Le Conseil d’administration du FMI conclut les entretiens de 2013 sur les politiques communes des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine
Note d’information au public (NIP) n° 13/35le 27 mars, 2013]
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Les notes d'information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement. |
Le 25 mars, 2013, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les entretiens annuels sur les politiques communes des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)1.
Informations générales
L’UEMOA a été confrontée à de nouveaux défis politiques et sécuritaires en 2012. Des coups d’État militaires se sont produits en Guinée-Bissau et au Mali et ont causé des perturbations dans l’économie de ces pays. L’occupation du Nord du Mali par des groupes terroristes a provoqué un afflux de réfugiés dans les pays voisins et déclenché une intervention militaire ayant pour but de restaurer l’intégrité territoriale. Côté positif, la situation sociopolitique s’est sensiblement améliorée en Côte d’ivoire, et le passage de pouvoir a eu lieu dans un climat paisible et démocratique au Sénégal.
L’activité économique régionale a redémarré en 2012. Après avoir fortement reculé pour se situer à environ 1 % en 2011 sous l’effet de la sécheresse au Sahel et de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, la croissance régionale a atteint un niveau estimé à 5,8 % en 2012. Elle a été tirée principalement par la reprise de l’économie ivoirienne après la crise, le redressement de la production agricole dans un certain nombre de pays et le démarrage de la production pétrolière au Niger. Certains pays ont dû faire face à des tensions inflationnistes, principalement sur les prix intérieurs des produits alimentaires et pétroliers. Néanmoins, l’inflation régionale moyenne est restée faible, à environ 2,5 %.
Le déficit budgétaire de la région s’est stabilisé à environ 4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2012, et la situation d’endettement global s’est améliorée sous l’effet de l’allégement de la dette de la Côte d’Ivoire. Par rapport à son niveau de 2011, le déficit budgétaire a augmenté au Burkina Faso, au Niger et Togo, s’est stabilisé en Côte d’Ivoire et a baissé dans les autres pays. Avec l’arrivée de la Côte d’Ivoire au point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés en 2012, les pays de l’UEMOA ont à présent tous bénéficié d’un allégement sensible de leur dette extérieure. La dette nominale moyenne de la région se situe maintenant à environ 40 % du PIB. Tous les pays ont un ratio de la dette publique qui est sensiblement inférieur au plafond de 70 % du PIB fixé par le dispositif de surveillance régionale. Par ailleurs, leur risque de surendettement est jugé faible ou modéré dans les récentes analyses de viabilité de la dette (AVD), résultat de politiques budgétaires prudentes et d’une croissance soutenue.
La politique monétaire a été légèrement assouplie en 2012. En dépit d’une expansion relativement forte du crédit au secteur privé et à l’État, la croissance monétaire est restée modérée en 2012 (à environ 8 % en glissement annuel), en raison d’un recul sensible des avoirs extérieurs nets. Face à la poursuite d’une inflation modérée et à une forte contraction des liquidités bancaires (liée, dans une certaine mesure, à l’évolution des avoirs extérieurs nets) génératrice de tensions sur les taux d’intérêt, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a procédé à de fortes injections de liquidités dans les banques. Elle a en outre abaissé les taux directeurs de 25 points de base à 3 et 4 % et ramené le coefficient de réserves obligatoires de 7 à 5 %.
Le déficit des transactions courantes de la région s’est sensiblement élargi en 2012. Ce résultat tient à un certain nombre de facteurs exceptionnels, tels que la hausse des importations de biens intermédiaires et d’équipement de la Côte d’Ivoire, liée à son effort de reconstruction, l’augmentation de celles du Burkina Faso et du Niger au titre de projets miniers et d’hydrocarbures, l’accroissement des importations alimentaires en vue de compenser les effets de la sécheresse de 2011 et une évolution défavorable des termes de l’échange. L’aggravation du déficit des transactions courantes, conjuguée à des retards temporaires dans le rapatriement des recettes d’exportation (surtout par la Côte d’Ivoire), a donné lieu à un déficit de la balance des paiements globale et à une baisse des réserves officielles, qui couvraient environ 5 mois d’importations régionales et 98 % des passifs intérieurs à court terme à fin 2012.
La convergence budgétaire a peu progressé. Cinq pays sur huit n’ont pas respecté le critère de convergence clé relatif au solde budgétaire de base en 2012. À la suite d’un allégement de leur dette, le critère de la dette est maintenant observé par tous les pays.
Évaluation par le Conseil d’administration
Les administrateurs notent avec satisfaction le maintien de la stabilité macroéconomique dans la région, ainsi que les perspectives d'une croissance vigoureuse et soutenue, avec une inflation modérée. Étant donné la persistance d'un environnement difficile et des risques de dégradation, il sera toutefois important de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires et de veiller à l'application intégrale des mesures propices à la croissance, notamment pour encourager l'expansion du système financier et l'intégration régionale.
Les administrateurs sont d'avis que le policy mix actuel est approprié et notent avec satisfaction l'assainissement budgétaire qui est prévu dans les pays qui affichent un déficit plus élevé. Ils appellent à redoubler d'efforts pour accroître les recettes et améliorer la qualité des dépenses publiques. Les administrateurs soulignent qu'il est nécessaire de renforcer la gestion de la dette au niveau des pays, en suivant de près le niveau de la dette intérieure dont les termes sont moins favorables. Compte tenu des perspectives d'inflation, les administrateurs sont d'avis que l'assouplissement récent de la politique monétaire est approprié. Ils notent que les réserves de change restent adéquates, mais ils soulignent que leur baisse récente doit être surveillée de près.
Les administrateurs soulignent qu'il importe de mieux coordonner les politiques budgétaires pour préserver la viabilité de la dette et la stabilité de l'Union à moyen terme. Ils notent avec satisfaction l'intention de procéder à un examen détaillé du dispositif de surveillance régionale. Ils sont favorables à un réexamen des critères de convergence relatifs à la dette publique et au déficit budgétaire, et à un renforcement du dispositif institutionnel de manière à améliorer le respect des critères et leur efficacité.
Les administrateurs encouragent à prendre des mesures supplémentaires pour développer le système financier et ainsi accélérer la croissance, atténuer l'impact de la volatilité, accroître l'accès aux services financiers et améliorer l'efficacité des politiques macroéconomiques. Il sera essentiel d'achever les réformes en cours visant à développer les marchés interbancaire et secondaire de la dette publique. Les administrateurs notent que les banques sont en moyenne relativement bien capitalisées et liquides, bien que la situation varie largement d'une banque à l'autre. Les risques tiennent à la forte concentration des prêts et à la qualité inégale des actifs, ainsi qu'à l'exposition croissante des banques aux dettes souveraines dans la région et à l'émergence des groupes régionaux. Dans ces conditions, les administrateurs engagent à accélérer les travaux en cours pour renforcer le contrôle et la réglementation des banques, notamment pour améliorer le respect des règles prudentielles, tout en rapprochant certaines de ces règles des normes internationales. Les administrateurs notent avec intérêt aussi les efforts déployés pour renforcer le dispositif de prévention et de résolution des crises.
Les administrateurs notent que le taux de change réel pour l'ensemble de la région semble en ligne avec les fondamentaux économiques. Pour améliorer la compétitivité hors prix et les perspectives de croissance, les administrateurs appellent à déployer des efforts concertés à l'échelle régionale et nationale pour renforcer les institutions, la gouvernance, les infrastructures et l'intégration commerciale. Ils encouragent aussi à continuer de chercher à améliorer la qualité, la couverture et le délai d'établissement des données, ainsi que le partage des données à grande échelle au niveau national et régional.
Les vues exprimées aujourd'hui par les administrateurs feront partie intégrante des entretiens prévus dans le cadre des consultations au titre de l’article IV avec chaque État membre de l’UEMOA jusqu’au prochain examen des politiques communes de l’Union par le Conseil d’administration.
