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Les perspectives de croissance à moyen terme restent favorables,
mais restent sujettes à des risques baissiers importants
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La mission s'est félicitée de La décision du Comité de Politique
Monétaire de la BCEAO de décembre 2016 d’augmenter le taux
d'intérêt du guichet de prêt marginal de 100 points de base et de
fixer des limites plus strictes à l'accès à ce guichet devrait
encourager les banques à reconsidérer leur politique en matière de
risques et à renforcer leurs fonds propres
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Le renforcement de la supervision bancaire contribuera à assurer la
qualité des nouveaux prêts et le renforcement de l'efficacité du
cadre de règlement des crises est une priorité
Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Monsieur
Boileau Loko, a séjourné à Abidjan et Dakar du 7 au 15 février 2017 pour
des entretiens avec les institutions de l’Union économique et monétaire
ouest-africaine (UEMOA) au sujet des politiques communes des Etats membres
de l’Union. A l'issue de la mission, M. Loko a publié la déclaration
suivante :
« La croissance économique est solide, mais les vulnérabilités se sont
accrues. La croissance du PIB réel devrait atteindre 6.5% pour la région.
L'inflation reste faible, reflétant des récoltes agricoles particulièrement
abondantes et des prix du pétrole bas. Les données préliminaires suggèrent
un déficit budgétaire global de 4,5% du PIB en 2016, plus élevé que prévu
initialement. La dette publique est en hausse et la couverture des réserves
a baissé à 3,7 mois, reflétant une expansion continue des infrastructures
publiques et un financement extérieur moindre que dans le passé.
« Les perspectives de croissance à moyen terme sont favorables avec une
croissance du PIB autour de 6%, mais restent soumises à des risques
baissiers importants. Les principaux risques pour les perspectives
comprennent les incertitudes mondiales, les dérapages dans les plans
d'assainissement budgétaire, les ralentissements des réformes structurelles
ainsi que la baisse prolongée des prix du cacao. L'assainissement
budgétaire prévu a été reporté à plusieurs reprises au cours des dernières
années et la plupart des pays continuent d'intensifier l'investissement
public. Des retards persistants dans la mise en œuvre de l'assainissement
budgétaire accroîtraient encore la dette publique, augmenteraient les
risques de crise de l'endettement et mettraient en péril la couverture
monétaire. Parallèlement, la lenteur de la mise en œuvre de réformes
structurelles clés empêcherait le secteur privé de prendre le relais pour
générer une croissance forte et inclusive.
« C’est pourquoi les pays membres doivent se conformer aux orientations
budgétaires envisagées, notamment à la réduction des déficits budgétaires à
3% du PIB en 2019, conformément aux critères de convergence de l'UEMOA et
les budgets pour 2017 devront s’y conformer. Cela exigera une mise en œuvre
rapide des réformes visant à accroître la mobilisation des recettes, à
améliorer l'efficacité des investissements publics et renforcer la gestion
de la dette afin de créer un espace budgétaire pour les investissements
dans les infrastructures et les dépenses sociales.
« La mission s'est félicitée de la décision du Comité de Politique
Monétaire de la BCEAO de décembre 2016 d’augmenter le taux d'intérêt du
guichet de prêt marginal de 100 points de base et de fixer des limites plus
strictes à l'accès à ce guichet. Ces mesures devraient encourager les
banques à reconsidérer leur politique en matière de risques et à renforcer
leurs fonds propres. On s'attend également à ce qu'elles dynamisent le
marché interbancaire et le marché secondaire des titres publics et, en fin
de compte, accroissent l'efficacité de la politique monétaire. Ces réformes
confirment l'engagement des autorités à préserver la stabilité
macroéconomique et extérieure. La mission a encouragé les autorités à se
tenir prêtes à mettre en adéquation la politique monétaire si les pressions
sur les réserves extérieures se poursuivaient.
« Le Conseil des ministres de l'UMOA a adopté en juin 2016 un ensemble
ambitieux de réformes réglementaires visant à moderniser le secteur
financier. Les réformes clés ont consisté notamment à adopter les normes de
Bâle II et Bâle III et à instaurer une surveillance consolidée des banques
transfrontalières. Les autorités monétaires devraient poursuivre ces
efforts en appliquant les réglementations prudentielles existantes et en se
préparant à la mise en œuvre efficace des nouvelles réglementations. Le
renforcement de la supervision bancaire contribuera à assurer la qualité
des nouveaux prêts. Le renforcement de l'efficacité du cadre de règlement
des crises est une priorité et le fonds de garantie des dépôts devrait
devenir pleinement opérationnel.
« L'équipe du FMI exprime sa gratitude aux autorités ainsi qu'à tous leurs
autres interlocuteurs pour les discussions franches et constructives et la
chaleureuse hospitalité qui leur a été réservée. »