Original en anglais
Allocution prononcée par Monsieur Alassane D. Ouattara
Directeur général adjoint du Fonds monétaire international
à la conférence de la Banque lyonnaise et de l'Observatoire géopolitique
européen
sur les enjeux des relations Nord-Sud à l'orée du XXIe siècle
Lyon, le 10 novembre 1998
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, laissez-moi vous dire, avant toute chose,
le
plaisir que j'ai à me trouver ici aujourd'hui pour réfléchir, avec vous, aux
enjeux des relations entre pays industrialisés et pays en développement à
l'orée du XXIe siècle. Le fait
est que, dans les circonstances actuelles, il n'est pas facile pour les pays en
développement de
choisir le cap à suivre. Ne serait-ce que parce que, à plus d'un titre, le monde
lui-même semble — passez-moi l'expression — avoir perdu le Nord. Que
voit-t-on, en effet? Les pays qui affichaient, il y a peu de temps encore, les résultats les
plus spectaculaires en matière de croissance et de recul de la pauvreté — on
a pu parler d'un miracle asiatique — sont durement éprouvés par la crise
financière. La Russie connaît des difficultés économiques qui se
traduisent
par une perte de confiance sur d'autres marchés émergents. Et face à la
contagion de ces crises, ce sont les pays les moins intégrés à
l'économie mondiale qui semblent tirer le mieux leur épingle du jeu.
Le monde est-il devenu bizzare, ou n'y a-t-il plus de logique? Peut-on dire, ce qui serait plus
important pour notre débat d'aujourd'hui, que la réponse à la crise
consiste à se replier sur soi et
à renoncer aux avantages d'une intégration plus poussée dans
l'économie mondiale sous prétexte
que le prix à payer est trop élevé? Je ne pense pas, comme vous vous en
doutez, que cette
réponse soit la bonne. Mais alors, les efforts faits pour endiguer les turbulences actuelles
sont-ils
suffisants?
Tels sont, en quelques mots, les thèmes que je me propose d'évoquer devant vous
avant de
dresser, dans un horizon à plus long terme, un bilan des initiatives engagées pour
réduire au
minimum les coûts de la mondialisation et en maximiser les bénéfices.
Premier Mythe
Je voudrais d'abord dénoncer un premier mythe, selon lequel les
pays en développement
devraient faire marche arrière et ralentir la libéralisation en cours pour
réduire la
vulnérabilité de leur économie. La réalité, c'est
que l'Asie de l'Est a largement profité de son
ouverture sur l'extérieur au cours des dernières décennies, puisqu'elle a
enregistré une croissance
spectaculaire et obtenu, dans la lutte contre la pauvreté, des résultats que le
monde lui envie. Ces
deux acquis, la crise actuelle ne les effacera pas. Prenons le cas de la Corée, par exemple
: en
1999, après deux ans de récession, son PIB réel sera toujours
supérieur de 50 % à ce qu'il était il
y a dix ans. Et la croissance repartira sur cette base.
Alors, que s'est-il donc passé en Asie? Le débat qui s'est ouvert sur ce point est
loin d'être clos.
Nous n'avons pas encore, en ce qui nous concerne, tous les éléments de
réponse, et nous sommes
donc ouverts à toute contribution susceptible d'enrichir cette réflexion. Ce dont
nous sommes
sûrs, en revanche, c'est que les temps ont changé : la mobilité accrue des
capitaux fait apparaître
beaucoup plus vite les carences d'une économie. Plus question, désormais, de se
contenter de
dégager des taux d'épargne et d'investissement élevés et de
développer les échanges. Il faut aussi
conduire une politique économique prévisible et rationnelle; introduire plus de
transparence et de
responsabilité dans la gestion des affaires publiques et privées; diffuser
rapidement des
informations fiables; se doter de systèmes bancaires solides, mais aussi convenablement
régulés
et contrôlés; offrir les mêmes chances à tous les agents
économiques; créer des systèmes
juridiques cohérents, qui assurent l'exécution des contrats et protège le
droit de propriété;
éradiquer la corruption et le népotisme, etc...
Nous savons aussi que la libéralisation des mouvements de capitaux doit se faire de
façon
ordonnée, c'est-à-dire en enchaînant judicieusement les mesures à
prendre et en veillant à ce que
chaque pays accompagne cette libéralisation d'un renforcement de son propre
système financier.
Les écueils à éviter ne manquent pas, et ils ne sont pas l'apanage de
l'Asie. Je n'en rappellerai
que quelques uns :
- La Corée et la Thaïlande, par exemple, ont encouragé l'afflux de
capitaux à court terme aux
dépens des capitaux longs, de sorte que lorsque les pressions se sont intensifiées,
les
engagements à court terme accumulés ont exacerbé de façon
spectaculaire la vulnérabilité du
secteur bancaire et, finalement, des entreprises non financières.
- Les banques et les entreprises indonésiennes, coréennes et
thaïlandaises ont multiplié les
emprunts en devises, sans pour autant se couvrir comme il aurait fallu contre le risque de change.
Lorsque leurs monnaies se sont dépréciées, les conséquences ont
été dramatiques. Bon nombre
d'établissements sont devenus insolvables, ce qui a précipité
l'effondrement de l'investissement
privé dans la région.
- L'afflux de capitaux en Asie a aidé à financer la flambée des prix de
l'immobilier et des cours
des actions. Lorsque la "bulle spéculative" a éclaté, un an environ avant la
crise, les pertes qui en
ont résulté ont contribué aux faillites d'établissements financiers
et ouvert la voie à la crise.
- Hors d'Asie, la Russie et l'Ukraine ont financé trop longtemps des déficits
budgétaires excessifs,
et les formes qu'ont pris ces financements ont exposé les deux pays à des risques
à court terme
qui se sont révélés ingérables.
Quels enseignements pouvons-nous tirer de ces expériences? Il apparaît tout
d'abord que les
modalités de l'ouverture des marchés sont importantes. Il est important aussi que
les autorités
utilisent à bon escient les possibilités que leur offrent ces marchés plus
ouverts — il est
indispensable, en particulier, qu'elles résistent à la tentation de tirer profit de tous
les nouveaux
instruments disponibles pour échapper aux ajustements budgétaires qui
s'imposent. Il importe
aussi que les autorités soient conscientes des limites au-delà desquelles la
vulnérabilité de leur
économie risque d'augmenter de façon exponentielle. Et il importe enfin que les
créanciers
évaluent mieux les risques encourus — je reviendrai sur ce point.
Mais ce qu'il faut bien voir, avant tout, c'est que ces vulnérabilités
systémiques peuvent être
corrigées sans remettre en cause les avantages réels qu'apportent les flux de
capitaux
internationaux, à savoir : compléter les ressources rares disponibles pour
l'investissement,
encourager leur allocation efficiente et faciliter les transferts de technologie. Ce message
revêt
une importance primordiale pour l'Afrique, dont on connaît le faible niveau
d'épargne intérieure,
la forte croissance démographique et la dépendance excessive vis-à-vis
d'un petit nombre de
produits de base.
Il faut donc se garder de jeter le bébé avec l'eau du bain! Comme l'a fort bien dit
M. Leszek
Balcerowicz,Vice-Premier ministre de Pologne, lors de nos Assemblées annuelles, la
mondialisation ne doit pas servir de bouc émissaire dans le débat sur la crise
actuelle, car elle
récompense ceux qui mènent une politique économique responsable, et
ne menace que les pays
qui évitent ou retardent les réformes et méconnaissent les
impératifs de la discipline
macroéconomique. On ne saurait mieux dire!
Ceci étant, nous devons reconnaître qu'il est des circonstances dans lesquelles le
recours
temporaire au contrôle des capitaux peut se justifier, et c'est une question sur laquelle nous
allons
nous pencher. Notre principale préoccupation, toutefois, c'est que le répit
temporaire que ces
mesures peuvent donner risque de ne guère peser par rapport au coup durable
porté à la confiance
des investisseurs, aux distorsions causées dans l'allocation des ressources ou à
l'érosion de la
discipline et des incitations qui sont liées en général aux flux de capitaux.
On peut craindre, par
exemple, que ces contrôles tendent à dissuader les autorités de s'attaquer
vigoureusement aux
problèmes de leur système financier.
Second mythe
J'en viens maintenant au second mythe que je voudrais dissiper ici : la
réponse de la
communauté internationale à la crise financière actuelle aurait
été insuffisante. Là aussi, la
réalité oblige à dire qu'après 16 mois de mauvaises nouvelles sur
le front de l'économie, il existe
aujourd'hui une volonté plus universelle que jamais d'arrêter la propagation de la
crise et d'aider
l'économie mondiale à retrouver santé et dynamisme. Lors des
Assemblées annuelles du FMI et
de la Banque mondiale le mois dernier, les pays du Groupe des Sept ont convenu — ce qui
constituait en soi une initiative politique majeure — que globalement, les risques ont
changé de
nature et que, désormais, les pays du G-7 devraient mettre l'accent sur la croissance et
moins sur
l'inflation. Et cette opinion a été réaffirmée dans la
dernière déclaration du G-7. J'observe, à cet
égard, que les États-Unis ont abaissé par deux fois leurs taux
d'intérêt en l'espace de quelques
semaines; que l'Union européenne poursuit le processus de convergence qui doit abaisser
les
taux d'intérêt aux niveaux français et allemand; et que le Japon a pris des
initiatives résolues
dans le domaine bancaire et réaffirmé sa détermination à baisser
les impôts et à accroître les
dépenses publiques.
De plus, la communauté internationale a réaffirmé, de son
côté, son appui à l'augmentation des
ressources financières du FMI, qui est indispensable pour que nous puissions continuer
à remplir
la mission qui nous a été confiée. Peu de temps après les
Assemblées annuelles, le Congrès des
États-Unis a mis un terme à la controverse entourant le financement du FMI en
votant la nouvelle
quote-part américaine. La situation devrait désormais se débloquer dans
d'autres pays également
— y compris en ce qui concerne les Nouveaux accords d'emprunts (NAE) — et notre
institution
devrait disposer de ressources équivalentes à 90 milliards de dollars environ pour
faire face, le
cas échéant, à de nouvelles crises.
Le Brésil sera sans doute le prochain grand bénéficiaire de l'aide du FMI.
Nous mettons
actuellement la dernière main à un montage financier qui lui est destiné
et qui devrait permettre
de lever une des hypothèques majeures qui planent sur les marchés mondiaux.
Les autorités
brésiliennes ont mis au point un vigoureux programme de réformes
budgétaires et structurelles
étalées sur trois ans, qui sera aussi important pour leur pays que pour ses voisins.
C'est d'ailleurs
à l'Amérique Latine tout entière qu'il faut rendre hommage pour la
promptitude et la vigueur des
mesures qu'elle a prises, au cours de l'année écoulée, afin de parer aux
effets de contagion de la
crise.
Si l'on additionne ces diverses initiatives, peut-on dire que la réponse de la
communauté
internationale à la crise a été insuffisante? Je ne crois pas. Je suis
même convaincu du contraire.
Nous notons, d'ores et déjà, des signes encourageants sur les marchés
financiers asiatiques : les
cours des actions repartent à la hausse, les monnaies se raffermissent, les taux
d'intérêt
diminuent. En Thaïlande et en Corée, la croissance devrait reprendre au second
semestre de 1999
et, en Indonésie, la contraction brutale de la production semble enfin avoir pris fin. Ces
pays
doivent maintenant répondre aux coûts humains de la crise en s'attachant, par des
initiatives
budgétaires en particulier, à consolider les dispositifs de protection sociale et
à financer
l'investissement dans les secteurs de la santé et de l'éducation.
J'ajoute que les Ministres des finances et Gouverneurs de banque centrale d'Afrique nous ont
rappelé, lors de nos dernières Assemblées annuelles, qu'il faut aussi
songer à reconstituer au plus
vite les ressources de la Facilité d'ajustement structurelle renforcée (FASR)
— le mécanisme de
prêts concessionnels du FMI — afin d'être mieux à même
d'appuyer les efforts de réforme
déployés par les pays à faible revenu et de soutenir l'initiative
engagée pour venir en aide aux
pays pauvres très endettés (les PPTE, dans notre jargon).
Sur le front de ce qu'il est donc convenu d'appeler l'Initiative en faveur des PPTE, le Conseil
d'administration du FMI a pris récemment deux décisions qui sont aussi deux
très bonnes
nouvelles pour l'Afrique et les autres régions du monde. La première consiste
à donner à ces pays
deux années supplémentaires — jusqu'à la fin de l'an 2000, par
conséquent — pour remplir les
conditions requises afin de bénéficier d'une aide au titre de cette initiative. Cela
devrait permettre
à beaucoup d'autres pays, dont certains sortent de conflits, d'y participer. La seconde
consiste
précisément à prendre en compte les résultats des programmes
d'aide aux pays sortant de conflits
dans l'examen des conditions à remplir pour bénéficier de l'Initiative en
faveur des PPTE. En
deux ans d'existence, l'Initiative a donné lieu, concrètement, à des
engagements portant sur plus
de 6 milliards de dollars et destinés à alléger le service de la dette de sept
pays : la Bolivie, le
Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Guyana, le Mali, le Mozambique et l'Ouganda. J'ai bon
espoir
que l'année prochaine nous permettra d'examiner un certain nombre d'autres cas, et
j'invite dès à
présent tous les pays susceptibles de participer à l'Initiative, y compris ceux qui
sortent d'un
conflit, à prendre dans les meilleurs délais les mesures économiques
requises pour en bénéficier.
Améliorer le système monétaire international
Mais nous avons encore des progrès à faire. Il faut redoubler d'efforts, en
particulier, pour rendre
nos économies moins vulnérables. Nous devons moderniser le système
monétaire international
actuel pour qu'il ne reste pas à la traîne de l'évolution spectaculaire des
marchés internationaux
de capitaux. Cette modernisation ne se fera pas en un jour, c'est évident. Les
problèmes qu'elle
soulève sont trop complexes, et la tâche qui nous est proposé est colossale.
C'est la raison pour
laquelle les responsables financiers mondiaux — après bien de nombreux
débats dans de
nombreuses enceintes — ont décidé de faire porter leur effort sur quelques
réformes-clés. Ces
réformes visent à modifier la façon dont les pays suivent et s'efforcent de
discipliner leur
politique économique, mais aussi l'interaction entre banques et emprunteurs, le
comportement
des marchés financiers, le fonctionnement du FMI lui même ou l'interaction entre
notre
institution et la Banque mondiale, par exemple. Elles s'ordonnent autour de quatre grands
axes.
Premièrement, améliorer la transparence. Qu'il s'agisse du
secteur public, du secteur privé, des
marchés financiers ou des institutions multilatérales, tous les principaux acteurs
de l'économie
mondiale doivent faire un effort de plus grande transparence. La diffusion dans les meilleurs
délais d'informations aussi précises que possible est essentielle si l'on veut
stabiliser les marchés
et permettre des décisions d'investissement plus rationnelles et des politiques
économiques plus
saines. Le FMI a pris récemment un certain nombre d'initiatives dans ce sens. Nous avons
adopté
des normes destinées à faciliter la diffusion rapide et régulière de
données économiques et
financières complètes par les États membres. Ces normes doivent encore
être améliorées,
notamment en ce qui concerne les réserves internationales et la dette extérieure
privée. Nous
allons voir également s'il y a lieu de proposer des normes d'information ou de
contrôle
supplémentaires pour suivre les opérations des investisseurs institutionnels,
notamment lorsqu'ils
disposent d'un levier financier important. Le FMI a fait lui-même, je crois, des
progrès
considérables ces dernières années pour lever le voile sur ses propres
activités et sur procédures.
Je vous invite d'ailleurs à consulter notre site sur l'internet — www.imf.org
— pour en juger par
vous-même : vous verrez que nous progressons chaque jour sur ce plan.
Deuxièmement, consolider les systèmes financiers. Il est
frappant de voir que toutes les crises
financières majeures des cinq dernières années ont été
soit causées, soit exacerbées par la
fragilité des secteurs bancaires. Depuis quelques temps, le FMI s'efforce de diffuser
à travers le
monde un code de bonne conduite reposant sur les meilleures pratiques en matière de
contrôle
bancaire — tels qu'elles ont été formulées par le Comité de
Bâle — e façon à ce que les normes
et pratiques qui ont fait leurs preuves dans certains pays puissent être adaptées et
appliquées par
d'autres. Nous redoublons d'efforts, parallèlement, pour recenser les points faibles des
secteurs
financiers susceptibles d'avoir des conséquences macroéconomiques et pour
proposer, au besoin,
des mesures correctives. Enfin, nous resserrons notre collaboration avec la Banque mondiale
pour veiller à ce que les ressources nécessaires au contrôle des secteurs
financiers soient utilisées
de la façon la plus efficiente.
Troisièmement, développer les normes internationales. Les
responsables financiers mondiaux,
soucieux de rétablir l'ordre sur des marchés internationaux trop livrés
à eux-mêmes, sont
convenus qu'il fallait accélérer les efforts déployés pour mettre en
place des normes et des codes
internationaux de bonne conduite. Outre la diffusion des meilleurs usages en vigueur dans le
secteur bancaire —que je viens d'évoquer à l'instant —, l'effort du
FMI s'est traduit par
l'adoption récente d'un code de bonnes pratiques en matière de transparence
budgétaire et devrait
déboucher, d'ici quelques mois, sur la formulation d'un projet de code similaire pour les
politiques financière et monétaire. Là aussi, nous entendons intensifier
nos efforts et les étendre à
d'autres domaines importants tels que la comptabilité, les audits financiers, la diffusion
d'informations, l'évaluation de la qualité des actifs, la législation sur les
faillites et le
gouvernement d'entreprises — autant de domaines, bien sûr, où la
définition des normes
applicables sera de la responsabilité non pas du FMI, mais d'autres organisations
internationales
compétentes.
Quatrièmement, enfin, assurer une participation accrue du secteur privé
à la prévention et à la
gestion des crises. Il faut au minimum que le secteur privé coopère, de
son propre chef, à la
prévention et à la résolution des crises financières. C'est
absolument primordial dans la mesure
où il constitue, dans de nombreux pays, la première source de financement. Pour
faciliter cette
participation du secteur privé, le FMI étudiera quels mécanismes de
marché pourraient permettre
de faire face aux volte-face soudaines des investisseurs. Nous entendons également
étendre nos
possibilités de prêts — dans des circonstances exceptionnelles, toutefois
— aux pays qui ont des
arriérés envers leurs créanciers privés. Cette participation des
investisseurs et des créanciers à la
résolution des crises financières sera, nous le savons, difficile à mettre en
place. De fait, il s'agit
sans aucun doute de la plus complexe des réformes qu'il nous faudra engager. Mais nous
avons
entrepris dès maintenant d'examiner un certain nombre de solutions possibles.
En guise de conclusion ...
En conclusion, je voudrais revenir sur ma question initiale : les pays en développement
doivent-ils faire marche arrière et ralentir le processus de libéralisation pour
réduire leur vulnérabilité?
Ma réponse est non. Un "non" catégorique, dans la mesure où en agissant
ainsi, ces pays se
condamneraient d'eux mêmes à la marginalisation et creuseraient encore plus
profondément le
fossé entre le Nord et le Sud.
Il faut donc bien faire la différence entre la nécessité de se
protéger des faiblesses du système et
la tentation de choisir des options dont l'attrait n'est qu'apparent, telles que le recours au
protectionnisme. Et le FMI doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que l'on remédie
à ces
carences systémiques et que l'on donne au système monétaire
international une architecture plus
solide à l'aube du XXIe siècle.