Communiqué de presse : Déclaration de la mission du FMI au Sénégal

le 20 septembre 2012

Communiqué de presse n° 12/325
Le 20 septembre 2012

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Hervé Joly, s’est rendue au Sénégal du 6 au 19 septembre 2012 pour les discussions relatives d’une part à la quatrième revue de l’accord triennal au titre de l’Instrument de Soutien à la Politique Economique (ISPE) approuvé en décembre 2010, et d’autre part à la consultation au titre de l’Article IV des statuts du FMI. Les membres de la mission ont rencontré les ministres chargés de l’économie et des finances, de l’énergie, du tourisme, et du budget ainsi que des représentants de la BCEAO, d’autres hauts responsables de l’État et les représentants du secteur privé, de la société civile, et des partenaires au développement.

À la fin de la visite, M. Joly a fait la déclaration suivante :

« Le début de l’année 2012 a été marqué par un contexte pré-électoral difficile et les tensions sociopolitiques au Mali et en Guinée Bissau. Toutefois, l’activité économique dans le secteur non-agricole s’est relativement bien tenue et une croissance du PIB réel de 3,7 % est attendue en 2012, après 2,6 % en 2011. L’inflation s’est établie à 1,5 % sur les six premiers mois de 2012 et devrait rester bien en-deçà de 2 % dans les mois à venir. Le déficit du compte courant devrait s’accroître en 2012, en raison d’une forte progression des importations liée aux produits alimentaires et pétroliers, tandis que la balance des paiements enregistrerait un déficit.

« L’environnement extérieur devrait rester peu porteur. Malgré la modeste accélération de l’économie mondiale attendue en 2013, le niveau élevé des prix des produits pétroliers, la hausse des prix des céréales et les tensions socio-politiques dans la sous-région sont autant de facteurs qui continueront d’affecter l’activité, les comptes extérieurs et les finances publiques du Sénégal.

« En dépit de cet environnement international morose, la croissance du PIB devrait enregistrer une légère hausse à 4,3 % en 2013. Ce regain d’activité serait soutenu principalement par l’arrivée à maturité de grands projets dans les secteurs électriques et autoroutiers, la poursuite du redressement du secteur agricole, la mise en œuvre du projet des minéraux lourds de la Grande Côte (zircon) et des projets de mines d’or de Golouma et Massawa, ainsi que le démarrage des projets financés par le Millennium Challenge Account. L’inflation devrait rester modérée à environ 2% en 2013. Le déficit du compte courant, bien qu’en baisse, resterait élevé en raison des importations liées aux investissements dans les secteurs de l’énergie et des mines. Le solde global de la balance des paiements ressortirait en léger déficit.

« A moyen terme, le principal défi pour le Sénégal est de retrouver le chemin d’une croissance forte, durable et solidaire. L’Etat a un rôle important à jouer dans ce processus, par exemple au travers du développement d’infrastructures essentielles, de réformes pour améliorer le climat des affaires et de politiques sociales adaptées. La réconciliation des objectifs de satisfaction des besoins de développement du pays et de maintien de la viabilité de la dette passe par une plus grande efficacité de la dépense publique.

«La mise en œuvre du programme a été satisfaisante. Tous les critères d’évaluation quantitatifs et objectifs indicatifs du programme à fin juin 2012 ont été atteints, y compris la cible de déficit budgétaire grâce aux efforts de maîtrise des dépenses publiques. La mise en œuvre de l’ensemble des réformes structurelles témoigne également de progrès. La récente déclaration de politique générale du Premier Ministre a confirmé les ambitions réformatrices du nouveau gouvernement.

« Les discussions entre les autorités et la mission ont porté sur les perspectives budgétaires pour 2012 et 2013. L’objectif de maîtrise du déficit budgétaire pour 2012 reste inchangé et conformément aux engagements pris par le nouveau gouvernement d’assurer la viabilité des finances publiques, le déficit budgétaire devrait être réduit à moins de 5 % du PIB en 2013. Cette baisse nécessitera la poursuite des efforts en cours de réduction du train de vie de l’Etat et de rationalisation des dépenses publiques. Des travaux sont également en cours pour étendre et rendre plus efficace le filet de protection sociale, et faciliter la réduction graduelle des subventions généralisées aux prix énergétiques et alimentaires.

« Les discussions ont également porté sur les réformes structurelles visant à poursuivre l’amélioration de la gouvernance publique et à promouvoir le développement du secteur privé, et plus généralement sur les perspectives de croissance et de réduction de la pauvreté à moyen terme pour le Sénégal. Dans ce cadre, une attention particulière a été portée aux moyens de poursuivre le développement des services financiers et d’en améliorer l’accès, tout en préservant la stabilité du système financier.

«La mission recommandera "ad referendum"  la conclusion de la quatrième revue du programme, dont l’examen par le Conseil d’administration du FMI devrait se tenir avant fin 2012.»

DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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