La gouvernance d’entreprise et la protection des investisseurs recouvrent des règles et des pratiques tant au niveau d’un pays que d’une entreprise qui
constituent un moyen d’assurer que ceux qui financent les entreprises obtiennent un retour sur investissement.
La dernière étude menée par le FMI dans le cadre de son Rapport sur la stabilité financière dans le monde indique que dans l’ensemble, la
gouvernance d’entreprise et la protection des investisseurs se sont améliorées ces deux dernières décennies dans les pays émergents, ce qui a contribué à
l’accroissement de la résilience de leurs systèmes financiers. Cette nouvelle étude porte certes sur les pays émergents, mais les questions liées à la
gouvernance d’entreprise et à la protection des investisseurs sont également importantes pour les économies avancées.
Améliorer la gouvernance d’entreprise et la protection des investisseurs dans les pays émergents
Le FMI a mis au point un nouvel indicateur de gouvernance à l’échelle de l’entreprise qui montre que les entreprises des pays émergents hors Amérique
latine et Asie émergente ont fait le plus de progrès depuis 2008 (graphique 1). Cela dit, il existe d’importantes différences entre pays émergents et de
nouvelles améliorations sont possibles. À l’échelle du pays, les indicateurs calculés par d’autres institutions indiquent que la protection des
investisseurs, le respect des droits de propriété, les règles de publicité tout comme les normes en matière d’audit et d’information pourraient être
renforcées dans la plupart des pays émergents.

Gouvernance d’entreprise, protection des investisseurs et résilience financière
L’analyse du FMI révèle que les améliorations en matière de gouvernance d’entreprise augmentent la résilience des pays émergents face aux crises
financières et favorisent la profondeur et la liquidité des marchés de capitaux, leur permettant de mieux absorber les chocs
« La gouvernance d’entreprise accroît également l’efficience des marchés boursiers, ce qui rend le cours des actions moins sensible aux chocs externes et
réduit le risque de krach », explique Gaston Gelos, chef de la Division analyse de la stabilité financière mondiale du FMI.
En outre, les entreprises mal gouvernées voient le cours de leurs actions baisser plus fortement en cas de turbulences sur les marchés financiers, comme au
moment du référendum britannique sur le Brexit (graphique 2).

D’après le nouvel indicateur de gouvernance à l’échelle de l’entreprise créé par le FMI, passer de la valeur la plus basse à la plus haute diminue
d’environ 50 %, en moyenne, l’effet d’un choc mondial pour les entreprises des pays émergents.
« Dans les pays émergents dotés d’une meilleure gouvernance d’entreprise et d’une protection des investisseurs plus importante, les entreprises ont
généralement des bilans plus solides », indique Selim Elekdag, l’auteur principal du rapport. « En particulier, les entreprises mieux gouvernées affichent
en règle générale des ratios d’endettement à court terme et des probabilités de défaut plus faibles et elles sont capables d’emprunter à long terme. »
L’application des régimes, la transparence et les droits de l’ensemble des investisseurs sont essentiels
Les gains en termes de stabilité financière associés à l’amélioration de la gouvernance d’entreprise plaident en faveur de nouvelles réformes. Bien qu’il
n’y existe pas de modèle unique, les bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise ont des caractéristiques communes.
« Tous les pays émergents devraient poursuivre les réformes de leurs cadres juridiques, réglementaires et institutionnels afin de renforcer l’efficacité et
l’application des cadres de gouvernance d’entreprise », précise Selim Elekdag.
La plupart des pays émergents devraient continuer de consolider les droits des investisseurs extérieurs, en particulier ceux des actionnaires minoritaires.
Nombre d’entre eux devraient aligner leurs obligations d’information sur les meilleures pratiques internationales. Favoriser une plus grande indépendance
des conseils devrait également avoir des retombées positives.
Le FMI publiera de nouveaux travaux issus de la nouvelle édition du Rapport sur la stabilité financière dans le monde le 5 octobre.