Déclaration à la fin de la mission du FMI au Burkina Faso

Communiqué de presse n° 12/122
Le 4 avril 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mme Laure Redifer a séjourné à Ouagadougou du 21 mars au 4 avril 2012, afin de mener les discussions pour la 4ème revue du programme soutenu par le FMI au titre de l’accord de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). La mission a rencontré M. Lucien Marie Noël Bembamba, Ministre de l’Economie et des Finances, M. François Marie Didier Zoundi, Ministre Délégué chargé du Budget, et M. Charles Ki-Zerbo, Directeur National de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que d’autres hauts cadres, et des représentants du secteur privé et des bailleurs de fonds.

A la fin de la mission, Mme Redifer, Chef de mission du FMI pour le Burkina Faso, a fait la déclaration suivante à Ouagadougou :

« L’activité économique a ralenti en 2011, avec un taux de croissance du PIB réel de 4,2 pour cent, contre 7,9 pour cent en 2010. Ceci s’explique en grande partie par une baisse de la production céréalière suite à la sécheresse connue en 2011. Le taux d’inflation est resté maîtrisé sur une bonne partie de l’année, mais il a augmenté vers la fin de l’année en raison d’un renchérissement des prix des produits alimentaires, résultant d’une pénurie des denrées. La balance du compte courant s’est améliorée, reflétant les termes des échanges favorables et une bonne production d’or et de coton.

« En 2011, les autorités ont amélioré les performances en matière de recettes, grâce à des efforts soutenus pour augmenter l’efficacité de l’administration fiscale. Les dépenses totales étaient plus faibles que prévu, en raison d’un niveau de dépenses d’investissement financées par l’extérieur plus faible que prévu. En conséquence, le déficit budgétaire global s’est contracté à 2,5 pour cent du PIB, contre 4,5 pour cent en 2010.

Toujours en 2011, il y a eu des efforts soutenus dans la mise en œuvre des politiques macroéconomiques et des réformes structurelles dans le cadre du programme, malgré l’instabilité politique et sociale en Côte d’Ivoire en début d’année et la sécheresse dans la seconde moitié de l’année. Tous les critères de performance quantitatifs ainsi que la plupart des critères indicatifs ont été respectés. Quelques mesures de réforme structurelle prises dans le cadre du programme ont été mises en œuvre, alors que d’autres sont en cours d’exécution. Les efforts du gouvernement visant à réduire l’écart entre les prix domestiques et internationaux des produits pétroliers notamment sont appréciés, car cette mesure devrait contribuer à réduire les importantes pertes subies par l’entreprise publique importatrice de produits pétroliers.

« Le gouvernement devra faire face à des défis stratégiques importants en 2012, notamment le financement de son programme complet et bien ciblé visant à faire face à la crise alimentaire domestique ainsi qu’à l’arrivée massive de réfugiés fuyant l’instabilité politique récente au Mali. Conformément à son nouveau programme de la SCADD (Stratégie de croissance accélérée et de développement durable), le gouvernement finance également un programme d’investissement dans les infrastructures afin de réduire le coût des facteurs et des interventions stratégiques, particulièrement dans l’agriculture, axées sur une croissance mieux partagée et soutenue. Les élections parlementaires et locales prévues pèseront également sur les finances publiques. Les autorités maintiendront les efforts continus pour améliorer la collecte de recettes et maîtriser les dépenses non prioritaires. Malgré tous ces efforts et les interventions attendues des bailleurs de fonds, des besoins de financement demeurent.

« L’activité économique réelle devrait connaître une reprise en 2012, en partie grâce aux politiques de croissance de la SCADD. La croissance du PIB réel est projetée à 7 pour cent, sous l’impulsion d’une reprise de la production céréalière en fin d’année et d’une production d’or et de coton soutenue. Entre temps, l’inflation risque de demeurer à un niveau élevé, en raison essentiellement de questions liées à la sécurité alimentaire. Le déficit du compte courant devrait se détériorer jusqu’à atteindre 4,8 pour cent du PIB, en raison de projections en hausse sur les importations de denrées alimentaires, du programme d’investissement du gouvernement ainsi que des prix internationaux du carburant plus élevés.

« Les autorités et la mission ont eu des discussions ouvertes et productives et se sont mis d’accord sur un cadre des politiques macroéconomiques pour 2012-13 qui pourrait servir de base pour conclure la 4ème revue sous l’accord FEC. Le Conseil d’administration du FMI envisagerait d’en discuter en mai. » 



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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