Allocution de clôture de la Directrice Générale du FMI Réunion de haut niveau sur les enjeux économiques de la crise de sécurité au Sahel

le 8 octobre 2020

Texte préparé pour l’intervention

Je vous remercie tous d’avoir participé activement à cette importante réunion. Comme nous l’a rappelé le Président Ghazouani, la région du Sahel fait face à des obstacles gigantesques, qui ne peuvent être surmontés que grâce à une solide coopération des pays de la région et de leurs partenaires internationaux.

Quand je pense à l’avenir du Sahel, un adage me vient à l’esprit : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres. Nous l’empruntons à nos enfants ».

Les millions de personnes qui vivent aujourd’hui dans les pays du Sahel sont aux prises avec le désert et la sécheresse, la faim et la violence, l’insécurité économique et, actuellement, une pandémie dévastatrice. Mais les mesures que nous prenons aujourd’hui détermineront si l’avenir sera ou non plus radieux pour la prochaine génération. Et sachant que plus de 64 % de la population du Sahel a moins de 25 ans, il faut agir de toute urgence.

Alors, que faudrait‑il faire pour mettre fin à la crise et construire un avenir meilleur pour le Sahel ?

Premièrement, mettre en place une solide coopération internationale afin d’aider à juguler la crise de sécurité au Sahel. Le Président Issoufou a raison de parler de la paix comme d’un bien public mondial. Et notre réunion d’aujourd’hui a clairement renforcé un engagement à mener une action coordonnée et efficace face aux problèmes de sécurité de la région du Sahel.

Deuxièmement, consolider les bases du succès dans chaque pays. Si nous voulons que les mesures prises pour désamorcer la crise de sécurité puissent aboutir sans évincer d’autres dépenses urgentes et sans nuire aux plus vulnérables, il faut impérativement consolider les paramètres fondamentaux. Les présidents et bien d’autres intervenants ont souligné qu’il est nécessaire de diversifier les économies et de rehausser les perspectives de croissance. Il est possible pour les autorités nationales d’améliorer la transparence des dépenses publiques, y compris des dépenses de sécurité, de renforcer les dispositifs de protection sociale et d’accroître leurs recettes intérieures.

Troisièmement, obtenir un appui plus important de la part des partenaires extérieurs. Compte tenu de l’ampleur des besoins au Sahel, les efforts nationaux ne suffiront pas. Les partenaires extérieurs ont déjà apporté un appui direct en matière de sécurité et une aide financière à la région et ont facilité la création du G5 Sahel et de l’Alliance pour le Sahel. Mais il reste beaucoup à faire. Nous avons tous, y compris le FMI, un rôle essentiel à jouer dans l’aide aux pays du Sahel. Un appui budgétaire, en particulier sous forme de dons, sera particulièrement important.

Quatrièmement, améliorer la résilience. La COVID‑19 n’est pas le premier choc auquel la région fait face. Et ce ne sera pas le dernier, surtout avec la crise climatique qui se profile à l’horizon. Alors même que nous répondons à des besoins immédiats et urgents, nous devons comprendre que pour construire un avenir meilleur, il est également nécessaire de renforcer la résilience aux chocs futurs. Pour ce faire, il faudra investir dans les personnes, en constituant un capital humain, en élargissant l’accès aux technologies numériques et en soutenant les systèmes de santé publique.

Je voudrais conclure sur un message d’espoir et de responsabilité. Je suis avec grand intérêt l’initiative Grande Muraille verte, qui vise à ériger un rempart végétal à travers le Sahel s’étirant sur 8 000 kilomètres entre deux océans. Si le projet est mené à bien, la muraille serait la plus grande structure vivante de la planète.

Cette initiative montre de manière emblématique qu’il est possible de bâtir un avenir meilleur, de laisser le monde que nous empruntons à nos enfants dans un meilleur état, plus durable et plus solidaire. Si nous œuvrons ensemble, je crois fermement que nous serons en mesure de donner un avenir meilleur au Sahel.

Je vous remercie.

Département de la communication du FMI
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