Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par
M. Chris Jarvis a séjourné à Beyrouth du 6 au 13 décembre 2017 pour faire
le point sur l’évolution de la situation économique et financière du Liban,
évaluer les perspectives économiques et traiter des dossiers prioritaires.
Au terme de la visite, M. Jarvis a fait la déclaration suivante :
«Le Liban émerge de la crise politique de novembre 2017. Des signes
montrent que les marchés financiers semblent retourner à la normale. Les
mesures prises par la Banque du Liban ont contribué à préserver la
stabilité financière. La reprise des travaux du gouvernement, à la suite du
retour du Premier Ministre M. Saad Hariri, donne l’occasion de s’attaquer à
d’importants défis économiques.»
«La situation économique du Liban demeure difficile. La croissance
économique reste atone, la dette publique devrait atteindre environ 150 %
du PIB en 2017 et le déficit courant s’élève à environ 20 % du PIB. En
outre, le Liban continue de payer un lourd tribut économique pour l’accueil
de plus d’un million de réfugiés syriens recensés, qui, d’après les
estimations, représenteraient environ un quart de la population.»
«Afin de préserver la confiance, il est urgent d’orienter l’économie sur
une trajectoire soutenable et d’enrayer l’augmentation de la dette
publique. Les réformes doivent se concentrer sur trois points.
Premièrement, la politique budgétaire devrait s’inscrire sans tarder dans
un plan de consolidation budgétaire visant à réduire le volume de la dette
par rapport au PIB, ce qui atténuerait en outre la nécessité de proposer
des taux d’intérêt élevés pour encourager les dépôts bancaires.
Deuxièmement, la BDL devrait, le cas échéant, recourir aux instruments
monétaires classiques afin d’influer sur les taux d’intérêt du marché, et
les efforts devraient se poursuivre pour accroître les marges de manœuvre
du secteur bancaire, compte tenu des risques pesant sur les banques.
Troisièmement, la réforme du secteur de l’électricité et la résolution des
problèmes de gouvernance restent une priorité pour promouvoir une
croissance durable.»
«Les autorités envisagent de développer l’investissement public. Une telle
démarche doit s’inscrire dans le cadre d’un plan de consolidation
budgétaire garantissant la viabilité de la dette. Il faut également veiller
à ce que, dans la mesure du possible, les financements requis pour
augmenter les investissements prennent la forme de dons ou de prêts
concessionnels. Le financement intérieur des investissements publics est à
éviter. Il convient également de contenir les éventuels coûts et risques
budgétaires associés à tout projet de partenariat public-privé. Enfin, le
cadre institutionnel de gestion des investissements publics devra être
renforcé avant que l’investissement public ne fasse l’objet du
développement prévu.»
«Mon équipe et moi-même avons eu le privilège de rencontrer le Président M.
Michel Aoun, le Premier Ministre M. Saad Hariri, le Gouverneur de la Banque
du Liban M. Riad Salamé, le Ministre des Finances M. Ali Hassan Khalil, le
Directeur général des Finances M. Alain Bifani, et le Ministre d’État
chargé des Déplacés M. Mouein Merehbi. Nous avons également pu rencontrer
des responsables du Ministère des Finances et de la Banque du Liban (BDL),
des membres du Parlement, ainsi que des représentants de la société civile,
du secteur privé et de la communauté internationale.»
«Nous tenons à exprimer notre reconnaissance aux autorités libanaises pour
leur hospitalité. Nous nous réjouissons de la poursuite du dialogue avec
les autorités. La prochaine consultation au titre de l’article IV devrait
avoir lieu au premier trimestre 2018.»