Déclaration à l’issue d’une visite des services du FMI en République du Congo

Communiqué de presse n° 13/465
Le 21 novembre 2013

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mme Dalia Hakura, Chef de mission pour la République du Congo, a séjourné à Brazzaville du 12 au 20 novembre 2013. Mme Anne-Marie Gulde-Wolf, Directrice adjointe du Département Afrique, a été présente pendant une partie de cette visite. La mission a passé en revue les évolutions macroéconomiques récentes ainsi que les perspectives à moyen terme du pays, examiné le projet de budget pour 2014 et discuté avec les autorités de l’ordre du jour des consultations de 2014 au titre de l’article IV avec la République du Congo, prévues pour avril 2014. La mission a rencontré le Président de l’Assemblée nationale, l’Honorable M. Koumba, le Ministre d’État en charge de l’ Économie, des Finances, du Plan, du Portefeuille Public et de l’Intégration, M. Ondongo, le Ministre à la Présidence de la République en charge de l’Aménagement du territoire et de la Délégation générale des grands travaux, M. Bouya, le Conseiller spécial du Président de la République, M. Gokana, le Ministre délégué en charge du Plan et de l’Intégration, M. Mokoko, le Président de la Commission Économique de l’Assemblée Nationale, M. Mavoungou, le Premier Directeur national adjoint de la BEAC, M. Bopounza, le Président de la BDEAC, M. Adande, ainsi que d’autres hauts fonctionnaires. La mission a aussi rencontré des représentants du secteur privé et des partenaires au développement.

A l’issue de la mission, Mme Hakura a fait à Brazzaville la déclaration suivante :

«Sur le plan macroéconomique, la performance reste globalement satisfaisante. Pour 2013, les projections laissent prévoir une croissance de 3,4 %. Les gisements de pétrole actuellement en exploitation au Congo vieillissent, ce qui freine la production de pétrole. Cependant, la découverte récente d’un nouveau gisement pourrait stimuler la production à moyen terme. La croissance hors pétrole devrait être soutenue par des évolutions favorables dans les secteurs de l’agriculture et de la construction ainsi que par les retombées de la forte augmentation des dépenses publiques en 2012 liées aux activités de reconstruction suite à l’explosion du dépôt de munitions et par d’autres investissements publics de grande envergure. L’inflation est tombée de 7,5 % en décembre 2012 à 2 % en septembre 2013 (en glissement annuel), et s’est accélérée à 5 % en octobre 2013. La mission note que bien que des paiements élevés d’arriérés au titre des prestations sociales et des paiements aux fournisseurs soient nécessaires, ils ont perturbé l’accumulation d’épargne budgétaire et de réserves internationales cette année. La mission félicite les autorités de la notation favorable obtenue récemment des agences internationales de notation souveraine.

«Pour le budget 2014, les autorités sont encouragées à continuer d’appliquer la règle budgétaire adoptée récemment. Cela contribuerait à renforcer l’épargne budgétaire et les réserves internationales pour faire face à la volatilité des recettes pétrolières et à l’épuisement prévisible des gisements. En outre, étant donné que les paiements élevés au titre des arriérés ont empêché l’accumulation d’épargne budgétaire en 2013, la mission recommande que soit effectué en priorité un audit des arriérés intérieurs actuels et de parvenir à un accord sur un plan de remboursement.

«Si les perspectives à moyen terme de la République du Congo restent prometteuses compte tenu de l’abondance des ressources naturelles, il demeure primordial que le pays continue de renflouer les réserves budgétaires et extérieures. La République du Congo doit composer avec une conjoncture extérieure incertaine. Les incertitudes relatives aux perspectives économiques mondiales pourraient peser lourdement sur les prix des produits de base et avoir des retombées sérieuses à l’échelle mondiale et sur la République du Congo. Celle-ci devrait se préparer à ces éventuels chocs externes en s’efforçant de réduire la dépendance vis-à-vis du secteur pétrolier par la diversification de l’économie et en renforçant ses réserves.

«Le profil de la dette de la République du Congo s’est sensiblement amélioré depuis que le point d’achèvement de l’initiative PPTE a été atteint en 2010 et que le pays a ainsi pu bénéficier d’un allégement de dette au titre des initiatives PPTE et IADM. La dette publique extérieure totale est aujourd’hui inférieure à 30 % du PIB et le pays continue d’emprunter essentiellement à des conditions concessionnelles. Dans ce contexte, la République du Congo devrait continuer de suivre une politique prudente en matière d’emprunt afin d’éviter une accumulation rapide de la dette extérieure et de préserver ainsi la viabilité à long terme de sa dette.

«Les autorités ont lancé d’importantes initiatives pour faire en sorte que les bienfaits de la croissance hors pétrole soient mieux répartis et pour remédier aux profondes déficiences structurelles du pays. Elles devraient persévérer dans ce sens. La mise en œuvre du plan d’action conçu pour améliorer le climat des affaires, avec l’appui de la Société financière internationale, est déjà bien avancée. Le rapport Doing Business 2014 de la Banque mondiale prend acte des réformes entreprises récemment pour faciliter la création d’entreprises, le paiement des impôts et les échanges commerciaux transfrontaliers. Ce rapport classe toutefois le climat des affaires en République du Congo parmi les plus difficiles au monde. Ceci étant, les autorités ont récemment commencé à appliquer les directives de la CEMAC relatives aux finances publiques. Elles s’emploient actuellement à développer les programmes de protection sociale. L’enseignement technique et professionnel est renforcé afin de réduire l’asymétrie entre les besoins du marché du travail et les formations offertes par le système éducatif.

«Un effort de coordination et de suivi plus poussé faciliterait la mise en œuvre de l’important programme de réformes macroéconomiques et structurelles de la République du Congo. Les statistiques étant établies avec beaucoup de retard, il est difficile d’effectuer un travail d’analyse en temps opportun pour ajuster les politiques macroéconomiques en conséquence. À cet égard, la mission salue les efforts des autorités pour renforcer l’Institut national de la statistique.

«Nous remercions sincèrement les autorités de la République du Congo ainsi que nos autres interlocuteurs de leur hospitalité et de nous avoir permis d’avoir des discussions à la fois franches et productives.»



DÉPARTEMENT DE LA COMMUNICATION DU FMI

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