

 

 

 

 

 

Solde des transactions courantes (en % du PIB)

-2.6 -3.5 -3.0 -4.0 -4.0

Solde du commerce de marchandises (en % du PIB)

-0.4 -0.6 0.1 -0.7 -0.6

Volume des exportations

-14.6 8.0 5.1 2.1 2.4

Volume des importations

-14.4 14.1 6.0 2.7 2.8

Solde des invisibles (en % du PIB)

-2.2 -2.9 -3.1 -3.3 -3.4

 

 

 

 

 

 

Épargne et investissement (en % du PIB)

 

 

 

 

 

Épargne nationale brute

18.8 19.7 20.6 20.6 20.8

Administrations publiques

0.0 -0.3 0.5 1.3 1.4

Secteur privé

18.8 20.0 20.1 19.3 19.4

Ménages

6.3 5.5 5.0 4.3 4.3

Entreprises

12.6 14.6 15.1 15.0 15.1

Investissements intérieurs bruts

21.8 23.3 23.6 24.6 24.9
 

 Sources : statistiques du Canada et estimations des services du FMI.

1/ Données disponibles au 21 décembre 2012.

2/ Contribution à la croissance.

3/ Inclut administrations locales et territoriales.

4/ Inclut Régime de pension du Canada et Régime de pension du Québec.


1 1 Conformément aux dispositions de l’Article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l’examen du Conseil d’administration. À l’issue de cet examen, le Directeur général, en sa qualité de Président du Conseil d’administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Une explication des termes convenus utilisés dans les résumés des réunions du Conseil d’administration peut être consultée à l’adresse suivante: http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.



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