Déclaration d’une mission des services du FMI sur les consultations de 2012 au titre de l’article IV avec la République démocratique du Congo

Communiqué de presse n° 12/236
Le 25 juin 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Kinshasa du 7 au 21 juin 2012 pour mener à bien les consultations de 2012 au titre de l’article IV et passer en revue les résultats enregistrés par les autorités dans le cadre de leur programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC)1. La mission a rencontré le Président du Sénat, M. Léon Kengo Wa Dondo, le Président de l’Assemblée nationale, M. Aubin Minaku, le Premier Ministre, M. Matata Ponyo Mapon, le Vice-premier Ministre, Ministre du Budget, M. Daniel Mukoko Samba, le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des Finances, M. Patrice Kitebi Kibol Mvul, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo, M. Jean-Claude Masangu, et d’autres ministres et hauts responsables du gouvernement. La mission a également rencontré des représentants du secteur privé, de la société civile et de la communauté des bailleurs de fonds.

Au terme de la mission, M. Robert York a rendu publique la déclaration suivante à Kinshasa :

«Dans le cadre des consultations de 2012 au titre de l’article IV, la mission a eu un échange de vues avec les autorités congolaises, la société civile et les bailleurs de fonds sur les perspectives régionales de l’Afrique subsaharienne et les risques qui pèsent sur la République démocratique du Congo (RDC). Les entretiens ont notamment porté sur l’orientation budgétaire actuelle et les modalités d’ancrage de la politique budgétaire à moyen terme, les options permettant d’accroître l’efficacité de la politique monétaire compte tenu de la forte dollarisation de l’économie, et la viabilité de la dette extérieure de la RDC et sa vulnérabilité aux chocs.

La mission a noté que la situation économique s’était récemment améliorée et que l’économie de la RDC était globalement à l’abri de la crise économique en Europe, en grande partie en raison de son faible niveau d’intégration mondiale. Cette faible intégration a certes été bénéfique à court terme, mais la mission a souligné qu’elle représenterait une forte contrainte pour le développement de la RDC à moyen terme. Pour promouvoir une intégration plus poussée il faudra diversifier l’économie, investir dans l’infrastructure, et améliorer de manière générale le climat des affaires afin de mobiliser l’investissement. Nonobstant ces besoins à moyen terme, la mission a engagé les autorités à renforcer les marges de manœuvre macroéconomiques à court terme, notamment en poursuivant l’assainissement budgétaire et en accumulant des réserves internationales, lesquelles ont atteint l’équivalent de 8 semaines d’importations hors aide en 2011. Cet élargissement des marges de manœuvre est considéré comme la riposte appropriée pour réduire la vulnérabilité extérieure de l’économie.

La mission a encouragé le gouvernement à maintenir l’orientation générale de la politique budgétaire, facteur qui a été à la base de l’amélioration des résultats économiques. Elle a ainsi recommandé au gouvernement, comme ancrage approprié de la politique budgétaire à moyen terme, de veiller à ce qu’il n’y ait pas de financement (net) du déficit budgétaire par la Banque centrale du Congo (BCC). Les efforts destinés à mobiliser davantage de recettes intérieures sont actuellement le seul moyen de répondre aux besoins de développement sur le plan humain et celui des infrastructures. À cet égard, les changements de politiques fiscales et la réforme de l’administration fiscalo-douanière dans le secteur des ressources naturelles sont considérés comme particulièrement importants.

La mission a salué les réformes engagées pour renforcer l’indépendance de la BCC et l’efficacité de son fonctionnement, et traité des options d’ancrage de l’inflation dans l’économie fortement dollarisée de la RDC. Les autorités ont convenu avec la mission que le maintien des politiques économiques qui sous-tendent la stabilité actuelle de l’environnement serait de nature à encourager l’utilisation de la monnaie nationale (autrement dit, la dédollarisation).

La mission a rappelé l’importance d’une gestion prudente de la dette extérieure et des garanties de l’État car elles pourraient rapidement dépasser les niveaux jugés viables. À cet égard la sélection de projets ayant un rendement économique et social élevé et des emprunts extérieurs à des conditions fortement concessionnelles permettraient d’assurer la viabilité de la dette du pays.

Les perspectives à court terme restent prometteuses, la croissance du PIB devant se situer aux alentours de 7 % en 2012 sous l’impulsion du secteur minier. L’objectif d’une inflation à un seul chiffre pourrait être atteint d’ici la fin de l’année compte tenu de la récente modération des prix internationaux des produits énergétiques et alimentaires et à supposer que les grandes orientations des politiques macroéconomiques soient maintenues. Celles-ci devraient notamment inclure une légère contraction du déficit budgétaire intérieur à environ 1 % du PIB en 2012 et l’action de la BCC pour veiller à ce que les agrégats monétaires évoluent conformément au programme. Le déficit du solde des transactions courantes devrait se creuser en 2012 à environ 12 % du PIB, contre 8,3 % en 2011 en raison du repli des cours des matières premières. Cependant les risques qui pèsent sur les perspectives sont de nature baissière car les termes de l’échange peuvent se détériorer davantage en cas d’affaiblissement de l’économie mondiale et les incertitudes liées aux préoccupations sécuritaires dans la partie orientale du pays pourraient déstabiliser l’économie.

Un budget conforme aux grandes orientations soutenues par l’accord conclu au titre de la FEC et la poursuite des progrès en matière de gouvernance et de transparence dans les industries extractives permettraient d’appuyer la recommandation de la mission en faveur de l’achèvement des quatrième et cinquième revues du programme. Dans ces conditions le Conseil d’administration du FMI pourrait être saisi des consultations de 2012 au titre de l’article IV et des quatrième et cinquième revues du programme de la RDC au début de septembre 2012.»




1 La Facilité élargie de crédit (FEC), qui a remplacé la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) comme principal outil dont dispose le FMI pour apporter un soutien financier à moyen terme aux pays à faible revenu, est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Le taux d’intérêt des financements accordés au titre de la FEC est de 0 %, avec un différé d’amortissement de cinq ans et demi et une échéance maximale de dix ans. Le FMI revoit tous les deux ans les taux d’intérêt de toutes les facilités concessionnelles.



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