Belgique : Conclusions de la mission de consultation de 2019 au titre de l’article IV
IMF News, December 14, 2018
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- Published: December 14, 2018
Principaux constats généraux
- D’importantes réformes mises en œuvre ces dernières années ont soutenu la croissance et l’emploi.
- La croissance a récemment ralenti et devrait rester modeste, à 1½ pour cent, l'année prochaine et à moyen terme.
- L’économie est exposée à des risques extérieurs : montée du protectionnisme, hausse des prix de l'énergie, incertitude concernant le brexit et turbulences financières accrues en Europe.
- Risque domestique : essoufflement possible du rythme des réformes dans le contexte des prochaines élections.
- Priorités recommandées :
- atteindre l’équilibre budgétaire à moyen terme en rendant les dépenses publiques plus efficaces ;
- continuer de lutter contre la fragmentation du marché du travail et soutenir l’intégration des groupes vulnérables ;
- stimuler la croissance de la productivité ;
- suivre de près l’accumulation de risques conjoncturels dans le secteur financier et se tenir prêt à resserrer la politique macroprudentielle.
Contexte économique et progrès récents
- Neuf années d'expansion consécutives ont porté le PIB réel par habitant au-dessus des niveaux d'avant la crise.
- L'emploi atteint des sommets historiques.
- Réformes mises en œuvre : réforme clé des retraites, refonte du régime d'imposition des sociétés, réduction des prélèvements sur le travail (tax shift), réformes du marché du travail.
- Le secteur financier est devenu plus résilient grâce à des changements structurels et à l'amélioration du cadre réglementaire et de surveillance.
Reconstituer les marges budgétaires
- Le gouvernement doit faire davantage pour placer la dette publique sur une trajectoire descendante soutenue.
- Situation actuelle :
- Le déficit n'est pas revenu aux niveaux antérieurs à la crise et devrait continuer de se creuser, en partie en raison d'allégements de prélèvements prévus.
- La dette publique dépasse 100 pour cent du PIB, la cinquième en importance dans la zone euro.
- Recommandations budgétaires :
- Abaisser le déficit structurel d'environ ½ pour cent du PIB par an jusqu'à ce que l'équilibre structurel soit atteint.
- Prendre des mesures allant au-delà de ce qui est prévu dans le projet de budget de 2019.
- Renforcer la coordination à tous les niveaux de pouvoir pour atteindre les objectifs budgétaires.
- Mesures sur les dépenses et recettes :
- Rendre les dépenses plus efficaces (réduire les doubles emplois dans l'administration publique, rationaliser la fonction publique, réduire les subventions élevées, mieux cibler les prestations sociales).
- Créer une marge pour augmenter les investissements dans les infrastructures et préparer la transition énergétique.
- S'appuyer sur les réformes antérieures pour renforcer la viabilité du système de retraite face au vieillissement.
- Compléter les réformes de dépenses par des mesures préservant les recettes, notamment en diminuant certaines déductions et exemptions.
- Envisager de nouvelles réductions de la fiscalité sur le travail, pour autant que leur neutralité budgétaire soit assurée.
Accroître la production potentielle
- Problèmes du marché du travail :
- Les groupes vulnérables (immigrants non-UE, jeunes, personnes faiblement qualifiées) restent largement exclus du marché du travail.
- Disparités régionales en compétitivité et chômage ; inadéquations entre offre et demande de main-d’œuvre.
- Mesures recommandées :
- Mettre en œuvre sans délai le job deal, y compris la réforme du régime des indemnités de chômage.
- Remédier aux écarts en matière d’éducation ; renforcer la qualité de la formation et l’apprentissage tout au long de la vie.
- Réduire les obstacles à la mobilité, spécialement pour les groupes vulnérables.
- Mieux lier les salaires à la productivité pour améliorer l’affectation des ressources et soutenir la compétitivité.
- Stimuler l’entrepreneuriat et l’investissement :
- Supprimer les goulets d'étranglement freinant la croissance des entreprises.
- Poursuivre les initiatives pour promouvoir le financement par actions et développer l'écosystème pour les jeunes entreprises innovantes.
- Rationaliser et harmoniser les réglementations.
- Augmenter les investissements dans les infrastructures, y compris le secteur énergétique.
- Accroître l’efficacité des dépenses de R&D.
- Renforcer la concurrence dans les services, en particulier dans les professions réglementées.
Garantir la stabilité du secteur financier
- Évolution et risques :
- Les banques ont réduit leurs bilans, renforcé leurs coussins de fonds propres et de liquidité et adopté des modèles d’entreprise plus conservateurs.
- Une concurrence accrue en environnement de taux bas a pesé sur les marges d’intérêt, alimenté un net accroissement du crédit, conduit à un assouplissement des critères d’octroi de crédits, gonflé l’endettement des entreprises et des ménages, et poussé les prix des logements à la hausse.
- Risques externes supplémentaires : volatilité des marchés financiers mondiaux et incertitude autour du brexit.
- Recommandations macroprudentielles et de surveillance :
- Surveiller étroitement les vulnérabilités et être prêt à entreprendre des actions proactives si nécessaire.
- Accueillir favorablement les nouvelles mesures macroprudentielles visant le marché immobilier résidentiel.
- Se tenir prêt à activer le coussin de fonds propres contracyclique si les risques cycliques persistent ou s’intensifient.
- Envisager de revoir le cadre de décision macroprudentielle pour permettre le déploiement d’un large éventail de politiques macroprudentielles en temps opportun.
- Renforcer le contrôle des risques et garantir la faisabilité et l’efficacité des stratégies de résolution bancaire.
- Améliorer la préparation des secteurs financier et non financier dans le cadre du brexit.
La mission remercie les autorités pour leur dialogue constructif et leur aimable hospitalité.